NATIONAL
Martelly se félicite de ses alliés, reste ouvert aux autres
Le Nouvelliste | Publié le :11 mai 2012
Frantz Duval et
Robenson Geffrard
La politique est un jeu, selon le président de la République. Un jeu sérieux. Ces derniers jours, Michel Martelly a remporté bien des victoires. Il est reconnaissant aux anciens sénateurs Joseph Lambert et Youri Latortue. Il tend la main au sénateur Steven Benoît et aux autres parlementaires qui n'ont pas voté la politique générale de Laurent Lamothe.
Expérience. Maturité. Pendant ces 12 derniers mois, le président de la République a appris beaucoup de choses. Il sait maintenant comment fonctionne le Parlement. Michel Martelly dit avoir cru qu'il était facile de fonctionner avec le corps législatif. Maintenant, une fois arrivée au timon des affaires, il a remarqué que la réalité est tout autre. Selon lui, ce qui est écrit dans les livres sur le Parlement est bien différent de la réalité. « Marcher avec cette équipe demande beaucoup de sagesse. De par la faiblesse de la Constitution, des concessions et un esprit d'ouverture », a-t-il dit tout en soulignant notamment l'obligation de réussir.
Dans une interview spéciale accordée jeudi au palais national, au Nouvelliste, le chef de l'Etat n'a pas caché ses appréhensions sur le Parlement, mais aussi son rapprochement du Grand Corps. « Je pourrai passer cinq ans à me battre avec le Parlement et puis, je dirais que ce n'était pas de ma faute ? Aujourd'hui, nous entretenons de meilleures relations avec le Parlement. Bien sûr qu'il ne sera jamais tout à fait facile. Il peut arriver des fois qu'il y ait certaines choses qu'on ne puisse pas donner. Mais l'idée, c'est de toujours s'asseoir ensemble. Je suis constamment en contact avec des parlementaires pour le bien-être du pays », a expliqué le pemier citoyen de la nation.
Entre Martelly et Lambert les choses anciennes sont passées !
Le président Martelly est très reconnaissant à l'ancien sénateur Joseph Lambert pour ce bout de chemin qu'il a déjà fait avec lui. Mais il est des choses que le chef de l'Etat n'oubliera jamais. « En ce qui concerne Joseph Lambert, pour une surprise c'en est une. Ce monsieur qui, pendant la campagne électorale, était tellement hostile à ''Tèt kale'' et c'était vice versa. Je n'oublierai jamais qu'un jour il avait déclaré être prêt à une guerre civile. Mais ce n'est pas quelqu'un que j'ai acheté avec de l'argent ni lui il ne m'a payé. Il a fait preuve de sagesse et d'ouverture. On a développé une confiance commune et la relation est ce qu'elle est », a raconté le chef de l'Etat avec un air très sérieux.
Le locataire du palais national s'est demandé, s'il arrive à s'asseoir avec son pire ennemi pourquoi il n'arriverait pas à le faire avec les autres sénateurs. « Ils sont réticents peut-être. On le voit, il y a des gens au parlement qui n'ont que de mauvaises nouvelles et qui ne parlent que de Michel Martelly. Mais ça ne me dérange pas », a-t-il dit.
« Aujourd'hui, Joseph Lambert et Youri Latortue sont des gens qui m'ont permis de remporter des batailles. Si je ne les avais pas ''mwen te ka nan dlo cho''. Lorsque je dis cela, c'est du pays que je parle. Quand on voit Martelly, c'est Haïti qu'on voit. Il y a des gens qui ne sont pas d'accord, mais c'est la réalité... »
« Imaginez Haïti où Laurent Lamothe n'était pas ratifié, un Conille comme Premier ministre qui ne parle pas avec le président depuis quatre mois, 10 sénateurs s'en vont, il n'y a pas de quorum au Parlement, impossible de réaliser les élections, on ne peut pas avoir un autre chef de gouvernement, le peuple est en attente dans la souffrance... Des gens viendraient proposer au président de former tout le cabinet pour lui s'il veut avoir un Premier ministre. Tous mes E deviendraient É », a avancé le chef de l'Etat.
Michel Martelly est content d'avoir pu se faire des alliés de la trempe de Joseph Lambert et Youri Latortue, deux anciens sénateurs. « Ils savent comment se battre », a-t-il dit. Il a reconnu que si Lambert était en face de lui, il pourrait causer tant de dégâts et du coup faire obstacle au développement du pays.
Sénateur Steven Benoît, le président Martelly est déçu de vous
Si le sénateur de l'Ouest a l'habitude de dire qu'il a été ou qu'il est l'ami du président Martelly, ce dernier soutient le contraire. « Les relations que nous avions ! Le sénateur Benoît avait un night-club et moi j'avais un jazz. Je savais jouer chez lui. Je peux dire qu'une relation c'était développée à ce moment-là. ''jwe pa jwe, touche pa touche, youn kenbe pou lòt. Ti afè pèsonèl nou'', au niveau de la finance. »
Michel Martelly ne digère pas encore le fait que Steven Benoît ne l'avait pas soutenu lors des élections. « Il ne m'avait pas accompagné pendant la campagne, alors que moi je savais l'accompagné dans son club. Je reste ouvert à lui jusqu'à présent, mais je ne le comprends pas. Aujourd'hui il peut déclarer à la radio qu'il est mon ami, mais une fois arrivé au Sénat, tout ce qu'il fait est contre le président Martelly. Je suis déçu de l'homme. Lorsqu'il avait besoin de moi, il venait me voir chez moi. S'il y avait un problème, il pouvait m'en parler parce que mon idée était de réussir », a déclaré le président comme pour envoyer un message au sénateur.
Une fois de plus Michel Martelly dit être prêt à travailler avec Steven Benoît malgré sa déception. Il tend aussi la main aux sénateurs qui n'ont pas voté en faveur de Laurent Lamothe. Selon lui, si le Premier ministre n'avait pas été ratifié, il y aurait pas mal de crises dans le pays. « Heureusement, la politique est un jeu. Ils jouent, je joue, nous jouons, que le meilleur gagne ! », a-t-il fait remarquer.
Frantz Duval et
Robenson Geffrard
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