Jean-Luc De Ganot remporte la Diamond Cup Caraïbes 2018

PUBLIÉ 2018-03-02
Le week-end du 23 au 25 février 2018, Jean-Luc De Ganot a défendu les couleurs nationales à l’édition 2018 de la Diamond Cup Caraïbes en République dominicaine . Notre « mister fit » a dominé la catégorie « men's physique + 179 cm » et est aussi sorti champion des champions toutes catégories confondues. Une distinction qui lui vaut, à présent, de pouvoir concourir dans la catégorie des professionnels. Pour lui, cette réussite est le fruit d’énormes sacrifices et la preuve qu’Haïti n’est pas une barrière à l’épanouissement d’un sportif en dépit des nombreuses difficultés qui existent.


186 livres qui tiennent dans un corps de 1m 83 de hauteur, voilà un peu ce à quoi ressemble Jean-Luc De Ganot. Le 3e des 5 enfants des De Ganot a toujours baigné dans l’univers du sport. Scolarisé à l’Institution Saint Louis de Gonzague, il jouait au football et au volleyball depuis le primaire. Il pratiquait l’athlétisme aussi et était fan inconditionnel de magazines comme « 5 sportif » sur Telemax ou le « Journal des sports » sur la TNH. Le bodybuilding va commencer à l’attirer autour de 15 ans quand son feu père, qui n’était pourtant pas très porté sur le sport, amène un appareil à la maison.

Dans la tribu, l’autre grand amateur de culture physique est son oncle, l’ingénieur Claude Préptit, à qui il a emprunté des haltères pour la première fois. Vers la fin du secondaire, il s'inscrit au club Henfrasa. Après le bac, son ardeur pour les exercices et le sport en général diminue quelque peu à cause des études en médecine auxquelles il se consacre en République dominicaine. Il faudra attendre la fin du cursus et notamment l’Internat pour qu’il reprenne ses habitudes sportives. Le 1er janvier 2014, il prend la résolution de s'adonner davantage à sa passion. Jean-Luc rejoint le club Gold Gym de Santiago deux jours plus tard.

Sans perdre de temps, il s’essaie à des concours dont Mister Region del norte duquel il sort 5e. Il parvient à la 5 e place également à une autre compétition dédiée aux talents en herbe. Notre compatriote, se rendant compte que ce n’était pas encore son heure, prend la résolution d’effectuer des études en nutrition sportive. Il devient du coup son propre coach ainsi que celui d’autres étoiles dont Spely Laventure, champion des champions de l’édition 2017 de Haiti body building classic, d’Emie Jean Baptiste, qui a remporté dans sa catégorie le concours « Region del norte ».

L’agenda quotidien du sportif peut illustrer parfaitement le vieil adage qui dit que le temps c’est de l’argent. En 24 heures, il lui faut s’entraîner, coacher des clients à Ultimate fitness club, préparer personnellement sa nourriture et former à distance des clients qui se retrouvent hors du pays en République dominicaine, aux USA, au Canada, au Venezuela, entre autres. Il lui arrive le plus souvent de dormir entre 11h p.m et 4 h a.m. « Si je dormais plus longuement j’aurais une meilleure stature. Mais c’est difficile pour moi de le faire en semaine. Voilà pourquoi en week-end je chôme pratiquement », avance le champion.

« Il faut manger comme cela se doit pour maintenir le corps en pleine forme », confie Jean-Luc qui souligne que le sport ne suffit pas pour cela comme bien des gens veulent le croire. « Le régime varie selon l’époque. Ce qu’il faut manger quand il faut augmenter les muscles n’est pas tout à fait la même chose quand il faut chasser les graisses à l’approche d’une compétition », explique-t-il.

Il ne fume pas ni ne boit d’alcool. Cette attitude naturelle chez lui est importante pour garder la forme selon lui.

Jean Luc admet que le régime alimentaire est de loin le plus grand frein au développement du bodybuilding en Haïti. « Ca coûte cher, dit-il, de se nourrir convenablement en Haïti. Voilà pourquoi je suggère aux athlètes avec qui je travaille de se mettre ensemble pour affronter le budget que cela suppose ». Il n’y a pas que la nourriture à être hors de portée d’une bourse moyenne. Pour tenter d’y remédier il propose via sa plateforme sur Internet « theproteinshopht », des suppléments à des prix accessibles. En tant que nutritionniste, il les vend aux gens selon les besoins diagnostiqués durant des consultations gratuites qu’il leur donne.

Il pointe dénonce également le manque de participation à des championnats d’envergure à l’étranger de nos concitoyens faute de moyen. Qui pis est, la plupart des compétitions amateurs ne rapportent pas d'argent aux athlètes contrairement à celles destinées à des professionnels.

Cette année, le bodybuilder a décidé de renouer avec la participation aux concours dans le but de prouver qu’Haïti n’est pas une barrière à l’épanouissement d’un sportif en dépit des difficultés qui existent. « Cette expérience me prouve que qui veut peut. Il suffit d’être motivé et de s’armer de volonté », confie celui qui est sorti le week-end du 23 au 25 février 2018 champion de la catégorie men's physique + 179 cm et champion des champions du Diamond Cup Caraïbes de 2018 à Saint Domingue.

Notre compatriote qui a supplanté des compétiteurs des Bahamas, du Venezuela… est assez humble quand il parle de sa victoire. « C’est le fruit de grands sacrifices, j’ai mis du temps à me préparer et j'ai fait le voyage à mes frais », confie le champion des champion qui récolte en plus de médailles et de trophées, des bonds d’achat en nutrition et quelques aliments. Il pourra désormais participer à des compétitions professionnelles. Pour percer dans ce domaine, il conseille aux jeunes de se former, d’avoir un deuxième métier puisque le bodybuilding n’est pas encore un secteur porteur en Haïti. « L’essentiel, c’est d’avoir la passion », lance-t-il cependant.

L’ambition de l’homme qui a fait notre fierté est de pouvoir remporter bientôt le concours Arnold Classic mis sur pied par Arnold Schwarzenegger, ainsi que celle de pousser d’autres athlètes.



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