La Coupe du monde Russie 2018 au cœur d’un débat universitaire en Haïti

À la veille de la Coupe du monde Russie 2018, quelques centaines de jeunes étudiants, de professeurs d’université et de journalistes sportifs se sont réunis le samedi 9 juin 2018, à l’auditorium de l’ONA, lors d’un symposium organisé par la Pastorale universitaire de Port-au-Prince, pour débattre du thème « Impact de la Coupe du monde Russie 2018 sur la sociologie et l’économie haïtiennes. »

Publié le 2018-06-13 | Le Nouvelliste

National -

Autour d’un premier panel, le journaliste sportif James Laurent, tel un véritable ordinateur, a retracé l’histoire de cet événement. Quant au sénateur Patrice Dumont, il a expliqué tout le processus de préparation facilitant la présence d’Haïti au mondial de 1974. « L’élimination de la sélection nationale en 1969 face au Salvador a constitué un tournant décisif qui a pu fouetter le moral et l'orgueil des joueurs. Tous les joueurs de 1974 étaient dans la sélection de 1969. Il y a eu une sélection permanente. On a joué avec plusieurs équipes étrangères au stade. Tout un enthousiasme s’est manifesté pour l’équipe nationale », a révélé le sénateur Dumont.

Par ailleurs, le sénateur Dumont, répondant à la question relative à la politique sportive qu’on doit mettre en place pour revivre ces moments glorieux, a souligné le manque d’implication de l’État. « Seulement 20% du budget du ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action civique est alloué aux fédérations », a-t-il regretté. Ce montant, toutes disciplines confondues, ne peut pas faciliter le développement du sport.

Quel est l’impact socioéconomique de la Coupe du monde sur Haïti ?

L’altermondialiste et professeur d'économie, Camille Chalmers, relatant la non-disponibilité de données à ce sujet, a préféré orienter le débat sur le système d’économie informelle. Il a rejeté la définition classique considérant les activités informelles comme un espace qui échappe à l’État. Selon lui, le fonctionnement informel de la société exprime un divorce de la population d'avec l’État. «La masse de profits des capitalistes se réalise grâce aux gens de l’informel. La Coupe du monde sera profitable aux capitalistes car la FIFA est une multinationale très puissante », a relaté le professeur. Toutefois, il a reconnu que cet événement sera aussi une occasion qui permettra à quelques débrouillards de l’informel de faire de petites économies.

Pour sa part, le sociologue Rhodner Jean Orisma a mis l'accent sur les enjeux économiques de la Coupe du monde sur le plan global. Il a fait remarquer que l’État haïtien n’a tiré aucune leçon de ces grands événements qui pouvaient nous permettre de dynamiser l’économie nationale. « Il y a un problème de conscience en Haïti », a-t-il souligné.

Windzor Aristil windzoraristil@yahoo.fr Auteur
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