NATIONAL
Reconstruction/Centre-ville de Port-au-Prince
Taïwan finance, la mairie réglemente
Le Nouvelliste | Publié le :11 juin 2012
Roberson Alphonse et Robenson Geffrard
L'administration publique sera bientôt dotée de six bâtiments flambant neufs. Le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) s'engage à financer la conception et l'exécution des travaux de reconstruction de ces édifices. Parallèlement, la mairie de Port-au-Prince communique de nouvelles règles de construction.
La Cour de cassation, le ministère de l'Economie et des Finances (MEF), la Direction générale des impôts (DGI), l'Administration générale des douanes (AGD), la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) sont parmi les bâtiments publics dont le gouvernement de la République de Chine (Taïwan) s'engage à financer la reconstruction. Un memorandum d'entente a été signé en ce sens, lundi, entre les autorités haïtiennes et taïwanaises.
Pour un montant de 4 275 000 dollars américains, Taïwan financera la conception et l'exécution des travaux de reconstruction de ces six bâtiments publics détruits lors du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Le bureau de communication de la Primature, qui a communiqué la nouvelle, n'a mentionné aucune date pour le démarrage de ces travaux.
D'un autre côté, la mairie de Port-au-Prince et le ministère des Travaux publics sont sur le point de communiquer des règles «visant à mettre un cadre minimal pour assurer le développement cohérent du centre-ville tout en protégeant le patrimoine architectural, urbain et paysager ». Ces mesures, selon ces deux entités, sont destinées à encadrer les projets de construction soumis par les propriétaires fonciers entamant le processus de reconstruction au coeur de la capitale. Ces normes sont l'expression de la « volonté de l'Etat d'assumer le leadership de la reconstruction du centre-ville historique de la capitale, en raison de son importance stratégique pour l'identité, l'image et l'économie d'Haïti », soutiennent-elles.
Selon ces autorités, l'aire du centre "ancien" de Port-au-Prince part de l'intersection de l'axe de la rue du Quai et de celui de la rue des Remparts. La ligne suit l'axe de la rue des Remparts jusqu'à rencontrer l'axe de la rue Dr Aubry. Elle suit l'axe de la rue Dr Aubry en direction sud jusqu'à la rue Tiremasse ; elle suit l'axe de la rue Tiremasse en direction est jusqu'à l'axe de la rue Monseigneur Guilloux; suit l'axe de la rue Monseigneur Guilloux en direction sud jusqu'à la rue Oswald Durand; elle suit l'axe de la rue Oswald Durand en direction de l'ouest jusqu'à l'axe de la rue du Magasin de l'Etat ; elle suit l'axe de la rue du Magasin de l'Etat en direction nord jusqu'à sa jonction avec la rue du Quai, jusqu'à rencontrer la rue des Remparts.
Ce territoire d'application de ces nouveaux règlements est divisé en zones aux fins de spécifier les exigences à chacune. Le centre ancien de la ville de Port-au-Prince est formé de trois quartiers distincts: le centre commercial, dénommé le « bord de mer »; le premier quartier résidentiel, le Morne-à-Tuf »; et le quartier administratif qui sera développé de part et d'autre de la rue du Champ de Mars.
Ces nouveaux règlements adressent des problématiques importantes telles que le respect du patrimoine, les consignes de santé et de sécurité publique dans l'occupation des espaces identifiés. Il y a, selon ces normes, des exigences à chaque type de zone et à sa ou ses vocations. L'implantation des bâtiments devront respecter des marges d'emprise, une hauteur spécifique, etc. « La hauteur minimale de la construction permise est R+2. La sur-hauteur est de deux étages », d'après ces règlements exigeans que les bâtiments et autres instruments publics soient des constructions parasismiques.
« Un permis de construire est requis préalablement à toute intervention visée par le présent communiqué suivant les dispositions des lois du 5 août 1937, du 17 août 1961 et du 6 juin 1963. Tout nouveau lotissement dans l'aire d'application est soumis aux prescriptions du décret du 6 janvier 1982 sur le permis de lotir », selon ces nouveaux règlements qui placent la mairie de Port-au-Prince au coeur de la reconstruction.
« La mairie sera tenue de faire respecter les disposition des présents règlements conformément à la loi. Dans l'exercice de son mandat, la mairie pourra compter sur l'appui technique du service de la planification urbaine du MTPTC, de l'ISPAN, du CIAT et de l'UCLBP. Des entités de l'Etat, ainsi que l'ISPAN, sont chargées de l'exécution de ces nouvelles normes qui sont communiquées moins de deux semaines après la publication de l'arrêté présidentiel modifiant celui du 2 septembre 2010 décrétant d'utilité publique quelque 200 hectares du centre-ville de la capitale.
« Aujourd'hui, la décision est prise, l'arrêté est signé. Donc, unissons-nous pour reconstruire le centre-ville », avait indiqué le président Michel Joseph Martelly le 29 mai dernier. Les chantiers généreront des emplois, avait souligné le chef de l'Etat, pressant alors le ministre des TPTC d'accorder le bénéfice de l'urgence à l'édification de normes de construction pour la reconstruction du centre-ville de Port-au-Prince.
Roberson Alphonse et Robenson Geffrard
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