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par Jean Pharès Jérôme pjerome@lenouvelliste.com
Des festivités commémoratives des deux ans du président Michel Martelly au pouvoir, on n'a retenu, paraît-il, qu'une chose : le député Luckner Noël s'agenouillant devant le président Michel Martelly pour le remercier d'avoir mis le pays sur les rails du « développement ». Pour ne pas faire de jalo...
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NATIONAL

Séisme/Reconstruction/Arrêté d'utilité publique
Martelly libère le centre-ville de Port-au-Prince
Le Nouvelliste | Publié le :29 mai 2012
 Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com roberson_alphonse@yahoo.com
Les verrous ont sauté, le centre-ville est libéré par le président Michel Joseph Martelly. 270 millions de dollars sont disponibles pour construire des bâtiments publics alors que des propriétaires de terrains, de magasins attendent la publication des normes pour ouvrir leurs chantiers et créer des emplois. Récit.
4 heures 26. Cela fait au moins une heure que des propriétaires terriens, commerçants, membres de SOS-Centre-ville guettent l'arrivée du président. Des minutes filent. On ne regarde plus les montres. Quelques heures de retard est peu pour ceux ayant rongé leurs freins pendant près de deux ans avant d'avoir le fameux sésame : l'arrêté présidentiel modifiant celui du 2 septembre 2010 déclarant d'utilité publique quelque 200 hectares du centre-ville de Port-au-Prince. « C'est un beau jour », susurre une Syro-Libanaise d'ascendance « mais Haïtienne de coeur », alors que le chef de l'Etat, costume blanc, la mine un peu fatiguée, salue, passe en revue. Le président Michel Joseph Martelly, entouré du Premier ministre Laurent Salvador Lamothe, des ministres des TPTC, Jacques Rousseau, de l'Intérieur et des Collectivités territoriales des ministres Thierry Mayard-Paul, situe d'emblée son action. « Je veux aujourd'hui que l'Etat répare une erreur d'appréciation », lâche Michel Joseph Martelly avant de signer cinq arrêtés. Y compris celui modifiant l'arrêté du 2 septembre qui, au passage, aménage une chasse gardée à l'Etat : la rue du Champ de Mars, entre autres, pour construire des bâtiments publics. Conforté dans sa posture de redresseur de torts et d'instigateur d'une nouvelle dynamique pour reconstruire le centre-ville, Martelly enjoint les hommes et femmes d'affaires « à s'engager », sans mépriser les normes de construction. « Aujourd'hui, la décision est prise, l'arrêté est signé. Donc, unissons-nous pour reconstruire le centre-ville », presse le président, qui croit que les chantiers génèreront des emplois. Invitant le MTPTC à accorder le bénéfice de l'urgence à la publication des nouvelles normes de construction, Michel Joseph Martelly promet d'autres encadrements techniques de la DGI pour les questions cadastrales susceptibles de provoquer des conflits entre des propriétaires terriens et de magasins au bas de la ville. Des normes oui, pas d'échéancier de publication « Les normes étaient en élaboration bien avant mon arrivée au ministère », révèle le ministre des TPTCE, Jacques Rousseau, incapable d'annoncer une date de publication. « Je vous tiendrai au courant », ajoute-t-il, laconiquement en filant vers une réunion de travail. En attendant celles du MTPTC, la mairesse de Port-au-Prince annonce. "Je veux encourager une reconstruction respectueuse des normes d'urbanisme", souligne Gabrielle Hyacinthe, favorable à la collaboration de tous les acteurs pour atteindre cet objectif. La BRH a les fonds pour construire les bâtiments publics Si les normes sont encore dans les limbes ou en passe d'être peaufinées, l'argent pour construire les bâtiments publics est disponible. « 200 millions de dollars sont disponibles à la Banque centrale pour construire des bâtiments publics qui seront confiés à l'Etat en location-vente sur 40 ans », indique le gouverneur de la BRH, Charles Castel. « C'est, poursuit-il, une formule qui a obtenu l'accord du FMI ». Quelque 260 millions de dollars sont aussi disponibles dans la rubrique annulation de la dette d'Haïti par le FMI. 70 millions de dollars de cette enveloppe seront alloués à la construction de bâtiments publics. Le reste servira à la construction de logements sociaux, confie Castel, sous les yeux de Hervé Denis, président du CCIH, ravi des pas franchis ce mardi 29 mai 2012. « C'est un beau jour », confie aussi Hervé Denis, qui croit que d'autres beaux jours doivent suivre car il y a d'autres phases à franchir, surtout pour créer des emplois. Sans s'aventurer sur le terrain des banquiers, il « souhaite de tout coeur » des encadrements financiers pour les hommes et femmes d'affaires décapitalisés opérant au centre-ville de Port-au-Prince. Selon Hervé Denis, c'est de bon ton que l'Etat, à travers le président, a compris la nécessité de fournir un encadrement technique aux propriétaires pour éviter des conflits lors de la reconstruction du nouveau centre-ville. Comme Hervé Denis, Josiane Tribié, heureuse de ce nouveau pas franchi, n'a pas fait l'économie de rappeler les efforts du SOS Centre-ville pour obtenir cette modification de l'arrêté pris par l'administration de René Préval après le tremblement de terre du 12 janvier 2010. « C'est un pas, d'autres restent à faire », confie un homme d'affaires, visiblement décontenancé par la lenteur dans la prise de décision dans l'administration publique. « J'espère que toutes les entités concernées présenteront les nouvelles directives au plus vite car le centre-ville mérite des travaux de drainage, la réfection des routes et d'autres infrastructures pour qu'il rejoue son rôle de poumon économique du pays », soutient-il en considérant comme « applicable » la décision de faire du Champ de Mars un parc culturel et « périlleuse » celle de faire du littoral de Port-au-Prince, le bord de mer où vivent des dizaines de milliers de personnes, une zone réservée. « Après tout, il n'y a pas de mal à rêver les yeux ouverts », plaisante-t-il, le bonheur non étiolé, malgré les bonnes heures d'attente de l'ex-chanteur populaire président, aujourd'hui « libérateur » du centre commercial d'une capitale dévastée où les grands chantiers de reconstruction sont encore absents...
Roberson Alphonse ralphonse@lenouvelliste.com roberson_alphonse@yahoo.com
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