8 mars-Journée mondiale de la femme

« On ne peut pas porter plainte contre le harcèlement en Haïti », souligne Patrick Laurent

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

National -

Même si la pratique semble de plus en plus évidente dans la société, il n’existe aucune législation sur le harcèlement sexuel en Haïti. Dans l’état actuel de notre législation, le thème n’est pas défini dans les textes de loi, à en croire Me Patrick Laurent. Peu importe qu’elle soit victime, une femme (exemple) ne pourra pas porter plainte près le commissaire du gouvernement contre le harcèlement en Haïti puisqu’il n’est pas prévu dans les infractions pénales, avance le juriste, qui participait, aux côtés de la psychologue Tim Valda, militante féministe, à l’émission Sa k ap Kwit réalisée ce mercredi sur la chaîne 20.

En plus du vide juridique constaté à propos du harcèlement, les législateurs n’ont pas vraiment tout clarifié sur la question de l’agression sexuelle, laisse croire le juriste. Même avec la modification apportée dans le décret du 6 juillet 2005 sur l’agression sexuelle, la notion elle-même, n’étant pas élucidée, prête encore à confusion, d’après le juriste. « Quiconque aura commis un crime de viol ou sera coupable de toute autre agression sexuelle, consommée ou tentée avec violence, menaces, surprise ou pression psychologique contre la personne de l’un ou de l’autre sexe, sera puni de dix ans de travaux forcés », stipule l’article dudit décret 1 repris dans l’article 278 du code pénal haïtien.

Plutôt pragmatique, la psychologue Tim Valdas, qui se prononce contre toute forme de violence basée sur le genre, invite notamment les femmes à dénoncer les agressions, le harcèlement, sous quelle que soit la forme sous laquelle ils se présentent dans la société. La féministe estime plus loin que la loi haïtienne n’est pas toujours en faveur de la femme. Cette dernière, victime, est parfois tournée en dérision (voire être rabaissée) même au niveau du commissariat où elle est allée porter plainte, décrit la psychologue, déplorant l’absence d’une législation devant protéger les femmes.

La société institue l'injustice par rapport à la considération faite à la femme, constate Tim Valda qui ne se tord pas la cheville pour dénoncer certaines pratiques sociales qui piétinent le droit de celle-ci, voire sa liberté. Si elle y voit de l’inégalité dans la question d’équité de genre, le juriste Patrick Laurent, lui, estime que cela va bon train (Haïti est un paradis, dit-il) d’un point de vue de législation (Déclaration universelle des droits de l’homme, Pacte international relatif aux droits civils et politiques, Convention américaine des droits de l’homme traitant de la légalité entre l’homme et la femme). Patrick Laurent soutient (en exemple) qu’à poste égal, à salaire égal, la loi haïtienne ne fait pas de distinction de sexe en Haïti, d’un point de vue législatif. Ce qui ne correspond pas à la réalité des choses, rétorque la psychologue. « Souvent, pour le même poste, les femmes sont traitées autrement », soutient-elle, avant d’encourager les femmes à s’intégrer davantage pour défendre leurs droits.

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