Empoignade entre Rosemila Petit-Frère et l’exécutif dans le contexte de la fête du Drapeau

Publié le 2018-05-14 | Le Nouvelliste

National -

L’information avait fait grand bruit sur la Toile au cours du week-end : la mairesse de l’Arcahaie Rosemila Petit-Frère s’est opposée à la construction du stand présidentiel pour la fête du Drapeau prévue le 18 mai prochain. Pour le porte-parole de la présidence, Lucien Jura, tel n’a pas été le cas. « Il n’y a jamais eu de problèmes véritables », a-t-il lâché tout de go lundi sur les ondes de Magik9. Lucien Jura explique qu’au niveau du Palais national, ils sont beaucoup trop responsables pour faire les choses au « petit bonheur » pour le 215e anniversaire du drapeau, sa 100e commémoration à l’Arcahaie.

« Contrairement à ce qui se dit, vendredi après-midi une délégation du Palais national que j’ai eu le privilège de conduire s’est rendue à l’Arcahaie avec pour mission de désigner la nouvelle position de construction des podiums. Avant de quitter Port-au-Prince, j’ai tenté à quatre reprises d'entrer en contact avec la mairesse principale Rosemila Petit-Frère, qui n’était pas disponible. Nous nous sommes quand même dirigés à l’Arcahaie parce que le temps n’est pas notre allié. Quand nous sommes arrivés, notre premier reflexe a été de nous rendre à la mairie. Sur place, l’un des membres du personnel nous a fait comprendre que la mairesse ne se sentait pas trop bien et c’est la raison pour laquelle nous n’avons pu la joindre par téléphone. Mais le maire accesseur Garry Joseph était présent. Nous nous sommes fait le devoir de nous faire accompagner pour aller déterminer l’espace le mieux approprié pour le défilé de la parade », raconte l’ancien journaliste.

Lucien Jura rejette du coup les informations selon lesquelles l’équipe du Palais national serait entrée par effraction sur la place pour y construire le stand. « Il n’y a jamais eu de telles bourdes », jure-t-il. Pensant qu’on avait procédé « manu militari », la mairesse était « remontée » parce qu’ « apparemment » elle n’était pas au courant que la délégation du Palais national s’était fait accompagner de l’un des responsables du cartel sur les lieux, soutient le porte-parole. Il a informé qu’une délégation emmenée cette fois par le Premier ministre qui avait déjà prévu de se rendre là-bas a été à l’Arcahaie le lendemain. « Au cours de la visite du Premier ministre, nous avons fait un petit tour à la mairie. Nous y avons rencontré la mairesse qui a compris qu’il y avait une maldonne. Et les travaux ont du coup repris », se réjouit Lucien Jura.

Rosemila Petit-Frère dénonce les promesses non tenues

« Nous n’avons pas stoppé les travaux. Nous avons exigé qu’il y ait dialogue, que les choses changent », a précisé Rosemila Petit-Frère. Elle ne veut pas que la mairie soit écartée de l’organisation de la planification en vue de la célébration du 215e anniversaire du drapeau. « La fête du Drapeau est certes une fête nationale mais elle doit être organisée en collaboration avec la mairie », exige-t-elle.

Mais ce que Rosemila Petit-Frère ne veut surtout pas, c’est que les autorités du pouvoir central viennent commémorer le drapeau sans tenir les engagements pris envers la population. « La construction des stands n’est pas la priorité pour le moment. Il y a d’abord beaucoup de problèmes qui méritent d’être résolus », soutient Rosemila Petit-Frère. Elle reproche au président de la République de n’avoir pas envoyé la commission qu’il a pourtant promis de créér il y a un an en vue de se pencher sur les problèmes que rencontrent les plantations de banane. Aucun projet durable n’a été entrepris dans la commune ces douze derniers mois, fait-elle remarquer. Elle critique l’initiative de la Caravane du changement qui, selon elle, n’atterrit pas. « Qu’est-ce qui restera pour les Archelois après la commémoration du drapeau ? », se demande la mairesse, qui n’entend pas toutefois entretenir un conflit.

Les travaux ont repris suite à la visite du Premier ministre Jack Guy Lafontant qui s’est entretenu avec la mairesse. « Je crois en la parole du chef de l’État, j’espère que d’ici vendredi je trouverai quelque chose de concret à dire à la population », a dit croire la mairesse, qui ne va pas sans égratigner le député de la commune. « Je ne peux m'exprimer à l’instar du député qui s’est mis à pleurer par le fait que le Premier ministre était venu faire une distribution sans l’appeler à se joindre à lui pour l’activité et accuser le chef du gouvernement de corrompre les gens », dénonce Rosemila Petit-Frère.

Le député de l’Arcahaie Fequière Julien dénonce une « diversion » qui se fait autour de la fête du Drapeau qui est une fête nationale. Il qualifie d’ « excès » et de « démagogie », la démarche de la mairie visant à bloquer la construction des stands. Sans répondre explicitement aux accusations de la mairesse de l’Arcahaie, le député Fequière Julien estime parce qu’il s’agit d’une fête nationale tous les citoyens, toutes les autorités doivent apporter leurs contributions en vue de permettre sa réalisation. « Personne ne peut constituer un obstacle à la fête du Drapeau », croit-il. Le parlementaire a par ailleurs maintenu les accusations à l’encontre du Premier ministre qui a été dans la cité du drapeau pour faire des distributions. « Nous sommes contre cette tentative de corruption. C’est un gouvernement interpellé, nous n’accepterons pas qu’il vienne créer le désordre dans la commune », a-t-il martelé. Il enjoint le Premier ministre à respecter ce qui est écrit dans le budget, c’est-à-dire en octroyant à chaque CASEC un million de gourdes en vue de réaliser des projets de développement dans leur communauté.

Danio Darius
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