L’Ecole Nationale Fabre Nicolas Geffrard dans l'impasse 25 ans après sa fondation

Fondée le 13 août 1993, l’Ecole Nationale Fabre Nicolas Geffrard fonctionne dans une situation lamentable. Cette institution fondamentale qui comprend six enseignants évolue dans l’oubli des responsables du ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle. Le directeur de cet établissement scolaire réclame une meilleure prise en charge du corps professorat qui n’est pas rémunéré depuis tantôt 3 ans.

Publié le 2018-03-07 | Le Nouvelliste

National -

Évoluant sans bureau, sans aucune chaise pour les enseignants, sans matériel didactique, l’enseignement se fait au rabais à l’Ecole Fabre Nicolas Geffrard. Située à Platon, dans la 3e section communale de Chantal tout près de la forteresse Des Platons, cette école nationale regroupe 351 élèves, un directeur administratif et six enseignants, tous sont des contractuels. Cette institution qui, selon le directeur Jhonny Volcy, donne le pain de l’instruction à environ 10 localités de la commune de Chantal, dont Platon, Rampard, La Roc, Bourjolly, est l’unique établissement scolaire de cette région. Le bâtiment logeant l’institution est placé sur les hauteurs de Chantal, dans une route scabreuse non loin de l’Acul-du-Sud.

« Cette institution fondamentale vit des jours sombres après avoir passé le stade communautaire à celui de national », déplore Jhonny Volcy, directeur de l’Ecole Nationale Fabre Nicolas Geffrard de Platon. La nationalisation de cette école, a-t-il expliqué, a eu lieu dans le cadre du Projet de nationalisation des écoles (PRONEC) sous l'administration du Président Martelly. Parmi les doléances enumérées par le directeur Jhonny Volcy, l'absence de frais de fonctionnement, le non-acquittement du salaire des enseignants depuis tantôt trois ans.

Pour sa part, Erntso Gédéon, enseignant en 6e année fondamentale, dit avoir déjà entamé divers mouvements de protestation dans l’annexe du ministère dans le Sud qui, dorénavant, reste sans aucun suivi administratif. Du coup, l'enseignant Gédéon demande que les responsables de l’Éducation nationale leur paient leurs arriérés de salaire des trois dernières années, de façon à les encourager davantage dans l’instruction des enfants de cette communauté.

Jonel Volcy, un jeune enseignant en classe de 5e année fondamentale, garde l’espoir que l’État rectifiera le tir. « Trois ans sans salaire ce n’est pas une mince affaire » lâche-t-il, l’air affligé. Par ailleurs, Jonel Volcy se dit frustré de la situation mais « on est obligé, malgré tout, de se comporter comme un père de famille. Sinon on n’aurait pas pu tenir longtemps sans aucune rémunération », a-t-il ajouté sans cacher sa frustration envers le système éducatif haïtien.

À en croire Hérold Jean Jacques, délégué de ville de la commune de Chantal, les pourpalers vont être entamés avec Emilord Dorval, directeur départemental de l’Education nationale du département du Sud sur la cause des professeurs. Hérold Jean Jacques se dit conscient de la situation et assure qu’avec le soutien du député Hervé Charles, dit Charlito, une prise en charge du dossier sera faite à la direction départementale du Sud.

Emmanuel Moïse Yves yemmanuelmopise@gmail.com Auteur
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