CULTURE
ACURIL/ 42E CONFERENCE/ DU 4 AU 8 JUIN
La solidarité agissante de la Caraïbe
Le Nouvelliste | Publié le :08 juin 2012
Nélio Joseph
Il se dégageait un parfum de satisfaction et de (re)trouvaille à la conférence de lancement officiel de l'ACURIL (Association des bibliothèques universitaires, de recherche et institutionnelles de la Caraïbe) le lundi 4 juin 2012 au Karibe Convention Center. La présidente de l'association, Françoise Thybulle, autour de laquelle étaient groupés les membres du comité exécutif, d'un air satisfait, cherchait difficilement les qualificatifs qui puissent décrire l'événement à sa juste valeur et traduire son état d'âme. « C'est la première fois, après plus d'une trentaine d'années d'adhésion, qu'Haïti a le privilège d'accueillir une conférence d'ACURIL », se réjouit l'ex-directrice de la Bibliothèque nationale d'Haïti.
Françoise Thybulle place cette 42e conférence, dédiée à Wilfrid Bertrand, sous le signe de la solidarité agissante de la grande Caraïbe envers Haïti. Cette solidarité, marque de fabrique de l'association, s'est exprimée avec force au lendemain du 12 janvier. Des mots de réconfort venaient de partout et des actions concrètes ont été menées comme signes visibles. « On en avait besoin et on en a besoin encore pour avancer », affirme madame Thybulle. La conférence d'ACURIL est un moment d'échange et de débat entre des professionnels évoluant dans le domaine de la documentation. Les participants auront le privilège de rencontrer des artistes haïtiens, des figures immenses de la littérature haïtienne, dont Edwige Danticat, et de participer à Livres en folie, l'une des plus grandes foire du livre de la Caraïbe.
Le thème retenu pour l'organisation de la conférence est « 365 portes ouvertes sur la révolution des technologies de l'information. Impacts : économiques, culturelles, sociaux et politiques ». Par ce thème, le comité local poursuit un double objectif : attirer l'attention des visiteurs sur notre patrimoine historique et sensibiliser à l'apport des technologies dans le travail de documentation. « Nous avons raté la révolution industrielle. Il nous faut nous repositionner pour ne pas rater la révolution technologique », conseille madame Thybulle, qui souhaite que les professionnels de l'information s'approprient cet événement.
Au terme d'un tour de table où sont présentés succinctement les membres du comité exécutif, venus de la grande Caraïbe, Wilfrid Bertrand, ancien président de l'ACURIL et directeur des Archives nationales, vedette à part entière de cette conférence, a insisté sur le sens de la rencontre, en Haïti qui reçoit de nombreux professionnels étrangers. C'est une conquête, explique t-il, résultat de plusieurs décennies de combat pour changer l'image d'Haïti à ACURIL. Sans cesse sollicité par les médias, Wilfrid Bertrand évoque avec beaucoup de verve ses efforts de modernisation des Archives nationales. Grâce à des services déconcentrés implantés depuis quelque temps, le citoyen peut aujourd'hui se procurer son extrait d'archives dans un temps relativement court, alors qu'autrefois il fallait un parcours de combattant au Bicentenaire. « Nous travaillons à ce que ce service soit fourni l'espace d'un cillement, sur tout le territoire national et dans la diaspora », affirme monsieur Bertrand. Là encore, ce ne sera qu'une étape. Car l'objectif final, soutient-il, c'est de parvenir à l'identification de tous les citoyens haïtiens et poser les bases d'une structure viable qui identifiera l'enfant à sa naissance quel que soit l'endroit où il est né et quelle que soit son origine sociale.
Nélio Joseph
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