CULTURE
Pour la promotion du livre et de la lecture
La 20e foire du livre...
Le Nouvelliste | Publié le :08 juin 2012
Wébert Lahens
webblahens@yahoo.fr
Répétition générale : 18e et 19e foires du livre. Déjà la 20e se profile à l'horizon de 2014 (1994-2014) avec, en boucle, le mariage réussi du livre à l'e-book. Une telle pratique relance l'intérêt de la foire, comme en 1994.
Quel plaisir que je vais me procurer dans deux ans de constater que la foire a atteint sa vitesse de croisière : en mobilisant les différents auteurs en signature autour de l'e-book ! Certains écrivains et des organisateurs de la foire courtisent un autre public qui ne lit guère les livres ; d'ailleurs, l'habitude s'est déjà installée de manipuler des ipads chez les jeunes, voire sa maitrise du côté de certains intellectuels. Alors, pourquoi ne créons-nous pas une occasion -un événement de célébrer la rencontre du livre et l'e-livre ? Les gens liront davantage. Combien d'articles que nous avions dévorés sur le site du journal et que nous aurions laissé tomber, s'il fallait les lire sur du papier ? Nous les avons lu, parfois relu, surtout ceux qui marchent dans le sens de nos propres recherches. Nous avons profité de plus d'information, en un temps record, sans nous fatiguer l'esprit. C'est un apport extraordinaire au niveau de la gestion du temps et de la lecture.
Qui m'interdira cette joie : me procurer à la 20e foire tous les livres de mes auteurs favoris accompagnés de l'e-book correspondant. Ainsi, le livre s'affichera comme une véritable industrie en Haïti.
Oui, le livre aura mobilisé beaucoup plus de lecteurs ; surtout des jeunes qui choisissent de se mettre à l'école du livre. De même aussi des adultes qui, par manque de pratique de la lecture, étaient en train de devenir des illettrés.
Le livre jouera, enfin, son rôle premier au XXIe siècle : une source de l'économie du savoir entre les mains des financiers de la foire. Combien plus d'argent que gagneront les organisateurs, à partir d'un simple calcul : les autres -les différents circuits du livre et le public des lecteurs - auraient la sensation de tirer davantage de parts du gros poisson. Cela va contribuer à attirer plus de monde directement ou indirectement à la foire.
Offrir plus d'ouverture aux lecteurs, ceux qui ont mille et une manières d'apprécier une telle initiative, et, en plus, d'en tirer leur propre épingle du jeu.
La 18e s'est étalée sur une quinzaine de jours. Je l'avais souhaité, cependant cela ne m'a pas dérangé outre mesure. J'attends encore le jour j. Beaucoup d'activités ont été annoncées, parmi lesquelles deux événements qui n'ont peut-être pas retenu, comme moi, les autres lecteurs. Fockal (Bibliothèque Monique Calixte) et American Corner exposent, en vitrine, des livres en anglais sur Haïti. Dans un deuxième temps, la librairie J'imagine expose, en vitrine également, des livres sur Haïti édités ailleurs à travers le monde ou d'auteurs haïtiens édités à l'étranger. La librairie Astérix, au même titre que la librairie la Pléiade, l'Institut français en Haïti, Fockal, accroché des panneaux de poèmes de Georges Castera, le poète invité d'honneur de la 18e foire. Ce qui m'intéresse pour la 19e foire : retrouver tous ces titres -dont certains livres que je regardais en vitrine,réunis en un seul ou deux volumes à la foire.
La 19e foire présentera une particularité : elle honorera quelqu'un -un lecteur qui a acheté des livres à toutes les 18 foires, après vérification ; c'est celui-ci qui sera mis en couverture. La foire aura touché les intérêts du public. Ce serait un bon signe.
Cependant, la 20e foire s'ouvrira dans une ville, avec des auteurs en signature. La banque de support à leurs trousses. 15 jours de folie, de débauche autour du livre ! Cela peut se faire dans toutes les grandes villes du pays qui aspirent à devenir émergentes.
Wébert Lahens
webblahens@yahoo.fr
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