BIC vin di nou « Ayiti sou wout li pa t dwe ye »

Et c’est parti pour un 2e tour au carnaval avec le chanteur BIC. Revêtant toujours son armure de défenseur de la nation, c’est cette même ferveur qui anime Tizondife, qui revient au carnaval cette année avec ses sempiternelles revendications. Après « ABA », sa meringue carnavalesque de l’année 2017, il nous propose cette fois « Ayiti sou wout li pat dwe ye ». Un morceau qui diffère du précédent que du titre, compte tenu de la similitude au niveau du fond des deux méringues. Sorti le 13 janvier 2018, « Ayiti sou wout li pa dwe ye », a été sanctionné positivement par le public.

Publié le 2018-01-31 | Le Nouvelliste

Culture -

Une radiographie de la société haïtienne, voilà ce que BIC présente dans sa méringue carnavalesque. À l’instar de Molière, il dénonce non sans ironie certains déboires de la communauté haïtienne, et accuse ceux qui, d’après lui, en sont responsables.

« Mèsi pou ti sourit yo

ki anpeche m dòmi yo

Majistra yo mèsi

Pou timoun ki gen dwa

achte alkòl ak sigarèt yo

Palemantè mèsi

Kenedi bal pèpè k ap touye

koutiryè nou yo

Defans nasyonal mèsi

Sòs pye poul, zèl kodenn

sou tèt diri plastik yo

Pwodiksyon nasyonal mèsi! »

Des paroles qui laissent entrevoir cette facette de lui, qui manie bien la plume tout en faisant danser ses mots au rythme de sa musique.

À part qu’il soit réalisé pour la période carnavalesque, ce nouveau track de BIC, de son vrai nom Roosevelt Saillant, est comparable à presque tous les tubes des 6 albums réunis de l’artiste : Revendications encore, revendications toujours. Il croit en la pérennité de ses œuvres et se dit rassuré quant aux fruits que celles-ci apporteront. « Èv mwen yo ap viv pi lontan pase m, donk y ap la pou temwanye ke m te gen rezon nan anpil bagay », balance l’artiste fièrement. D’une voix proche de celles des dessins animés de Disney Walt, Tiroro semble être le fidèle accompagnateur de Tizondife. Ayant prêté sa voix à l’artiste pour le tube « Pote kòd », Tiroro chante encore une fois avec BIC sur sa méringue carnavalesque de 2018. Il représente la caricature de ce jeune garçon qui remue ciel et terre pour se faire remarquer. « Tiroro se imaj chak ti jenn nan peyi a », informe l’auteur de « Youn nan yo, Ti Mari bèl gazèl, Mèsi manman… »

Le carnaval représente pour l’artiste la plus grande manifestation culturelle du pays, et c’est aussi une plateforme où Haïti a l’occasion de s’ouvrir au monde entier afin de faire valoir ses couleurs locales. BIC se dit indigné de la tournure du carnaval ces derniers temps ; un moyen pour certains de discréditer d’autres, un espace politisé, et une époque où la nudité devient monnaie courante. Il continue pour avouer, avec une pointe de regret dans la voix : « Sa fè m mal pitit mwen pa ka al nan kanaval.» Une affirmation qui revient encore dans les propos du chanteur, quand il raconte les raisons pour lesquelles il ne s’intéresse pas encore à ce qu’un char lui soit octroyé. « M pa anvi pitit mwen fimen ak bwè paske l te konn tande m ap fè pwopagann pou sa ; si on jou l ap fè sa, se ap on chwa pèsonèl », ajoute-t-il.

BIC se donne maintenant à fond pour la sortie de son prochain album qui se fera sans nul doute cette année. En attendant, sa méringue carnavalesque reste de loin celle qui se démarque des éternels « Leve mayo anlè », sans lesquels, selon plus d’un, il n’y aurait pas de carnaval. « Ayiti sou wout li pa t dwe ye », se sa atis la vin di nou.

Darline Honoré darlinehonore1324@gmail.com Auteur
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