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L'EDITO DU JOUR
par Frantz Duval duval@lenouvelliste.com Twitter:@Frantzduval
La monnaie américaine s'échange à plus de 44 gourdes pour un dollar. La tendance, séance après séance, est à la hausse. Ce n'est pas la première fois que la devise de référence de l'économie haïtienne franchit ce seuil. Nous avons connu des niveaux de décote plus élevés dans le passé. Cela date de l...
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Un angle de vue différent!
Le Nouvelliste | Publié le :04 juin 2012
 Dr Philippe DESMANGLES pdesmangles@yahoo.fr
L'observation des faits est une chose, mais leur interprétation une autre; le plus étrange est que cette dernière peut se faire pendant le déroulement de la première, et ce que l'on croit voir n'est en fait que ce que l'on veut voir, faussant ainsi le début de l'expérience et amenant à des conclusions erronées. Mais... le problème que je conçois en écrivant ces lignes est qu'un regard qui se veut correcteur peut lui aussi être déformé par les lunettes d'une croyance propre et véhiculer celle-ci de bonne foi. Vous supputez ainsi les affres qui m'étreignent en pensant que la vérité ne peut être qu'une utopie de l'heure présente et l'avenir pourra la contredire. Sur quoi donc se reposer pour avoir l'assurance d'être dans le vrai ? Mais je soliloque de façon hermétique, car je ne vous ai point fait part des faits qui m'ont poussé à écrire cette conclusion que je vous propose en guise d'introduction! Je m'empresse donc de vous en faire part et peut-être que vous m'enverrez vos commentaires! En premier, il me vient à l'esprit cette conversation que j'ai eue avec un responsable. Nous parlions de la gestion des cadavres de malheureux passés de vie à trépas pour avoir contacté le choléra. Pour avoir pensé que les corps étaient superinfectants, l'État, de peur de voir l'épidémie s'étendre un peu plus et dans le but second de la juguler, a voulu prendre la responsabilité de leur inhumation. Mais après un recul, force est de voir que le mal est maintenant national, le choléra devenant endémique mais que la diabolisation de cette maladie, qui n'a pu s'implanter en République dominicaine, implique des attitudes illogiques dont certaines même concourent à la propagation de la maladie ou à sa persistance. Ainsi, certains viennent avec des anecdotes qui veulent démontrer que des cadavres du choléra ont infecté toute une famille. Les faits racontés sont les suivants: quelqu'un meurt de cette maladie, la famille fait une veillée mortuaire dans laquelle les affligés enlacent le cadavre tant leur peine est immense et les jours qui suivent sont dramatiques, car ils voient le décès de tout ce beau monde. Conclusion: s'ils n'avaient pas embrassé le mort, ils n'auraient pas attrapé le choléra. Pour éviter cela, l'État doit prendre en charge l'inhumation des cadavres infectés. Voilà comment la croyance des cadavres infectants peut faire perdre la jugeote aux responsables et leur faire prendre des mesures pour le moins inefficaces. Car, en fait, on oublie que le choléra s'attrape par ingestion des selles d'un contaminé, mais alors, -et, je demande pardon de m'exprimer ainsi-, comment est-ce que la merde d'un cholérique nous arrive à la bouche ? Le vecteur est l'eau! Les fèces cholériques infectent l'eau et en la buvant nous l'attrapons. La solution est non pas de ne boire que de l'eau traitée, mais plutôt de traiter l'eau que nous utilisons. Je tiens à rappeler qu'en Haïti, l'eau que nous ne pouvons boire sert à faire la vaisselle, à laver nos légumes et nos fruits et à... nous brosser les dents! Alors, vu d'un angle différent, la famille s'est infectée, non pas parce qu'elle a touché au mort, mais tout simplement parce qu'elle a bu la même eau que lui ! D'autre part, en voyant l'aspect du corps, et connaissant une bonne partie des superstitions de mon pays, je m'imagine mal des parents en train d'enlacer un cadavre... Autre fait, plus plaisant celui-là. Une connaissance à moi, très férue de réflexologie (la réflexologie vise à mobiliser les processus d'autoguérison du corps. Elle se pratique en exerçant une pression soutenue, avec le bout des doigts, sur des zones ou des points réflexes situés sur les pieds, les mains et les oreilles. Ces points correspondent à des organes ou des fonctions organiques.) se vantait de faire disparaître la dysménorrhée de sa petite amie en lui massant une partie spéciale de la plante des pieds. Après chaque massage, la douleur disparaissait et mon ami voyait en cela la preuve que la réflexologie était quelque chose de sérieux. Mais vu d'un angle différent, je me suis dit que la p'tite dame devait plutôt aimer le toucher de son amant. Ce dernier devait donc lui procurer du plaisir et provoquer la sécrétion d'endorphine, cette hormone du plaisir qui est aussi un puissant analgésique. Fort de ce raisonnement, je conseillai à mon ami de caresser sa dulcinée au niveau de certaines zones érogènes telles que la pointe des seins et le « rèl » du dos (la ligne des processus vertébraux de la colonne). Tout content, il me rapporta que cela avait aussi bien marché que le massage des pieds, et il avait aussi découvert que ces derniers étaient aussi l'un des points sensibles de madame. Et le voici, aujourd'hui, fervent disciple d'Éros. Mais le dernier fait que je vais énoncer est aussi une petite pointe mi-ironique et mi-acide pour mes patrons du journal: quand j'écris sur des sujets en dessous de la ceinture, je dois me retenir. Et éviter des termes politiquement incorrects, mais dans un angle de vue différent quand il s'agit de l'invité d'honneur de livres en folie...
Dr Philippe DESMANGLES pdesmangles@yahoo.fr
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