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Le camp Ste-Thérèse se vide
Le Nouvelliste | Publié le :11 juin 2012
Hansy Mars
Twitter:@marshansy
Une nouvelle vie va commencer pour les déplacés du camp du parc Ste-Thérèse. Ils vont enfin pouvoir se reloger ailleurs.
Il est 11 h 45. Des groupuscules se forment en plusieurs points dans l'enceinte du parc Ste-Thérèse, transformé en camp d'hébergement depuis le séisme dévastateur de janvier 2010. Parallèlement, des hommes avec des t-shirts arborant le logo du Ministère de l'Intérieur et des Collectivités territoriales (MICT) procèdent à la démolition de plusieurs tentes. Les abris de fortune fabriqués avec du carton et des draps, qui servent de toit à beaucoup de déplacés du parc Ste-Thérèse, sont détruits à coups de marteau ou incendiés. Cette activité, selon les responsables, vise à déloger les sinistrés de ce camp.
Depuis dimanche, les opérations de destruction de tentes ont débuté dans ce camp d'hébergement où vivaient plus de 6 000 familles. 20 000 gourdes est la somme allouée à chaque famille pour la location d'une maison. Pour disposer de cette somme, il fallait s'inscrire auprès du comité du camp. Pour cela, il fallait payer 200 gourdes, ce qui donne droit à une carte garantissant au détenteur son dédommagement. Déjà la procédure sujette à des critiques. Certains habitants du camp se montrent hostiles aux agents qui, selon eux, magouillent en faveur d'autres personnes n'ayant pas habité le camp Ste-Thérèse. « Je ne suis pas encore inscrite et voilà qu'on a détruit ma tente », s'énerve Jacqueline qui affirme vivre dans ce camp au lendemain du séisme du 12 janvier 2010.
Des sinistrés s'activent à vider les lieux tandis qu'un autre groupe se mobilise contre cette décision dans la cour du parc, des sinistrés sont impatients. « Il est temps qu'on me donne l'argent qu'on m'a promis pour que je retourne vivre normalement », assure une femme furieuse d'avoir trop attendu le chèque promis. Plusieurs citoyens affirment détenir leur carte d'inscription, pourtant, leur nom ne figure pas sur la liste à la mairie de Pétion-Ville. « Toutes les familles auront la chance de retourner chez elles. La contribution est mince, mais la mairie dispose de peu de moyens », indique un agent recenseur sous le couvert de l'anonymat.
Par ailleurs, plus d'une dizaine de gens se plaignent du fait que leurs noms ne figurent pas sur la liste affichée à la mairie de Pétion-Ville. « Ce problème est en partie dû au fait que des personnes qui ont déjà bénéficié d'un autre programme soient venues postuler », précise un responsable. Toutefois, les responsables semblent avoir la situation en main.
Beaucoup de déplacés expriment leur ras-le-bol de vivre dans des conditions d'hygiène exécrables et se sentent soulagés par cette décision qui leur permettra de reprendre goût à la vie. « Nous vivons comme des bêtes », a déclaré Sheila Louis, mère de famille, qui explique l'état déshumanisant dans lequel vit ce groupe de déplacés depuis le séisme dévastateur du 12 janvier 2010. Pour elle, deux années après cette tragédie, cette situation ne devrait plus exister. « La seule chose qui m'intéresse, c'est le chèque. Je ne pouvais plus résister dans ces conditions », confie-t-elle.
Plusieurs riverains du parc Ste-Thérèse félicitent la mairesse de Pétion-Ville pour cette initiative qu'ils jugent louable. Les jeunes, de leur côté, se voient déjà en train de jouer au football ou d'organiser des activités culturelles dans cet espace longtemps délaissé au profit des sinistrés.
Hansy Mars
Twitter:@marshansy
L'opération de relogement des déplacés du parc Ste-Thérèse a déjà entraîné la mort d'une dame qui habitait le camp. D'après des témoignages, elle aurait été retrouvée égorgée dans un trou au moment où elle s'apprêtait à regagner sa nouvelle demeure. Cet incident a développé un sentiment de peur chez les déplacés du camp.
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