Davos: le Brésil est de retour

Publié le 2018-02-02 | Le Nouvelliste

Economie -

Mon activité internationale pour l’année 2018 a commencé à la réunion du Forum économique mondial à Davos, en Suisse. À différents moments, j’ai eu l’occasion de m’adresser à un public international, composé de personnalités politiques, d’hommes et de femmes d’affaires, de leaders d’opinion. Une fois de plus, j’ai parlé du programme de réformes qui est en train de transformer le Brésil.

Nous avons tourné la page de la crise économique parce que nous avons su dire non au populisme et agir avec responsabilité. Mû par une vision de long terme, notre gouvernement construit, dans un dialogue permanent avec le Congrès national et la société, les bases d’un État efficace, qui offre aux citoyens des services de qualité, dans les limites d’un budget équilibré. Ce sont aussi les bases d’une croissance durable, indispensable pour mener à bien le développement du pays et sortir réellement de la pauvreté des millions de Brésiliens.

En un peu plus d’un an et demi de gouvernement, nous avons affirmé, dans la pratique, notre engagement vis-à-vis de l’équilibre budgétaire. Les résultats sont là. L’inflation a chuté et est à nouveau maitrisée. Les taux de change se sont stabilisés. Les taux d’intérêts ont atteint leur plus bas niveau. C’est avec des réalisations et non des volontarismes, que nous avons restauré la confiance dans l’économie brésilienne – une confiance qui apparaît déjà dans la reprise de l’activité industrielle, dans la vitalité du commerce extérieur, dans le retour à l’emploi.

Les investisseurs qui observent le Brésil actuel voient un gouvernement qui travaille avec des diagnostics précis et qui applique des solutions éprouvées. Ils perçoivent une équipe gouvernementale engagée à redynamiser l’environnement d’affaires. Partout, nous avons éliminé les lourdeurs bureaucratiques qui entravaient la route des entrepreneurs – il est désormais plus facile de créer une entreprise, d’importer, ou d’exporter. La modernisation du code du travail, qui est déjà entrée en vigueur, est un jalon particulièrement important de nos efforts pour adapter le Brésil aux réalités de l’économie contemporaine, sans porter atteinte aux droits des travailleurs. Nous avons encore à l’horizon une simplification fiscale qui rendra le paiement d’impôts plus rapide et rationnel. Tout ceci annonce la tendance d’un Brésil où il y a de plus en plus de liberté économique.

Des finances publiques saines et un secteur privé compétitif sont essentiels à la croissance durable, tout comme le sont des infrastructures de qualité, compatibles avec le vaste potentiel de notre pays. C’est pour cela que je présenterai également à Davos les multiples opportunités du programme de concessions et de privatisations du gouvernement fédéral « Avancer, Partenariats ». Le modèle que nous avons mis en place offre des règles bien définies et stables, et renforce la sécurité juridique. Ce n’est pas un hasard s’il suscite un fort intérêt à travers le monde. Jusqu’à présent, nous avons conclu plus de 70 projets qui concernent les routes, les ports, les aéroports, les lignes de transmission, et les gisements de gaz et de pétrole. Ces investissements sont estimés à 44 milliards de dollars. En 2018, 75 autres projets seront proposés, comprenant aussi des lignes ferroviaires et qui devraient attirer plus de 40 milliards de dollars.

Le programme de réformes renforcera la crédibilité de l’économie, la faisant entrer dans un cycle pérenne de croissance.

Les changements que traverse le Brésil, qui le préparent d’autant mieux à affronter les défis du XXIème siècle, n’interviennent pas qu’au niveau national. Nous agissons aussi en politique étrangère dans un esprit d’ouverture: en effet, on aurait tort de penser que, dans le monde actuel, le développement est possible dans un contexte de repli économique. Nos efforts visant à améliorer et à approfondir l’intégration commencent dans la région, au sein du Mercosur: avec ses partenaires, le Brésil met en œuvre un programme fondé, entre autres, sur la promotion du libre-échange. Outre ce projet de supprimer les obstacles au commerce intra bloc, nous encourageons le rapprochement avec les pays de l’Alliance du Pacifique. Pour la première fois depuis 20 ans, nous avons des perspectives réalistes de conclure un accord entre le Mercosur et l’Union européenne – accord qui sera, nous l’espérons, complet et équilibré, et qui tiendra véritablement compte des intérêts de la société brésilienne. Enfin, nous avons ouvert de nouveaux fronts de négociations avec des partenaires des quatre coins du monde.

Il est incontestable, si l’on reste objectif, que le Brésil a parcouru sous notre gouvernement un chemin considérable, et ce, à une cadence accélérée. Nous avons beaucoup avancé, toujours sur la base du dialogue – matière-première de la démocratie - et avec la volonté sincère de rapprocher les positions divergentes et de proposer des réponses efficaces aux besoins du pays.

Le défi qui se pose à nous à présent, et auquel nous nous consacrons entièrement, est celui de la réforme des retraites. À Davos, j’ai réitéré mon engagement envers un système de protection juste et viable sur le long terme, qui corresponde à l’évolution démographique de notre population. C’est une promesse que je renouvèle avant tout aux Brésiliens, notamment aux plus pauvres – après tout, le système actuel ne fait que transférer les revenus des plus modestes à ceux qui en ont le moins besoin. La réforme mettra fin aux privilèges et garantira le paiement des retraites d’aujourd’hui et de demain. Elle renforcera la crédibilité de l’économie brésilienne, en ouvrant un cycle pérenne de croissance.

C’est avec un courage et une volonté redoublés que nous faisons face aux questions soulevées par ce moment historique, et qui se posent à toute la nation. Je n’ai aucun doute que, une fois de plus, les difficultés seront surmontées et que l’intérêt général prévaudra. Le Brésil est un grand pays, doté de nombreux atouts. Il représente un marché de plus de 200 millions de consommateurs, et possède une abondance de ressources naturelles. Nous sommes un peuple créatif et travailleur. Notre industrie est diversifiée, et notre agriculture hautement productive. Notre bouquet énergétique est l’un des plus verts du monde. Nous sommes un pays aux proportions continentales, éloigné des foyers de tension géopolitique. Ce ne sont là que quelques-uns des facteurs qui depuis toujours font du Brésil une destination attractive pour les investisseurs. Le problème, ces derniers temps, est que le pays avait perdu le cap.

Donc, ce que notre gouvernement a fait de nouveau, c’est de remettre le Brésil dans la bonne direction. Dès le début, nous avions une vision claire de la voie que nous devions suivre: celle de la responsabilité, de l’ouverture, des libertés. Et de cette voie, nous ne nous sommes pas détournés – et ne nous détournerons pas. Tel est le message que je transmets aux Brésiliens et que j’ai porté à Davos.

Article de Michel Temer, publié le 22 janvier dans le journal Valor Econômico

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