Le carnaval va tout éclipser

Echo de l’éco

Publié le 2018-02-02 | Le Nouvelliste

Economie -

Au moment où les crises et les scandales se suivent et se ressemblent dans la plupart des cas, le pays s’apprête à se saouler dans le carnaval. Avant le défilé des trois jours gras dans la capitale, Gonaïves et Jacmel mettent le paquet pour leur grand défilé et invitent la population à la grande bamboche chacune avec leur spécificité. Si l’organisation du carnaval de Port-au-Prince constitue à lui tout seul le « potomitan » de cette grande célébration populaire, le Trésor public sera ou est déjà largement mis à contribution de la fête dans plusieurs communes.

Durant ce week-end, en dépit des palabres provoquées par la résolution du Sénat renvoyant le rapport sénatorial sur la gestion des Fonds PetroCaribe à la Cour supérieure des comptes et du contentieux administratif, les yeux sont davantage rivés sur le carnaval et les potins qui nourrissent l’évènement annuel. Toujours est-il que depuis quelque temps, les municipalités se démènent comme le diable dans un bénitier pour s’octroyer des allocations afin d’organiser des défilés carnavalesques.

Le carnaval est tellement ancré dans la culture haïtienne que personne ne va se risquer à demander son annulation. Cependant, il n’est nullement inopportun de se demander ce qui reste dans les communautés après chaque édition de carnaval. Quel est l’impact réel des injections de fonds publics dans l’économie, si petit soit-il ? De telles interrogations devraient intéresser économistes et sociologues pour ne citer que ces catégories socioprofessionnelles.

L’État haïtien a dû débourser des fonds du Trésor public pour satisfaire ce grand fantasme de « bamboche populaire » très cher aux Haïtiens. Le carnaval est une organisation de grande importance, les politiciens s’emportent, le peuple réclame la débauche pour mieux noyer ses calamités, des opérateurs culturels. Les entreprises de construction, de vente de matériaux de construction, celles qui sont spécialisées dans l’enregistrement de musique, ou la réalisation de vidéoclips sont aux aguets quand elles ne tournent pas à plein régime.

Tout compte fait, après le défilé des trois jours gras, des voix vont s’élever, comme à la fin de chaque élection, dans le camp des ouvriers ou acteurs de ce grand événement afin de réclamer leur dû de la part des responsables. Les années se suivent et se ressemblent en matière d’organisation carnavalesque car jamais rien n’a encore jamais été fait pour empêcher que : « Apre bal tanbou lou ».

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