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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
L'EPPLS organise une journée porte ouverte mercredi en ses locaux de Delmas 3. Ne vous demandez pas ce que ce sigle signifie ? Il y a fort à parier qu'il n'éveille en vous aucun souvenir ni le nom d'aucun organisme vivant. Normal. EPPLS est le nom d'une entité de l'Etat haïtien : Entreprise pu...
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ECONOMIE

Livres en Folie porte bien sa majorité
Le Nouvelliste | Publié le :08 juin 2012
 Cyprien L. Gary
2012 marque une année charnière pour la plus grande foire du livre haïtien, Livres en Folie, qui a franchi avec succès hier au Parc historique de la canne-à-sucre le cap de sa 18e édition. Tous les maillons de la chaine de production littéraire, depuis les écrivains aux sponsors en passant par les maisons d'édition et les lecteurs, ont joué à la perfection leur partition pour la réussite de cette énième édition de Livres en Folie confirmée comme étant le stimulus de l'industrie du livre haïtienne. Plus que les années précédentes, Livres en Folie 2012 se distingue par son affluence qui a surpris les organisateurs. Jamais le livre n'a fait l'objet d'un tel intérêt pour le grand public qui, toutes catégories sociales et d'âge confondues, s'est rué comme des essaims d'abeilles sur le Parc historique, paralysant la circulation automobile sur plusieurs centaines de mètres. Pour ce jeudi 7 juin, ce tronçon de route de la commune de Tabarre était la plus fréquenté de toute l'aire métropolitaine en dépit de la poussière envahissante et du soleil de plomb qui donnait faim et soif aux participants. Cela explique en partie la présence inattendue d'un mini-marché devant l'entrée du Parc où des restaurateurs, des vendeurs de bijoux, des bouquinistes, des cireurs de souliers, des livreurs d'eau et de boissons (gazeuses et alcoolisées) élargissaient l'offre alimentaire et de service face à la demande trop importante des participants à la foire du livre. Plusieurs d'entre ces derniers déplorent la lenteur du service de restauration à l'intérieur du parc. Pour beaucoup de gens, ce mini-marché devant le Parc est à la fois un élément nouveau généré par Livres en Folie et la preuve du succès d'affluence de Livres en Folie 2012. Il justifie également l'efficacité et l'imagination qui caractérisent le secteur informel. Se basant sur la situation économique précaire des familles, des observateurs lient cette affluence massive au Parc hier non pas à un quelconque intérêt pour le livre mais plutôt à une carence de programme socioculturel qui permettrait aux jeunes de se rencontrer, se divertir et échanger. Un de ses observateurs va plus loin en faisant remarquer que l'attitude voire la tenue arborée par certains visiteurs du Parc témoignent du but de leur présence ici qui, ne s'explique que par un désir de faire de nouvelles rencontres et garnir davantage leur répertoire de contacts. Mis à part le succès de participation, Livres en Folie 2012 ne va pas occasionner des regrets dans le cas des auteurs en signature dont la plupart peuvent se frotter les mains vu les lignes interminables devant les caisses et des éditions, sans compter les sachets remplis de bouquins des visiteurs laissant le Parc heureux d'avoir pu trouver leurs livres et rencontrer leur auteurs. Comme dans les années précédentes, la situation des auteurs en signature peut se résumer ainsi: ceux qui sont tellement débordés et assaillis par des acheteurs qu'ils n'ont pas le temps de parler voire de se reposer et d'autres qui sont de véritables spectateurs et qui assistent éberlués les visiteurs cherchant leurs titres ou auteurs préférés. Aux auteurs malchanceux de cette édition, Max Chauvet conseille la patience. Il faut se faire une clientèle. Ce n'est pas du jour au lendemain qu'on devient fameux et qu'on écoule des livres par dizaines Parmi les auteurs les plus demandés à la 18e édition, il convient de citer : Lambert Joseph (Les mots en vrai) ; Georges Castera ( Gout pa Gout); Rony Gillot ( Garry Conille ou le passage d'un météore), Youry Latortue ( Le devoir de servir); Himmler Rébu ( René Préval, le dernier tango);Teddy Kesser Mombrun ( Alain Possible, l'incorrigible; Kettly Mars; Gary Victor; Claude Gilles (Portraits de parlementaires). « C'est une expérience enrichissante. Le public a fait un bon accueil à ''Portraits de parlementaires, l'ouvrage collectif dont j'ai assuré la coordination », explique le journaliste Claude Gilles sollicité par l'Alliance française des Gonaïves pour participer à ''Artibolivres '' le samedi 9 juin. « L'engouement tant des jeunes écoliers pour ''Portraits de parlementaires'' que des universitaires constituent un baume au coeur des portraitistes de Le Nouvelliste qui ne comptent pas s'arrêter en chemin, se réjouit Claude Gilles. Une logistique améliorée Anaïse Chavenet, principal responsable de Communication Plus, partenaire de longue date de Livres en Folie, s'estime satisfaite de cette édition particulièrement sur le plan de la logistique. « j'ai une satisfaction aujourd'hui par rapport à l'année dernière où la logistique a été très défaillante. Cette année, la logistique nous a permis de gérer l'affluence même si ca n'a pas empêcher les longues files, mais c'étaient des files disciplinées. On avait un système de livraison pour lequel nous avons reçu des félicitations. Je crois que beaucoup de clients ont apprécié les efforts. Il reste encore à faire mais je crois que c'est la gestion de l'affluence qui est difficile ». "Je suis satisfaite de voir, même quand j'étais bondée, les lignes et les serpentins que les organisateurs nous ont fait installer sur notre insistance ont fonctionné et ont pu contenir les gens. On a imposé une discipline que les gens n'avaient pas naturellement », explique Mme Chavenet qui croit que Livres en Folie est d'un apport certain à l'édition parce que la formule permet aux maisons d'édition de vendre un volume plus élevé qu'habituellement. Par rapport à la température particulière qu'il faisait hier sur le Parc avec la chaleur le vent et la poussière qui balaient tout sur leur passage, le responsable de Communication Plus opte pour l'organisation de la foire du livre dans un autre espace « Décidément, je ne crois pas que le plein air convient à une activité comme Livres en Folie. Il aurait fallu que comme ailleurs nous ayons plusieurs centaines de mètres carrés de hangar ou d'espace couvert. Les éditeurs et les exposants peuvent vous dire que la poussière était peut-être l'ennemi numéro 1 des livres. Le livre est à peine posé sur les étagères qu'il est recouvert de poussière. Vous avez beau essuyer régulièrement quand vous le prenez pour le donner au client, il est vraiment recouvert de poussière. Nous avons des appareils informatiques qui sont recouverts de poussière. Je pense que le plein air mérite un point d'interrogation. Il nous faut une meilleure une meilleure infrastructure pour vendre des livres. Je crois que décidément il faut y penser ». Un Succes story haïtien Mme Chavenet nourrit beaucoup d'autres souhaits pour Livres en Folie dans les années à venir : « J'aurais souhaité aussi que les délais soient respectés souvent, il y a des retardataires qui retardent le processus. Car il y a des délais pour remettre les stocks, que tous les éditeurs s'en tiennent à ces délais. Livres en Folie c'est comme une machine, il y a un échéancier et quand un délai n'est pas respecté, cela a une incidence sur toute la site et sur la satisfaction du client en bout de ligne », conclut la cheville ouvrière de Communication qui voit dans Livres en Folie un Success Story haïtien. Le directeur de Le Nouvelliste Max Chauvet initiateur de Livres en Folie considère la 18e édition de la foire du livre comme une édition charnière, et cela pour plusieurs raisons. « D'abord, dit-il, c'est la 18e édition, donc c'est l'édition majeure, comme plusieurs observateurs le disent mais surtout cette édition nous a permis de constater que nous avons atteint la limite dans le format actuel de Livres en Folie. Cette année va être une année de réflexion, sérieuse. De grandes modifications et des aménagements importants doivent être apportés à l'organisation de cet événement par Le Nouvelliste et la UNIBANK. Selon le directeur du Nouvelliste Livres en Folie 2012 est une édition qui s'est plus ou moins bien déroulée. Il y a toujours des hic qu'on essaie de corriger notamment : l'affluence qu'on doit chercher à mieux gérer la prochaine fois, le trop plein de gens devant les comptoirs d'éditeurs, un accompagnement plus important des auteurs en signature, etc. En dépit de ces points qui laissent à désirer, l'enthousiasme du public et des auteurs en signature peuvent témoigner de la réussite de cette édition. Depuis les dix-huit ans d'existence de Livres en Folie, cette foire a toujours été considérée comme un stimulus pour toute l'industrie du livre notamment pour les imprimeries et les maisons d'édition. Le directeur du plus ancien quotidien d'Haïti formule le voeu que dans les années à venir qu'il y ait de moins en moins d'ouvrages imprimés à l'étranger qui participent à Livres en Folie. Pris sur un angle plus général, selon le directeur du journal Le Nouvelliste, Livres en Folie peut être une belle vitrine pour Haïti, dans le sens que si on arrive à organiser Livres en Folie et la Quinzaine du Livre de façon à en faire un événement culturel majeur en Haïti avec des activités autour du théâtre, de la musique, de la poésie. « Ainsi, si on arrive à faire une promotion intelligente, à inviter des auteurs connus, des journalistes étrangers notoires qui vont venir voir et parler d'Haïti. Je pense que c'est une façon beaucoup plus économique de commencer à forger une nouvelle image d'Haïti à partir de ces visiteurs », indique Max Chauvet En termes de particularité par rapport aux années antérieures, M. Chauvet, à l'instar de Mme Chavenet a souligné pour cette 18e édition le fait que dans les années précédentes, on avait des auteurs en signature qui vendaient 700 à 800 titres. « J'ai l'impression que cette année on va avoir plusieurs auteurs qui vont atteindre des chiffres relativement impressionnants. C'est quand même un signe de vitalité pour le secteur », pense-t-il.
Cyprien L. Gary
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