Wynne Farm, payante solidarité

Publié le 2018-06-13 | Le Nouvelliste

Editorial -

Les forces de l’ordre sont intervenues ce mercredi à Wynne Farm, à Kenscoff, pour mettre hors d’état de nuire les spoliateurs qui voulaient accaparer des portions de terrain de ce parc écologique. Pour y arriver, il a fallu des prises de position fermes du ministère de l’Environnement, du parquet de Port-au-Prince et d’autres organismes publics chargés de la sécurité. La mise en mouvement de l’action publique contre les spoliateurs de Wynne Farm est le résultat d’une mobilisation citoyenne en faveur de la protection dudit parc qui reste une exception dans un pays où la dégradation de l’environnement s’accélère.

L’intervention de l’État en faveur de Wynne Farm est sans conteste une bonne nouvelle dans cette cacophonie de mauvaises nouvelles qui empoisonnent notre quotidien. Quand ce n’est pas un concert de cartouches à Martissant, c’est une institution publique qui est en grève, c’est une route nationale qui est bloquée par des manifestants, ce sont les parlementaires qui font la politique de la chaise vide…Wynne Farm c’est une petite victoire qui doit nous rappeler que quelque chose peut changer ici si nous acceptons de mettre la pression sur les autorités. Sans les cris d’alarme des responsables de Wynne Farm dans les médias et sans une mobilisation au sein de la société civile, les spoliateurs continueraient à agir en toute quiétude.

Le cas de Wynne Farm doit nous apprendre beaucoup de choses. Il doit apprendre aux autorités étatiques qu’il est louable d’intervenir quand il y a une situation semblable à celle de la réserve écologique de Kenscoff, mais il faut prendre des mesures pour résoudre définitivement le problème foncier qui constitue l’un des freins au développement de notre pays. Il faut un durcissement des lois sur le foncier. S’il est vrai que le problème est complexe, il est aussi vrai qu’il revient à l’État de le résoudre. Il faut prendre le taureau par les cornes.

La situation de Wynne Farm est sans nul doute la pointe de l’iceberg dans le domaine foncier. Personne ne sait combien d’institutions, combien de paisibles citoyens vivant dans le pays, combien de membres de la diaspora vivent une situation similaire. Les forces de l’ordre ne pourront pas intervenir dans chaque cas. C’est pourquoi il faut trouver une solution globale au problème. Il n’y a pas de doute qu’il s’agit d’un travail de longue haleine, mais c’est l’un des prix à payer si nous voulons attirer des investisseurs étrangers et libérer le marché de l’immobilier.

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