NATIONAL
Pour saluer le départ prématuré de Marline Lamothe
Le Nouvelliste | Publié le :11 juin 2012
J.C. B.
Dans la matinée du samedi 9 juin 2012, c'est en présence d'une assistance nombreuse, composée de parents inconsolables, d'amis et de collègues de bureau bouleversés qu'ont été chantées, en l'église paroissiale Saint-Pierre de Pétion-Ville, les funérailles de Marline Lamothe, lâchement assassinée par des malfrats dans la soirée du mercredi 30 mai 2012 à la rue Fernand, quartier du Canapé-Vert, Port-au-Prince. L'émotion se lisait, en effet, sur les visages de tous ceux et celles qui étaient venus témoigner de leur solidarité aux familles éplorées.
L'affluence était telle qu'il était difficile de se frayer un chemin pour accéder à la petite salle Mgr Serge Miot où était exposé le corps de la victime et où les familles recevaient les salutations de 9 h 30 à 10 h 30. La cérémonie eucharistique a débuté après 10 h 40. Le célébrant principal, le père Attilus B. Desca, curé de Sainte-Thérèse, donna dès le début la tonalité de la cérémonie: «Nous sommes rassemblés pour saluer le départ prématuré de Marline Lamothe, pour entourer de notre solidarité les familles Lamothe, Duverger, Duchemin frappées par la brutalité de cette disparition. Nous avons quitté nos activités pour saluer le départ d'un être cher, pour célébrer la vie (...)» Le père Desca était entouré des concélébrants, père Jean-Jacques Frédéric, curé de Notre-Dame du Perpétuel Secours à Delmas 83 et père Rénold Arismé, directeur du collège Saint-Martial. La cérémonie revêtit une imposante solennité. Le thème de la mort comme prolongement de l'existence a été creusé par le célébrant principal avec des références à la foi: «Si nous vivons, nous vivons pour le Seigneur; si nous mourons, nous mourons pour le Seigneur. Personne n'échappe à la mort, rien ne peut nous séparer de l'amour de Dieu. Tout n'est pas fini avec la mort». Se souvenant du récit des proches parents sur la force que trouva Marline Lamothe pour s'accrocher à la vie malgré que ses agresseurs ne lui aient donné aucune chance en lui tirant dessus, le père Desca rappela que nous avons un instinct de conservation.
Il interroge son choix de retouner au pays, le célébrant poursuit: «Marline, par la qualité de sa foi et de son engagement, sert de modèle. Malgré la mauvaise image d'Haïti, malgré l'insécurité grandissante dont elle est aujourd'hui la victime, elle est revenue au pays il y a cinq ans. Elle aurait pu faire carrière à l'étranger; elle est revenue avec ses capacités en finances, en administration, son expérience à la Bank of America.» Il convia au courage Soraya et Samir, les deux enfants de Marline. Pour conclure ainsi : «Il nous revient de définir la société dans laquelle nous voulons vivre et voir grandir nos enfants. Que le sang de Marline ne soit pas versé en vain sans connaître l'autre Haïti dont nous rêvons, avec l'espoir de la revoir auprès du Père.»
Après l'éloge de la disparue, la célébration se poursuivit selon le rituel et a été ponctuée, dès le début, de beaux chants entonnés par la chorale de Sainte-Thérèse. A 11h45, sur le parvis de l'église se retrouvèrent les assistants pour les dernières salutations aux proches parents. Le cortège funéraire s'ébranla en direction de la dernière demeure de Marline au Parc du souvenir. Pour un minimum de régulation de la circulation automobile aux abords de l'église, la présence de la police n'était pas remarquée, encore moins celle des représentants de l'Etat à la célébration eucharistique pour soutenir les familles affligées en la circonstance.
La veille, vendredi 8 juin, dans l'après-midi, la veillée funéraire eut lieu en l'hôtel Kinam II, avenue Panaméricaine, Pétion-Ville. Le service de l'hôtel a été impeccable. A la projection des images de Marline pleine de vie, les proches parents ne purent cacher leur émotion. Ceux et celles qui ont connu et côtoyé Marline avaient fait le déplacement pour déjà partager la douleur des familles. La présence de l'ambassadeur américain M. Kenneth Merten et de l'ambassadeur canadien M. Henri Paul Normandin a été remarquée. De même, nombreux étaient les collègues de bureau de Marline. La veillée prit fin après 8h30 p.m.
J.C. B.
les commentaires
Haut de la page