À chaque sénateur 25 millions de gourdes

Actuel président du grand Corps, Joseph Lambert a fait savoir, lors de la remise d’engins lourds pour la Caravane du changement dans le Sud-Est, qu’il est prévu dans le budget national un montant de 25 millions de gourdes alloué à chaque sénateur pour réaliser des projets de développement dans leurs départements respectifs.

Publié le 2018-02-09 | Le Nouvelliste

Economie -

« Chaque membre du corps législatif reçoit une indemnité mensuelle à partir de sa prestation de serment », stipule la Constitution haïtienne dans son article 129. Toutefois, ce n’est pas le cas dans la réalité. Les sénateurs et les députés reçoivent toutefois des émoluments pour des occasions exceptionnelles. Outre les subventions accordées occasionnellement aux sénateurs, ces derniers recevront chacun 25 millions de gourdes pour exécuter des projets de développement dans leurs départements respectifs. « Ce montant figure dans le budget du Sénat sous le vocable : Fonds de développement départemental », a affirmé Joseph Lambert, président du Sénat.

S'addressant à la population du Sud-Est, le président du Sénat dit être mis d’accord avec son homologue Dieupie Chérubin pour construire des caniveaux dans plusieurs communautés et localités, dont Zoranje, Lamandou, Brésilienne, etc. « Le président Jovenel Moïse a promis de recouvrir d’asphaltes toutes les rues du département où sont construits des caniveaux pour drainer les eaux », a indiqué Joseph Lambert. Pour sa part, le sénateur de l’Ouest Jean Renel Sénatus a pris une partie de ce fonds, 7 millions de gourdes, pour financer la construction d’un sous-commissariat et d’une place publique dans la commune de Croix-des-Bouquets.

Joint par téléphone, le sénateur Patrice Dumont a confirmé que le Fonds de développement départemental figure vraiment dans le budget du Parlement. C’est l’ancien bureau du Sénat, précise Patrice Dumont, qui a implanté ce fonds. « Ce fonds a suivi la même logique que les fonds communaux créés afin de financer des projets proposés par les députés », a- t-il rappelé. Les Fonds communaux sont insérés dans le budget du ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) tandis que le Fonds de développement départemental se trouve dans le budget du Sénat.

M. Dumont dit ignorer comment chaque sénateur doit recevoir les 25 millions de gourdes. Pour lui, les sénateurs ne devraient recevoir eux-mêmes cette somme ni par chèque ni en liquide. « Je ne suis pas vraiment la personne la mieux placée pour parler du Fonds de développement départemental », a avancé toutefois le sénateur Patrice Dumont. Par contre, l'ex-chroniqueur sportif comprend mieux le mécanisme de financement des projets proposés par les sénateurs au Fonds d’assistance économique et sociale (FAES). « Chaque sénateur peut proposer un ou des projets dont le financement ne dépassera pas 10 millions de gourdes au FAES. Pour l’instant, seulement 3 projets ont été approuvés », a- t-il révélé. « Les sénateurs estiment qu’ils doivent avoir des projets portant leur nom au même titre que les députés », a déploré Patrice Dumont. Les parlementaires s'appuient beaucoup sur les projets réalisés en leur nom pour se faire réélire.

De son côté, l’économiste Kesner Pharel dit entendre également parler de l’existence du Fonds de développement départemental dans le budget du Sénat. Il a cependant affirmé qu’il est encore difficile pour lui de le repérer à partir de la répartition du budget alloué au grand Corps.

Outre l’avantage de financer ou de faire financer leurs propres projets, les sénateurs doivent bénéficier d'un montant de 1,5 million de gourdes comme subvention à plusieurs reprises pendant l’année.

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