Si Haïti est un pays normal...

Publié le 2018-06-28 | Le Nouvelliste

Editorial -

La séance d’interpellation du premier ministre qui devait se conclure par un vote n’a pas été jusqu’à son terme, jeudi, à la Chambre des députés.

Le premier ministre Jack Guy Lafontant est reparti sans savoir s’il bénéficie ou non de la confiance des députés.

La séance, régulièrement ouverte avec un imposant effectif de 107 députés présents, est mise en continuation.

En un mot, elle doit se poursuivre à une date ultérieure.

La raison ?

Des ministres du gouvernement Lafontant ne sont pas en règle avec la loi.

C’est énorme.

La Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif (CSCCA) a révélé dans une correspondance au président de la Chambre des députés que quatre des cinq ministres appointés fin avril doivent avoir décharge de leur précédente fonction si on souhaite les nommer ministres.

Ces ministres comme ceux qui les ont nommés sont donc hors la loi.

Dans tout pays normal, bien avant leur installation comme ministre, les services compétents de la primature et de la présidence auraient dû s’assurer qu’aucun ministre pressenti n’est en contravention avec la loi.

Sauf en Haïti.

En Haïti, de plus en plus souvent, on passe outre et on avance en toute illégalité.

Ou en toute méconnaissance de la conduite à tenir.

Cela dit, sitôt cette lettre de la Cour des comptes connue, le premier ministre se doit de rectifier son erreur avant toute mise en branle d’une commission d’enquête.

Les députés ont le droit de chercher à savoir, le gouvernement a la responsabilité de se mettre en conformité au plus vite avec la loi.

Dans tout pays normal, c’est ainsi que les choses se passent.

Comme nous sommes en Haïti, on va voir ce que l’on va voir quand on l’aura vu.

Frantz Duval
Auteur
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