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NATIONAL

Urgences à Vallue
Le Nouvelliste | Publié le :15 mai 2012
 Dominique Domerçant succes33@yahoo.fr
En dépit de ses potentialités touristiques, des réalisations significatives en matière de développement durable donnant lieu du même coup à la valorisation du patrimoine humain, naturel et économique, elles sont nombreuses les difficultés auxquelles font face les paysans de Vallue. Cette communauté en montagne, dont l'accès principal donne sur la route nationale numéro 2, dans les hauteurs du morne Tapion, est au carrefour des urgences en ce qui a trait à l' éducation, à l'environnement.
Environ 300 000 gourdes, tel est le montant nécessaire pour payer les professeurs des quatre écoles communautaires de Vallue, rapporte l'actuel coordonnateur de l'Association des paysans de Vallue (APV). Il s'agit des institutions scolaires : l'école communautaire Gérard Baptiste qui accueille environ 300 élèves (primaire et secondaire), l'école communautaire La Voûte disposant d'un effectif de 75 écoliers en primaire, l'école communautaire Odilus Jean-Louis, qui prend en charge environs 150 élèves. M. Batichon a insisté sur le cas de l'école communautaire Foket, où les 30 professeurs affectés à cet établissement qui accueille environ 600 élèves, n'ont pas reçu de salaire depuis plus de 5 mois. Par ailleurs, les responsables de l'APV sont unanimes à reconnaître les besoins en matière sanitaire à Vallue. Selon eux, l'APV ne dispose plus de moyens pour la prise en charge de ces professionnels depuis tantôt trois ans. « Donc pas de médecins en dehors de l'apport en service médical fourni par la clinique mobile de Médecin du monde et de Merlin, après le séisme du 12 janvier 2010 », déplore Batichon, qui a tenu à souligner que le seul centre de santé de Vallue a été créé par l'APV en 1994. Les services sont assurés par deux agents de santé et une infirmière. Le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), offrait sa collaboration à ce centre de Santé en permettant à des médecins et infirmières d'y effectuer leur service social. Avec une population d'environ dix mille personnes, suivant l'estimation d'un membre de l'association, l'eau s'inscrit parmi les urgences à Vallue. « Des moyens manquent considérablement aux responsables de cette organisation impliquée dans le développement de cette communauté, pour construire des citernes familiales pour les jardins », ont laissé entendre certains paysans. Une boutique d'intrants pour l'approvisionnement en semences et outils agricoles s'ajoute au cahier des revendications de la plupart des paysans de Grand-Goâve et de Petit-Goâve. Plus loin, la mobilisation des fonds pour permettre à l'APV de fournir des moyens aux paysans », est l'un des grands défis de cette organisation paysanne, qui souhaite du bec et des ongles, compenser des pratiques comme la culture de pistache qui épuisent la terre. Pour sa part, Luc Saintilus, trésorier de l'APV, estime que dans le temps, Vallue était une zone caféière, de canne à sucre, de figue banane et de pite... des cultures qui protégeaient les mornes et rapportaient aux paysans de l'argent. Malgré le soutien de certains partenaires locaux tels la Fokal dans les années antérieures à certains projets comme la radio communautaire, ou récemment avec le Collectif Haïti de France et l'Association Lyon Haïti Partenariat (LHP), les responsables de l'association des paysans de Vallue (APV) ne peuvent s'empêcher de tire, d'une part, la sonnette d'alarme, vu les besoins de la population, en faveur des couches les plus vulnérables, et d'autre part, se disent plus que jamais motivés à mettre en valeur les potentialités de la région de Vallue, en passe de devenir une marque de référence du tourisme en montagne selon Abner Septembre, le propriétaire de l'hôtel Ban Yen. Les autorités locales, les particuliers, les institutions philanthropiques et les partenaires financiers, conscients des enjeux et des normes en matière de développement durable, sont ainsi invités à découvrir les sommets attrayants de cette montagne, pour le tourisme, l'évasion. En un mot, pour investir dans le tourisme culturel durable.
Dominique Domerçant succes33@yahoo.fr
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