PetroCaribe déverse de nouveaux millions sur Haiti

Le ministre haïtien des Affaires étrangères, Antonio Rodrigue, a été reçu ce mercredi 11 juillet 2018 à Caracas par son homologue vénézuélien Jorge Arreaza qui a annoncé sur son compte Twitter qu’à l’issue d'une rencontre les deux pays ont convenu de réactiver un comité binational pour financer des projets sur le territoire d’Haïti.

Publié le 2018-07-11 | Le Nouvelliste

National -

« Sur instructions des présidents Nicolas Maduro et Jovenel Moïse, nous avons reçu le chancelier d'Haïti, Antonio Rodrigue. Nous avons convenu de réactiver le Comité consultatif national sur l'investissement et d'examiner la nouvelle stratégie de PetroCaribe en matière de sécurité énergétique », a déclaré dans un tweet le ministre vénézuélien des Affaires étrangères, Jorge Arreaza, après s’être entretenu avec son homologue haïtien, Antonio Rodrigue.

« Nous avons réactivé notre comité binational afin de pouvoir (...) financer des projets de développement en Haïti », a fait savoir Arreaza lors d'une conférence de presse, précisant que la signature de cet accord intervient dans le cadre de l'accord PetroCaribe, un programme à travers lequel le Venezuela fournit du pétrole à des conditions avantageuses aux pays des Caraïbes, dont Haïti, a rapporté le journal vénézuélien El Universal.

Le ministre vénézuélien a ensuite indiqué que « bon nombre des projets » à financer étaient liés au domaine de l'agriculture, ce qui pourrait aboutir à des produits pour les Vénézuéliens à travers le programme social à partir duquel le gouvernement du président Nicolás Maduro distribue de la nourriture. Pour sa part, le chancelier haïtien estime qu'il s'agit « d'une étape importante dans la coopération » entre les deux pays et a remercié le Venezuela pour sa « bonne disposition » à l’égard d’Haïti.

En effet, en réactivant ce comité binational pour financer des projets, le Venezuela apporte son premier soutien international à l’administration Moïse/Lafontant, dans la tourmente depuis l’annonce le 6 juillet dernier de la hausse du prix de l’essence à la pompe, ayant occasionné des troubles à l’ordre public et des scènes de pillage dans divers commerces dans la zone métropolitaine.

« Aujourd'hui est un jour très important pour nous Haïtiens, nous allons donc pouvoir compter sur ce soutien que le Venezuela nous donne pour le développement des programmes et des projets sociaux, des projets d'énergie en Haïti et l'agriculture », a déclaré le chancelier haïtien à la presse vénézuélienne lors de son déplacement à Caracas.

Selon une source proche des négociations, le gouvernement du Venezuela autorise le gouvernement haïtien à utiliser plus de 80 millions de dollars qu'Haïti devait au Venezuela dans le cadre de l'accord PetroCaribe. Cet argent qui est déjà en Haïti sera décaissé à hauteur de trois millions de dollars par mois pour financer des projets sociaux. Selon les vœux de l'administration Maduro, ces fonds vont permettre à Port-au-Prince de relancer des cantines populaires, de renforcer les programmes Ti Manman Cheri et Kore etidyan. « De plus, une partie des 80 millions de dollars ira pour la Caravane. Des outils agricoles et des tracteurs seront achetés. Enfin, une partie des fonds servira à financer les projets de barrage et de lac de retenue d'eau comme celui lancé sur la rivière Marion », a fait savoir la source du Nouvelliste précisant qu’encore une fois c'est une coopération Haïti Venezuela Cuba qui sera le fer de lance de cette nouvelle phase de PetroCaribe. L'argent de ce volet était bloqué depuis des mois en Haïti et ne peut pas être transféré au Venezuela à cause des sanctions financières américaines contre le régime de Nicolas Maduro, a-t-elle ajouté.

Le président de la République, Jovenel Moïse, accompagné du ministre des Affaires étrangères, Antonio Rodrigue, a déjà été reçu par son homologue vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, en novembre 2017, où les deux chefs d’État ont signé des accords de coopération évalués à 97 millions de dollars américains dans des domaines comme les infrastructures routières, hydrauliques et électriques.

« Nous venons de signer un accord qui nous permettra de dépenser 82 millions de dollars sur un an dans trois secteurs clés, à savoir les infrastructures agricoles, l’énergie et les infrastructures routières. À l’issue des 12 mois, soit en novembre 2018, les gouvernements des deux pays vont se réunir pour évaluer les travaux afin de savoir s’ils respectent les normes et les termes de l’accord. Si tout est ok, l’accord sera reconduit pour une nouvelle année », avait alors informé le président Moïse à son retour de Caracas expliquant avoir également paraphé avec Maduro un second accord devant permettre à Haïti de rembourser les dettes PetroCaribe avec des produits locaux.

Dès le mois de décembre 2017, Haïti devait être en mesure de vendre au Venezuela des produits comme la farine, les pâtes alimentaires, les haricots, le riz et le café. « Ce deuxième accord équivaut à 15 millions de dollars sur un an. S’il arrive que ces produits soient déjà écoulés au Venezuela avant un an, il y aura une possibilité de rencontrer le président Maduro afin de déterminer si l'on peut augmenter cette enveloppe », avait alors précisé le président de la République. Entre-temps, le ministre de l’Economie et des Finances, Jude Alix Patrick Salomon, a confié au journal, début janvier, que la dernière importation de produits pétroliers du Venezuela remonte au mois d’octobre 2017. Depuis lors, c’est sur le marché spot qu’Haïti s’alimente. Le grand argentier avait alors pointé du droit les sanctions financières imposées au Venezuela rendant les transactions financières difficiles, sinon impossibles.

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