NATIONAL
20 nouveaux magistrats dans le système judiciaire haïtien
Le Nouvelliste | Publié le :25 mai 2012
Gladimy Ibraïme
gibraime@lenouvelliste.com
gla2000x@yahoo.fr
L'Ecole de la magistrature (EMA) a procédé, ce vendredi 25 mai 2012, à une cérémonie de collation de diplômes. 20 élèves-magistrats dont 3 femmes ont reçu leur diplômes. Il s'agit de la 4e promotion de l'EMA, composée essentiellement de polyvalents. La cérémonie s'est déroulée en présence de plusieurs officiels haïtiens et étrangers, notamment le président de la République, les ministres de la Justice et de l'Intérieur, le président de la Cour de cassation et l'ambassadeur français accrédité à Port-au-Prince.
Les 20 diplômés, agés de 25 à 49 ans, ont été recrutés lors d'un concours national qui s'est tenu en juillet 2010. Un financement de la France, du PNUD et du gouvernement haïtien leur a permis d'effectuer deux ans d'études théoriques et pratiques. La première phase de la formation a eu lieu à l'Ecole nationale de la magistrature de Bordeaux (ENM). A leur retour en Haïti, les élèves-magistrats ont terminé leurs études par un apprentissage adapté à la législation haïtienne.
En plus des techniques de rédaction de jugement, les nouveaux magistrats ont suivi des formations sur le droit de la personne, les techniques d'enquête dans la lutte contre la violence basée sur le genre et contre le trafic de stupéfiants, d'après le directeur de l'EMA, le juge Kesner Michel Thermesi. « Les deux écoles leur ont donné l'essentiel pour être de bons magistrats capables d'appliquer la politique judicaire du gouvernement », a-t-il indiqué. Me Thermesi a conseillé à ses élèves de se comporter en dignes et loyaux magistrats en leur rappelant qu'ils auront la noble mission de dire le droit, de trancher les litiges, etc.
« La tâche qui vous attend est exaltante, il s'agit de relever une nation par la justice et par le droit », a souligné le ministre de la Justice, Me Jean Renel Sanon. En outre, il a invité les nouveaux juges à construire, avec le gouvernement, un État de droit, où chacun aura la satisfaction d'avoir édifié une Haïti différente, juste et équitable. Le numéro un du ministère de la Justice et de la Sécurité publique en a profité pour remercier la coopération externe, particulièrement les gouvernements français et canadien, laquelle, selon lui, est d'un précieux support dans le renforcement de nos institutions.
« Il est de notre responsabilité de transformer cette nation, d'y mettre un système de justice et de droit qui honore et fait de l'Haïtien une valeur autant que la vérité et l'équité », a fait savoir le premier mandataire de la nation, Joseph Michel Martelly. Les magistrats que nous formons aujourd'hui sont les bâtisseurs de notre société de demain, a-t-il précisé, avant d'ajouter que « c'est à eux d'abord, et à nous ensuite, d'édifier un État où la justice prend toute sa disposition pour harmoniser et réguler la vie des membres d'une même nation », a-t-il poursuivi. Selon le président Martelly, il incombe à tout le monde, et aux jeunes juges en particulier, de construire le nouvel homme haïtien.
Les deux ans d'études n'ont pas été faciles, aux dires de la représentante des récipiendaires, la magistrate Josiane Hilaire. Toutefois, elle a avoué que l'expérience a été très enrichissante. « Nous sommes très contents et nous remercions l'EMA », a-t-elle martelé. « Notre tâche sera ardue, mais nous sommes déterminés et dévoués », a-t-elle fait savoir avant de signaler qu'ils rêvent tous d'une justice saine axée sur la compétence et la loyauté.
Gladimy Ibraïme
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