Mettre l’aide internationale aux ordres d’Haïti, la nouvelle bataille de Jovenel Moïse

Publié le 2018-07-02 | Le Nouvelliste

Editorial -

« Toute aide, même dans l’urgence, doit passer par les autorités établies qui définiront les priorités, détermineront les meilleures destinations, superviseront les activités et jugeront des résultats. Dans tous les cas, l’usage prioritaire des structures gouvernementales est exigé. »

Telle est l’une des déclarations du président Jovenel Moïse, le lundi 2 juillet 2018 lors d’un atelier de travail du Comité d’efficacité de l’Aide externe au développement (CAED), à l’hôtel Karibe en présence des partenaires techniques et financiers d’Haïti, des représentants des pouvoirs publics et de ceux de la société civile.

Ambassadeurs et représentants des bailleurs sont avertis. Haïti veut changer de braquet. Le pays veut prendre en main la destinée des dons. Le gouvernement décidera de leur affectation.

L’envie n’est pas nouvelle. Depuis le mois de janvier, le président de la République le claironne.

Tout argent pour Haïti doit se mettre au service des sept priorités nationales de l’administration Moïse/Lafontant qui sont : la réforme de l’État et le maintien de la stabilité politique et sociale ; la transformation d’Haïti en une destination d’investissement ; l’augmentation de la production agricole et l’amélioration de l’environnement ; la construction des infrastructures énergétiques, routières et portuaires ; le renforcement des infrastructures hydrauliques et sanitaires ; l’amélioration des infrastructures scolaires et de la qualité de l’éducation ; et la promotion de la stabilité à l’aide de projets sociaux.

En clair comme en off, personne ne s’élève contre les nouvelles ambitions de la République. De petites phrases entendues depuis janvier 2018 reviennent comme une ritournelle : le gouvernement doit avoir les ressources humaines adéquates, exister sur le terrain sur tout le territoire, établir des échéanciers réalistes, accepter de rendre des comptes.

« Sortir du qui donne ordonne, c’est entrer dans qui donne contrôle », a lancé, pince-sans-rire, un diplomate à la question du journal pour savoir si c’est demain la veille que les changements vont se produire dans la gestion et la destination des aides. « Tout dépendra du gouvernement haïtien », croit-il.

En attendant, le président Jovenel Moïse donne une assurance : la communauté internationale paiera pour les projets menés à bien par Haïti.

« Je vous exhorte, Mesdames, Messieurs les partenaires techniques et financiers, à envisager la formule innovante de « payer pour le succès » en conditionnant les paiements à l’atteinte des résultats dans chacun des sept axes prioritaires ».

C’est un pari dont tout le monde peut sortir gagnant. Cela changerait des relations unilatérales habituelles.

Frantz Duval
Auteur
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