Plaidoyer pour une priorité à la vaccination dans les politiques publiques

Vacciner les enfants et les femmes en âge de procréer n'est pas une pratique suffisamment répandue en Haïti. Pour remédier à cette situation, la Plateforme haïtienne pour le renforcement de la vaccination (PHAREV), a organisé mercredi dans ses locaux à Delmas une journée de sensibilisation à la vaccination en Haïti. Une situation qui préoccupe cette institution.

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

National -

Comme substance qui permet d’immuniser un individu contre les maladies microbiennes, le vaccin est souvent négligé par la population haïtienne. Ceci est dû, selon le Dr Paul André Carrenard, président de la PHAREV, au manque d’éducation de la population autour de cette question et, fort souvent, à l’indisponibilité du service. Dans ce processus de plaidoyer, Paul André Carrenard se plaint d'un grand nombre d’enfants qui n’a pas reçu la dose complète de vaccination. Selon lui, 11 doses de vaccin sont recommandées pour un enfant avant d’atteindre l’âge d’un an. « Seulement 45 sur 100 enfants vaccinés ont reçu la dose complète de vaccination », a-t-il déploré ajoutant que les autorités sanitaires devraient veiller au strict respect du calendrier vaccinal par les parents pour atténuer la situation. La vaccination, a-t-il poursuivi, est l’un des moyens d'éviter les risques de maladie, de handicap, de malnutrition, etc.

À en croire Paul André Carrenard, un enfant ayant reçu la dose complète de vaccination aura du mal à attraper, entre autres, la diphtérie, la tuberculose, le tétanos et l’hépatite B. « Les femmes enceintes devraient se faire vacciner contre la diphtérie et le tétanos, un moyen pouvant faciliter la protection de l’enfant durant son développement », a-t-il indiqué, mentionnant que les femmes en âge de procréer devraient, elles aussi, se faire vacciner. La diphtérie se manifeste fréquemment chez les enfants, empêchant le fonctionnement normal des voies respiratoires, provoquant des maux de gorge avec une fièvre légère.

Selon les responsables de cette plateforme, la couverture vaccinale est estimée à 41% suivant les chiffres fournis par l’Enquête mortalité, morbidité et utilisation de services (EMMUS). Compte tenu de l’intérêt particulier pour la promotion de la vaccination, Judith Millien, la directrice exécutive de cette entité, estime nécessaire que des postes de rassemblement soient créés pour faciliter la tâche dans les zones difficiles d’accès, a-t-elle précisé, la vaccination est gratuite dans le système de santé publique haïtien.

« Nos vaccins sont hautement financés par des organismes internationaux », scande Patricia Cassamajor Racine, la secrétaire générale. Dans ses propos, elle a pointé du droit la commission de santé au niveau du Parlement haïtien, invitée à lutter en faveur d’une allocation dans le budget national pour la vaccination. Car, a-t-elle dit, ce serait un atout pour le pays au cas où les donateurs internationaux décideraient de mettre un terme à leur financement.

Par ailleurs, étant une plateforme qui travaille en étroite collaboration avec la Direction du programme élargi de vaccination (DPEV) du ministère de la Santé publique, de l’UNICEF et l’OPS/OMS, l’occasion a été pour la PHAREV d’annoncer une campagne de vaccination entre le 11 et le 15 mars en cours pour combattre la diphtérie. On prévoit de vacciner plus de 2 millions d’enfants à travers 44 communes du pays.

Emmanuel Moïse Yves yemmanuelmoise@gmail.com Auteur
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