La CDB prévoit 2% de croissance pour les Caraïbes et 2.4% pour Haïti

La Banque de développement des Caraïbes (CDB) s’attend à une croissance économique positive pour la région des Caraïbes en 2018. Elle estime toutefois que des mesures de renforcement de la résilience sont nécessaires. C’est ce qui ressort de la traditionnelle conférence de presse annuelle de la CDB qui s’est déroulée le mercredi 7 février 2018 à Bridgetown, capitale de la Barbade, où la banque de développement régionale a établi ses quartiers.

Publié le 2018-02-08 | Le Nouvelliste

Economie -

Une croissance économique régionale de 2% en 2018 est prévue par la CDB qui a aussi calculé que la croissance d’Haïti sera de 2.4%. Des prévisions trois fois meilleures que les chiffres obtenus l'année dernière, quand la région a enregistré une croissance globale de 0,6% dans un contexte de dévastation causée par le passage des ouragans Irma et Maria.

Selon le Dr Justin Ram, directeur économique à la banque, tous les pays membres emprunteurs de la CDB devraient contribuer à ce mouvement positif. Le retour de la croissance à Trinidad-and-Tobago et à un taux de croissance de 2,3% en Jamaïque, qui représente à elle seule environ un cinquième du PIB régional, ont beaucoup contribué à la performance régionale de l’an dernier.

Pour le président de la banque, le Dr William Warren Smith, dans ses observations très générales sur la performance socioéconomique régionale, cette croissance est due au tourisme et à la hausse des prix des matières premières qui ont été profitables à la majorité des membres emprunteurs de la CDB.

L’année dernière, c’est la Grenade qui a enregistré le taux de croissance le plus élevé (4,5%) parmi les pays membres emprunteurs de la CDB. Antigua-et-Barbuda et les îles Turks-and-Caicos ont également enregistré une forte croissance, bien qu'elles aient été directement touchées par les ouragans, tandis que cinq autres pays membres ont connu une croissance négative en 2017. Pour sa part, Haïti a connu une croissance deux fois supérieure (1.2%) à la moyenne régionale (0,6%) et, pour 2018, elle devrait encore doubler (2.4%).

« Les taux de croissance les plus élevés sont prévus pour Anguilla (7%) et la Dominique (6.4%) qui se trouvent en pleine reconstruction après les dégâts causés par les ouragans de 2017. Antigua et Barbuda (5.3%) et les îles Turks and Caicos (4.4%) devraient également connaître une forte croissance », a fait savoir le Dr Ram passant en revue les performances économiques des 19 pays membres emprunteurs de la CDB.

Bien que ce retour à la croissance soit encourageant, a par la suite noté Justin Ram, les Caraïbes accusent toujours un retard par rapport aux autres petits pays en développement. Dans la région, la croissance a été en moyenne de 0,8% depuis 2009, contre une moyenne de 4,8% dans les autres groupes de pays.

« Cette comparaison avec d'autres petits États suggère que la petite taille n'est pas un obstacle à la croissance, mais plutôt d'autres obstacles structurels qui pourraient être la cause de la performance mitigée des Caraïbes », a avancé Justin Ram identifiant le chômage comme étant l’un de ces obstacles structurels. En moyenne, les pays membres, pour lesquels des données sont disponibles, sont confrontés à des taux de chômage à deux chiffres. Selon lui, le chômage des jeunes atteint 40% dans certains pays membres emprunteurs.

Pour que les pays des Caraïbes puissent assurer une croissance et un développement durables et inclusifs, a déclaré le directeur économique, des mesures visant à améliorer la résilience sont nécessaires. Durant sa présentation adressée aux différents médias de la région, le Dr Ram a recommandé la mise en place d’un cadre capable d’aider les pays à renforcer leur résilience. Ce cadre repose sur quatre piliers: résilience macroéconomique, productivité et compétitivité, développement humain, résilience environnementale.

« Nous devons veiller à ce que nous tenions compte de l'intégration régionale et de l'égalité de genre - des thèmes transversaux qui soutiennent et renforcent ces quatre piliers. Il est important que nous renforçions la résilience dans les quatre domaines, qui sont interconnectés », a déclaré le Dr Ram.

En ce qui concerne les mesures stratégiques spécifiques, M. Ram a noté qu'au niveau macroéconomique, les règles budgétaires qui encouragent les gouvernements à épargner devraient être mises en œuvre; et les limites de la dette au PIB devraient être introduites. L'amélioration des soldes budgétaires peut également avoir un impact positif sur les réserves de change, estime le Dr Ram. Alors que les Bahamas et la Barbade déclarent des réserves de change inférieures au seuil de trois mois d’importation.

Le directeur a par ailleurs recommandé que les pays adoptent des réformes qui facilitent leur capacité à faire des affaires, créant ainsi l'environnement propice à une croissance tirée par le secteur privé. C’est très difficile de faire des affaires dans la région et les Caraïbes ne sont toujours pas compétitives dans de nombreux indicateurs, reconnaît Justin Ram, citant une recherche suggérant que si les membres de la CDB mettent en œuvre des réformes, leur PIB pourrait augmenter de 0.15%.

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