Marché en fer: Les marchands crachent leur colère suite à l’incendie

Publié le 2018-02-15 | Le Nouvelliste

National -

Plus d’une centaine de marchands du Marché en fer ont manifesté mardi matin peu de temps après qu’un feu a ravagé une partie du marché dans la nuit du 12 au 13 février 2018. La manifestation a démarré alors qu’une pelleteuse de la mairie commençait à nettoyer les lieux. « On n'a pas encore fini d’éteindre le feu qu’ils ont commencé à nettoyer, c’est une façon pour effacer les traces de nos pertes », criait une marchande.

Kitsbert Jean Baptiste regrette qu’aucun constat légal n’ait été fait avant toute autre démarche. « Aucune autorité ne nous a encore rendu visite », s’insurgeait ce jeune vendeur de téléphones portables.

Selon la plupart des marchands arrivés sur place après le sinistre, il s’agit d’un incendie criminel. Des restes de plusieurs lots de pneus enflammés ont été vus à côté du marché. « On ne vend pas de pneus ici », crachait un marchand. Hier soir, j’ai laissé très tard et il n’y avait pas ces pneus ici, a renchéri une marchande.

Tôt mardi matin, alors que l’incendie venait de débuter, des témoins sur place avaient indiqué au Nouvelliste que le feu était dû a des fatras qu’on brûlait. Mal maitrisé, le feu s’était propagé jusqu’au marché après avoir fait des dégâts dans d’autres sites proches du bâtiment.

Des agents de la police scientifique et technique ont été vus sur place, mardi en milieu de journée. Ils n’ont pas voulu s’exprimer au micro des journalistes.

Toute l’aile sud du Marché en fer a été totalement carbonisée. Il en est de même pour la partie du marché Hyppolite se trouvant à côté du marché en fer.

« Le marché a brûlé, il n'y a pas de carnaval », scandaient les marchands au milieu des stands dressés pour le carnaval national au Champ de Mars. Ils se sont arrêtés en face du palais national et aussi en face du stand de la première dame pour réclamer justice.

Sur le visage et dans la voix des marchands c’est la désolation totale. « Ce n’est plus moi qui suis là. Je n’existe plus », a lâché Léones Paul en larmes et la voix enrouée. Il ne reste plus rien à ce jeune homme qui gère un dépôt avec sa femme au marché. « Hier j’ai acheté soixante mille gourdes de marchandises, j’ai aussi payé cinquante mille gourdes de dettes. Maintenant, il ne me reste plus rien », se désolait-il. Pour lui, « c’en est trop ». Il critique le choix des autorités qui ont bloqué plusieurs rues au centre-ville à cause du carnaval.

Léones Paul dit éprouver de la « honte » pour les autorités de Port-au-Prince qui n’ont pas pu intervenir à temps pour éteindre le feu. « Selon ce que j’ai entendu, les camions-citernes qui sont arrivés sur place en premier étaient de Carrefour et de Pétion-ville. Jusqu’à dix heures du matin les pompiers n’arrivaient pas encore à maîtriser le feu.»

Danio Darius
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