La mairie de Port-au-Prince dévoile son plan d’action 2017-2018

En présence de divers partenaires publics et privés, l’administration municipale de Port-au-Prince a procédé, le vendredi 2 février 2018, au centre de convention et de documentation de la Banque de la République d’Haïti, à la présentation de son plan d’action 2017-2018. Ledit plan qui comporte 30 actions définira la politique de la mairie pour la commune de Port-au-Prince et ses environs. Divers points du plan d’action ont été présentés et discutés.

Publié le 2018-02-02 | Le Nouvelliste

Economie -

« Pour l’exercice fiscal 2017-2018, les principales actions de la commune sont regroupées en cinq axes », a fait savoir le maire Youri Chevry, intervenant lors de la cérémonie. Aménagement du territoire, environnement et urbanisme ; sécurité publique ; développement économique et gouvernance ; services de base ; loisirs, sport et éducation civique sont, entre autres, différents axes présentés dans un document de 19 pages qui fait état de différents champs d’intervention de la mairie pour chaque axe mentionné.

Considérant le premier axe, la construction du marché Salomon, la règlementation des gares routières et la gestion des déchets entre autres, sont les principaux objectifs de la municipalité. Quant à la gestion des déchets, l’édile de la ville croit que c’est la priorité des priorités. « On procède au fur à mesure à l'augmentation de nos équipements pour entreprendre les premières actions », a-t-il déclaré tout en ajoutant qu’une stratégie de gestion des déchets sera développée et mise en œuvre dans le cadre du plan d’action.

Par ailleurs, la mairie de Port-au-Prince se propose de réaliser une étude sur les potentialités économiques de la commune et ses limites. Ce pour permettre à la municipalité de développer un programme de promotion économique au niveau du territoire. Des aspects comme l’enregistrement des entreprises, la restructuration et la gestion du cimetière de Port-au-Prince et l’augmentation des recettes fiscales ont été abordés pour le développement économique de la ville. Ainsi, par rapport à cette politique, Youri Chevry entend augmenter de 25% les recettes fiscales pour cette année par rapport aux 250 millions de gourdes que son administration a collectées l’année dernière. Ainsi, a-t-il encouragé la population à payer ses impôts pour faciliter l’administration communale dans la réalisation de ses actions.

Questionné sur le coût et le financement du programme, Rosario Dominique, consultant à la mairie de Port-au-Prince, a fait savoir que 600 millions de gourdes sont prévues pour sa réalisation. Il faut souligner que sur un total de 30 actions, 14 sont déjà financées et les 16 autres sont en attente de financement. « La mairie dispose actuellement d’une enveloppe de 200 millions de gourdes, un prêt de l’État central pour ce projet », a confié Rosario Dominique, ajoutant que le projet est dorénavant ouvert aux financements public et privé.

Du coup, le conseil municipal de Port-au-Prince s’est donné un ensemble d’objectifs à atteindre, à travers ce plan d’action, pour satisfaire les besoins de la population et présenter, en même temps, une orientation en termes de développement pour la commune. Comme objectif, selon Rosario Dominique, la mairie tient à rechercher la coordination et la concertation avec l’État central. « La commune ne peut pas se développer sans l’aide de l’État », a-t-il informé dans la perspective d’éviter des chevauchements et pour trouver l’appui nécessaire dans la gestion des affaires locales. Toutefois, il a souligné que le plan d’action de la mairie allait prendre en compte les interventions de l’État pour la ville.

« La décentralisation repose fondamentalement sur la participation des citoyens dans la gestion des affaires publiques », a indiqué Rosario Dominique. Ainsi, les projets et actions de la mairie seront rendus poublics de manière systématique pour une implication accrue de la population dans la gestion des affaires municipales. Et, pour une bonne participation, a-t-il poursuivi, les citoyens doivent être au courant des projets et des plans de la municipalité qui s’inscriront dans une logique de consensus avec les organisations de base dans les différentes zones, de façon à donner une orientation à la population pour la commune.

Par ailleurs, Jacquelin Eugène, représentant du Centre d’étude et de coopération internationale (CECI) a déploré le fait que le plan d’action s’inscrit dans un cadre restreint. Pour lui, ce plan stratégique devrait s’étendre jusqu’à 2020. Il a également déploré l’absence des organismes de développement dans le programme. Il a recommandé à la mairie que l’insertion des activités des partenaires de développement soit considérée dans le plan pour la ville de Port-au-Prince.

Ce plan d’action pour l’exercice 2017-2018 propose la vision globale des actions de la mairie pour renforcer l’administration municipale afin de répondre aux défis auxquels est confrontée la commune. Toutefois, a précisé le consultant de la mairie, ce projet est sujet à révision en fonction de l’État et des partenaires techniques et financiers.

Emmanuel Moïse Yves yemmanuelmoise@gmail.com Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article