Fritz Jean : « le déficit budgétaire va au delà de 14 milliards de gourdes »

Publié le 2018-03-06 | Le Nouvelliste

Economie -

« La monétisation du déficit budgétaire se fait aussi à travers les banques commerciales. Le montant de 9 milliards de gourdes de financement budgétaire avancé par la Banque centrale n’est autre que la pointe de l’iceberg. Actuellement, le déficit budgétaire va au delà de 14 milliards de gourdes », a révélé l’économiste Fritz Alphonse Jean, ex-gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), participant à la rubrique « Invité du jour », ce mardi, sur les ondes de Radio Vision 2000.

D’après l’ancien gouverneur de la banque centrale, le ministère de l’Économie et des Finances (MEF) a des créances auprès des banques commerciales sans compter des arriérés envers quelques fournisseurs et des fonctionnaires publics. Pour preuve, Fritz Jean a fait référence aux mouvements de revendication des écoliers dans plusieurs endroits du pays exigeant les autorités de payer les enseignants afin que ces derniers reviennent dispenser les cours en salle de classe.

Fort de toutes ces considérations, l’ancien numéro un de la BRH croit que certains chiffres n’ont pas été dévoilés. « Pour mieux faire comprendre le montant des 9 milliards de gourdes avancés comme déficit budgétaire, il faut avoir des détails sur toutes les redevances du ministère de l’Économie et des Finances envers d’autres parties », a soutenu l’économiste Fritz Alphonse Jean.

Pour l’économiste Fritz Jean, le gouvernement a pris l’arrêté portant obligation de libeller les transactions commerciales sur tout le territoire dans la monnaie nationale, la gourde, dans le but d’étouffer dans les médias certains dossiers brûlants, dont le gaspillage du fonds PetroCaribe, le déficit budgétaire, la suspicion sur la gestion du fonds de l'Office national d'assurance-vieillesse (ONA), les revendications des douaniers et des écoliers.

Toutefois, l’économiste admet que tout pays aimerait avoir une monnaie unique, une monnaie libératoire qui n’est autre que sa monnaie locale. « Ce sera plus facile pour le pays d’avoir le contrôle de sa politique monétaire », a affirmé Fritz Jean, précisant que dans la région frontalière, la monnaie qui s’impose en réalité est le peso dominicain et non le dollar américain.

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