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ECONOMIE

Le gouvernement soutient le colloque international sur les ONG en Haïti
Le Nouvelliste | Publié le :12 juin 2012
 Propos recueillis par Cyprien L. Gary
Le colloque international sur le rôle des ONG en Haïti, lequel doit se tenir le 15 juin 2012 à Montréal, s'annonce comme une grande première dans les archives de l'actualité haïtienne. Le pays attend beaucoup de cet événement qui doit susciter une remise en question du rôle des ONG et de leurs relations avec les autorités haïtiennes. Pour plus d'informations, nous avons rencontré l'un des initiateurs de ce colloque, la P.D.G. d'Incas Production, Nancy Roc, qui nous livre ses impressions.
Le Nouvelliste (L.N)- Beaucoup de questions ont été posées concernant le rôle des ONG en Haïti bien avant le séisme du 12 janvier. Cependant, jamais on n'avait pensé à traiter le sujet au niveau d'un colloque international. En tant qu'initiatrice de ce projet, pouvez-vous nous dire comment est venue l'idée d'une pareille initiative? Nancy Roc (N.R).- Tout d'abord, merci de l'avoir remarqué car, effectivement, c'est inédit et vous êtes le premier à le noter. Cela fait deux ans que je travaille sur le sujet. Je suis le dossier de l'aide internationale à Haïti depuis des années. J'ai travaillé aussi quelques mois à l'Association québécoise des organismes de coopération internationale(AQOCI) et j'ai côtoyé de nombreux responsables d'ONG québécoises et canadiennes. Suite au séisme de 2010, j'ai assisté à presque toutes les conférences internationales sur Haïti, notamment celles de l'ONU. L'élan de solidarité envers Haïti, suite au séisme, a été exemplaire, c'est vrai. J'ai été touchée par la générosité des Québécois en particulier et des citoyens de par le monde en général, mais je me suis immédiatement méfiée des institutions qui récoltaient ces millions de dollars, voire ces milliards, au nom d'Haïti. Bien avant le séisme, sur le terrain en Haïti, j'avais pu constater que les ONG haïtiennes poussaient comme des champignons et que certains responsables de ces dernières, dès qu'ils recevaient des sommes des bailleurs de fonds, étaient beaucoup plus préoccupés à distribuer des gros salaires dans leur institution et à s'acheter des 4X4 plutôt que de se montrer humbles et de s'atteler à améliorer vraiment la vie des Haïtiens sur le terrain. Arrivée au Canada, j'ai très vite pris conscience que si beaucoup d'ONG essayent d'oeuvrer pour le bien d'Haïti, chacune d'elles a aussi sa chasse gardée. Toutes ces ONG sont à l'affût de fonds et pas forcément pour aider Haïti. Car, s'il est vrai que l'humanitaire a été, est et sera sans doute encore nécessaire en Haïti pour quelques années, cette aide ne peut servir qu'aux urgences, pas au développement du pays. Par ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi dans toutes ces réunions des ONG sur Haïti, la plupart des acteurs haïtiens sont exclus ou ne sont pas représentés. Tout se déroule à huis clos, sans beaucoup de transparence et la présence haïtienne est souvent purement symbolique. J'en ai entendu des vertes et des pas mûres dans ces réunions et le pire, c'est que souvent, on n'y tient pas compte de la réalité sur le terrain sauf en ce qui concerne la sécurité du personnel composant ces ONG. En tant que journaliste, j'en étais doublement frustrée, surtout, qu'au bout du compte, c'est nous qu'on accuse d'être responsables et d'avoir gaspillé l'aide alors que la majorité du public ne sait pas que seul 1% à 2% de l'aide internationale à Haïti est parvenus au gouvernement haïtien et 0,4% aux ONG haïtiennes. Ceci a été révélé dans un rapport de l'ONU. Deux ans après le séisme, de nombreux rapports mentionnent et prouvent que la communauté internationale a choisi de contourner le peuple haïtien, les organisations non gouvernementales haïtiennes et le gouvernement d'Haïti. Les fonds ont plutôt été dirigés vers d'autres gouvernements, ONG, et compagnies privées. Étrangères bien entendu. Comment s'étonner alors que l'on parle de ''business humanitaire"? Comment s'étonner que depuis 1986, Haïti soit un des pays qui ait reçu le plus d'aide mais se soit constamment appauvri? Ces questions me préoccupaient et me préoccupent toujours. Aujourd'hui, entres excuses, justifications, jusqu'aux blâmes des victimes elles-mêmes, les bilans de 2012 démontrent la gêne évidente d'un travail inachevé, voire carrément mal fait dans certains cas. Le président de la République, M. Michel Martelly, déclarait récemment sur la chaîne américaine CNN qu'il ne voyait pas les résultats des milliards décaissés tandis que Bill Clinton, vice-président de la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH), reconnaît les retards pris dans les décaissements. C'est une des raisons pour lesquelles j'ai initié ce colloque avec mes partenaires, le consulat d'Haïti à Montréal et GRAHN-Monde et je les remercie de m'avoir apporté leur soutien. Enfin, et pas des moindres, nous venons de passer 22 ans de gabegie administrative et de populisme qui n'ont fait qu'enfoncer le pays dans la misère. Depuis le séisme, j'ai créé Incas Productions Inc. pour m'impliquer davantage dans la réflexion et les actions concrètes envers mon pays. Pour la première fois, nous avons un gouvernement qui semble être de bonne foi, même si cela ne suffit pas en politique. Il me semble que le critiquer uniquement n'aidera pas à changer la donne haïtienne. Il faut l'accompagner lorsque c'est possible. Je ne prétendrai pas que cela va changer les choses mais il faut au moins essayer. Haïti n'appartenait pas non plus à la Fanmi Lavalas et n'appartient pas à l'administration Martelly/Lamothe: ce pays nous appartient à nous tou(te)s Haïtien(nes). Je l'aime profondément et souhaite contribuer, même de la manière la plus humble, à y voir un changement car cela prendra du temps. Voilà pourquoi j'ai organisé les deux Forums d'affaires Québec-Haïti et que j'organise ce colloque aujourd'hui. Ce sont les Haïtien(ne)s qui changeront Haïti et personne d'autre. Nous devons le faire avec l'aide des autres, certes, mais pas en dépendant d'eux. Nous devons oeuvrer d'arrache-pied à retrouver notre autonomie, notre souveraineté et notre fierté. L.N.- « Les ONG en Haïti entre le bien et le mal ». Telle est l'une des inscriptions qu'on peut lire sur le document envoyé au Nouvelliste. Est-ce le thème principal du colloque? Si oui, comment l'interpréter ? N.R.- Oui, ce n'est pas une inscription mais bien le thème principal du colloque. Je crois qu'il est significatif et "parle" de lui-même. La faiblesse des institutions politiques haïtiennes, une présence forte et soutenue des organisations humanitaires et de développement pendant plus d'un demi-siècle, et un secteur informel de taille constituent, selon un rapport de Luc Bellon et Silva Ferretti de Docubees soumis, en octobre 2011, à Transparency International et la Fondation Héritage pour Haïti, les trois facteurs majeurs qui ont influencé le positionnement des organisations d'aide dans le pays et leurs stratégies de distribution de l'aide. Ceci a essentiellement alimenté cette idée préconçue, à savoir que la corruption règne dans tous les secteurs de la société haïtienne (à commencer par les institutions gouvernementales, que les permis et/ou autorisations officiels peuvent être contournés et que le personnel national n'est pas compétent.) Selon ce rapport,"l'une des principales hypothèses découlant de cet état de fait est que le nombre des intermédiaires entre l'organisation de financement et la mise en oeuvre du programme devrait être réduit au minimum, favorisant ainsi une intervention directe. En général, cette situation a instauré un climat de méfiance parmi les principaux acteurs de la communauté humanitaire; en d'autres termes, entre les organisations d'aide, les institutions gouvernementales, la société civile et les populations concernées elles-mêmes. De prime abord, un terrain fertile augmentant les risques de corruption est à craindre dans l'intervention humanitaire", signale ce rapport intitulé "Cartographie des risques de corruption dans les opérations humanitaires post-séisme en Haïti", et qui est édifiant. Les ONG qui font du bien Il y a des ONG qui font beaucoup de bien: Handicap international est un exemple dont on ne parle pas assez et qui n'a pas reçu beaucoup de fonds alors qu'il y a eu des milliers d'amputés et de handicapés suite au séisme...dans un pays qui comptait déjà plus de 800 000 handicapés, soit près de 10% de sa population! Notre invité d'honneur est le Dr William Pape qui, à travers les Centres Geskio, a démontré comment cette institution haïtienne peut être un modèle d'organisation non gouvernementale (ONG) haïtienne au service de la nation.Il y en a bien d'autres, évidemment.Mais il y a aussi celles qui font du mal, voire le Mal. Les cas de pédophilie ou d'abus sexuels dans certaines ONG qui s'occupent d'orphelinats en Haïti font désormais régulièrement la une des journaux tant aux États-Unis qu'au Canada. Je tiens aussi à saluer ici le travail de l'équipe Ayiti Kale Je (Akj), une équipe de jeunes journalistes haïtiens qui ont produit plusieurs rapports sur le terrain avec l'aide du Fonds pour le journalisme d'investigation en Haïti. Ils ont révélé plusieurs exemples frappants de la mauvaise gestion des fonds alloués aux ONG par les bailleurs. Parmi ceux-ci, une simple visite dans certains camps de Port-au-Prince et des environs montre combien la situation est préoccupante en matière d'hygiène. Beaucoup de déplacés n'ont toujours pas accès aux toilettes. Tel est le cas d'un camp de déplacés dénommé « Acra Nord » à Delmas 33. "Si, au début, les occupants de ce terrain privé ont pu bénéficier des bâches de l'ONG Samaritan's Purse, de l'eau et des kits hygiéniques de la Croix-Rouge haïtienne, ils n'ont jamais eu droit à beaucoup plus. Pour faire leurs besoins, beaucoup de déplacés recourent à des sachets en plastique qu'ils jettent par la suite dans un ravin dans les parages du camp." Dans un pays en prise à une épidémie de choléra, c'est grave! Il y a tant d'autres exemples! Et puis, il y a aussi l'image de l'aide en Haïti qui est formatée pour les donateurs, et notre compatriote Nesmy Manigat, directeur de l'ONG Aide et Action en Amérique latine et aux Caraïbes, l'a dénoncé dans un article intitulé "Haïti, entre charité, paternalisme et clichés". Il relève de façon pertinente que "l'aide schizophrène qui veut en même temps aider les Haïtiens à se prendre en charge tout en maintenant l'image d'un sauveteur qui doit rendre compte par l'image. Mettre un terme à cette schizophrénie exige aujourd'hui un renoncement à la primauté de la charité, au paternalisme, à la chasse aux images "clichés" pour imaginer et inventer un dialogue entre partenaires. Difficile, je reconnais, surtout quand la comptabilité de l'aide dans ses principes de base renforce aujourd'hui encore ce parallèle entre "sauveteur" et "victime". Il préconise donc un nouveau mode de solidarité mais aussi" un dépassement pour des donateurs dont l'impatience pour des résultats et une visibilité à court terme finit par déboucher sur des chorégraphies d'une aide formatée à des fins de pure présentation. "Bien se tenir" dans la peau de la "parfaite victime" devient donc vital pour survivre dans ce modèle de solidarité. Ainsi n'a-t-on pas vu des Haïtiens récemment encore quitter leur maison pour habiter des camps, faute d'une solidarité qui crée ou maintient l'emploi", écrit-il. Lors du colloque '' Le rôle des ONG en Haïti: entre le Bien et le Mal", il faudra aborder tous ces thèmes, les mettre une fois pour toutes sur la table et chercher des pistes de propositions de solutions et surtout une meilleure coordination avec et entre tous les acteurs présents. L.N.- L'un des objectifs visés par les organisateurs de l'événement est de « favoriser une meilleure coordination entre l'Etat haïtien et les ONG ». Selon vous, un tel objectif n'est-il pas voué à l'échec quand on sait que d'après certains observateurs, les ONG fonctionnent généralement selon l'agenda et au bénéfice des pays d'où elles proviennent ? N.R.- Avec votre permission, je refuse de parler d'échec sans avoir tenté d'amorcer cet objectif. Bien entendu, tout dépendra de la volonté politique du nouveau gouvernement de changer le paradigme de la coopération internationale et de faire appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils oeuvrent davantage vers une aide au développement en Haïti. Disons qu'Incas Productions espère être un catalyseur dans cet important dossier. À ce titre, j'ai été honorée de recevoir un appel du Premier ministre le week-end écoulé m'encourageant et me félicitant ainsi que mes partenaires d'avoir initié ce colloque. Le dernier communiqué que nous avons émis est clair à ce sujet : le gouvernement soutient ce colloque et c'est déjà un pas vers de nouvelles perspectives. M. Laurent Lamothe a même décidé de nous envoyer un message vidéo qui sera adressé au public présent et aux ONG québécoises et canadiennes. De plus, il a pris des dispositions pour que cet événement soit projeté sur les ondes de la Télévision nationale d'Haïti. Voici des actes concrets qui démontrent l'intérêt du gouvernement envers ce colloque inédit. Il a souhaité déclarer publiquement que " jusqu'à ce jour Haïti dépend à plus de 80% de l'aide étrangère et nous travaillons à changer cette situation.» La dynamique est là pour commencer le travail et redonner une autonomie à Haïti. Pour ce faire, nous allons proposer un plan afin que les ONG travaillent étroitement avec le gouvernement haïtien et que les bailleurs de fonds puissent, désormais, nous faire confiance. Les fonds de l'aide internationale devraient être alloués directement aux instances gouvernementales afin d'oeuvrer vers un nouveau paradigme de coopération internationale favorisant l'aide au développement en Haïti plutôt que l'aide humanitaire". C'est un engagement public et concret. Nous espérons que Mme Josépha Raymond Gauthier présentera ce plan au colloque. Enfin, et pas des moindres, pour la première fois en trois ans d'importants évènements organisés par Incas Productions Inc., c'est le gouvernement qui est notre principal commanditaire à travers le ministère de l'Économie et des Finances, sponsor officiel du Colloque, le Conatel, le ministère de la Planification et de la Coopération externe et celui des Haïtiens vivant à l'étranger. Cela aussi est une grande première car, auparavant, c'est le gouvernement québécois qui était notre partenaire. Il ne faut donc pas être défaitiste mais oeuvrer ensemble pour le changement. L,N.- Y aura-t-il des représentants d'ONG parmi les intervenants aux assises du 15 juin à Montréal ? N.R.- Bien entendu ! Nous aurons le grand plaisir d'accueillir le Dr William Pape, pionnier de la lutte contre le sida dans le monde et directeur du GHESKIO, (Groupe haïtien d'étude du sarcome de Kaposi et des infections opportunistes). Il est un modèle de notre société et sera notre invité d'Hhonneur. Nous aurons aussi Fonkoze, la plus grande entreprise de micro-finance d'Haïti et qui est une ONG qui oeuvre en Haïti dans plus de 46 régions rurales depuis presque 17 ans. Elle sera représentée par sa directrice de projets et responsable des relations avec la diaspora, Mme Kathleen Félix. Nous accueillerons aussi Georges Werleigh, membre fondateur de l'Institut de technologie et d'animation (ITECA), un organisme qui participe au développement rural d'Haïti. ITECA est l'une des ONG les plus anciennes d'Haïti qui propose aux familles paysannes des programmes de formation dans les domaines technique, « organisationnel », environemental et commercial. Sa mission: renforcer les organisations paysannes en tant que sujets du changement social. Nous tenons aussi à remercier chaleureusement le nouveau consul général d'Haïti à Montréal, M. Justin Viard, qui a offert un ticket à Pascal Pecos Lundy, secrétaire exécutif du Cadre de liaison inter-ONG (CLIO). Le Cadre de liaison inter-ONG (CLIO) est une association d'ONG créée en 2005, et qui regroupe à ce jour quarante ONG haïtiennes et étrangères présentes en Haïti avant le séisme du 12 janvier 2010. Avec cette présence additionnelle, le colloque est vraiment représentatif des ONG en Haïti. Nous aurons également dans l'après-midi une table ronde intitulée « Face à face » pour un nouveau paradigme du rôle des ONG en Haïti'' avec la participation de plusieurs spécialistes haïtiens, les ONG susmentionnées et des ONG québécoises telles que Développement et Paix, Handicap international et la Croix-Rouge canadienne. Je déplore toutefois le désistement de plusieurs ONG québécoises telles qu'Oxfam-Québec ou le CECI (Centre d'étude et de coopération internationale). Il est vrai que l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI) tiendra son Assemblée générale à ce jour là mais, alors que nous les avions prévenus depuis longtemps, ils ne nous ont prévenus que la semaine dernière, sinon nous aurions changé la date de notre événement, comme nous l'avions fait pour le premier Forum des affaires Québec-Haïti avec la Fédération des Chambres de commerce du Québec (FCCQ) qui avait, il y a trois ans, son Assemblée générale prévue à la même date que notre Forum et nous avons reculé notre événement d'une semaine pour rassembler tout le monde pour Haïti. Mais je crois aussi que le peu de réponses de certains organismes de coopération internationale canadienne démontre une frilosité certaine de leur part de participer à cet événement et d'entendre certaines vérités. En effet, que des organisations aussi importantes que le CECI ou Oxfam-Québec nous disent qu'elles doivent assister à l'Assemblée générale de l'AQOCI est une chose; mais qu'elles disent qu'elles ne disposent d'AUCUN représentant à nous envoyer est tout simplement faire preuve, il me semble, d'une certaine mauvaise foi. C'est vraiment dommage pour Haïti et regrettable pour elles aussi d'ailleurs, car les Haïtiens au pays pourraient voir cela d'un mauvais oeil dans un pays où les ONG sont de plus en plus mal perçues. L'Agence de coopération et de développement international (ACDI) sera représentée ainsi que le ministère des Relations internationales (MRI) du gouvernement du Québec, et mes partenaires et moi en sommes honorés. Depuis tantôt trois ans, le MRI a été d'un soutien des plus appréciés et appréciables dans tous nos évènements, en particulier à travers M. Donald Leblanc, de Direction de la solidarité internationale - Haïti et Afrique subsaharienne et M. Jean Pierre Coljon. Qu'ils en soient vivement remerciés ! L.N.- Quelles sont les attentes des organisateurs par rapport à cet événement ? R.N.- Comme je l'ai dit précédemment, mes partenaires et moi espérons que ce colloque sera un catalyseur qui aidera le nouveau gouvernement à changer le paradigme de la coopération internationale et à faire appel aux bailleurs de fonds pour qu'ils oeuvrent davantage vers une aide au développement en Haïti. En effet, la plupart des prérogatives qui relevaient jadis du pouvoir régalien de l'État haïtien sont assumées, pour l'heure, par les ONG en Haïti. Cela doit commencer à changer ! Pour cela, nous nous sommes engagés à dresser des « constats et analyses du rôle des ONG en Haïti », à proposer des pistes de solutions susceptibles de « favoriser une meilleure coordination entre l'Etat haïtien et les ONG », à « encourager les ONG à oeuvrer pour un développement durable en Haïti », et également, à « publier, un e-book sur le rôle des ONG en Haïti ». Concernant ce dernier point, il est très important et, même si les objectifs du colloque prennent du temps à se concrétiser, nous serons déjà fiers de publier les Actes du Colloque dans ce e-book qui seront téléchargés gratuitement sur le site d'Incas Productions Inc www.incasproductions.com et de ses partenaires. En effet, cela fait des années que, tant les professionnels que les étudiants en maîtrise et doctorat, nous demandent des références écrites et études sur les ONG en Haïti qui sont quasi inexistantes sur le Net. Après ce colloque, beaucoup de données seront diffusées et téléchargeables, notamment toutes les conférences magistrales et le débat ''Face à face'', avec l'expertise des rapporteurs de l'Observatoire canadien sur les crises et l'aide humanitaire (OCCAH) qui nous a aimablement apporté sa précieuse collaboration. Mille mercis à son directeur, M. François Audet. Voilà donc les objectifs principaux du colloque. Pour reconstruire le pays, il va falloir d'abord reconstruire l'État et nous ne pouvons plus dépendre à plus de 80% de l'aide internationale avec ses bons côtés, parfois, mais aussi et souvent avec ses effets pervers. Jusqu'à présent, en Haïti, on a confondu urgence et précipitation. A l'heure de la reconstruction, il faut allier la réflexion à l'action. Merci pour le précieux soutien du Nouvelliste.
Propos recueillis par Cyprien L. Gary
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