Au feu !!!

Publié le 2018-02-15 | Le Nouvelliste

Editorial -

Ce jeudi, un incendie s’est déclaré dans la zone de Lilavois, dans un orphelinat.

Dans la nuit de lundi à mardi un incendie a ravagé le Marché en fer.

Jeudi dernier, la ville de Port-au-Prince a connu deux petits incendies.

Le premier dans un kiosque de vente d’eau traitée à la rue St-Martin en début de matinée.

Quelques heures plus tard, des flammes avaient embrasé une maison à l’avenue Müller, non loin de la première avenue.

Ces sinistres ont des points en commun. Des flammes assassines. Des origines inconnues. L’impossibilité de faire des enquêtes scientifiques pour en déterminer les causes. Des propriétaires jetés dans la tourmente en l'absence d’assurance.

Ils ont un autre point en commun : l’incapacité du corps des sapeurs-pompiers de Port-au-Prince de circonscrire les fléaux.

Port-au-Prince, siège du gouvernement, du Parlement, du pouvoir judiciaire, capitale économique, capitale commerciale du pays, sa capitale tout court, ne dispose pas de moyens adéquats pour répondre convenablement en cas d’incendie. Aucune ville du pays ne dispose de moyens adéquats pour répondre convenablement en cas d’incendie.

Le service de lutte contre incendie, depuis le départ de Jean-Claude Duvalier, se consume lentement. N’est même plus l’ombre de ce qu’il devrait être. N’existe quasiment plus. Sinon sur le papier.

Il y a certes un local au boulevard Harry Truman. Des carcasses de véhicules végétalisées ou cannibalisées abandonnées dans la cour. Des hommes aux mains nues qui déambulent.

A chaque appel à l’aide, ils sont les premiers à ne pas savoir quoi faire. À se demander quoi faire.

Contrairement à Delmas ou à Carrefour, la mairie de la ville n’a pas la responsabilité du corps des sapeurs-pompiers. D’ailleurs, on ne sait même plus de quelle entité relèvent les pompiers de la capitale.

Le constat de profonde détresse est le seul qui ne souffre d’aucun doute.

Il faut des hommes, de la volonté, de l’argent, des moyens, des méthodes, un système et des responsables pour remonter un service efficace de lutte contre incendie dans chaque agglomération. On le sait, on ne les rassemble pas.

De temps à autre, l’État se contente d’acheter de nouveaux camions de pompiers.

Le pire, cette fois encore, serait de prendre un engin flambant neuf avec une solution réfléchie.

Frantz Duval
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