Le secteur vaudou réclame sa place dans le défilé carnavalesque

Pour plaider l’intégration des groupes racines dans le carnaval 2018, le représentant du secteur vaudou, Augustin Saint-Cloud, a réuni la presse, le mercredi 24 janvier, à Alvarez Restaurant. Après sept ans d’absence dans cette grande réjouissance populaire, ce secteur a les yeux grands ouverts sur les jours gras.

Publié le 2018-01-26 | Le Nouvelliste

Culture -

Mariah C. Shéba BAPTISTE

« D’ici lundi, si les mesures pour intégrer le vaudou dans la programmation du carnaval ne sont pas prises, le secteur vaudou gagnera les rues de la capitale pour protester », a prévenu le représentant du secteur vaudou, Augustin Saint-Cloud.

Depuis sept années, le vaudou est mis hors jeu durant les jours gras, a précisé Saint-Cloud. La musique racine, d’après lui, devrait être la première à être promue dans ce défilé. Il se dit amer de voir la culture du peuple haïtien foulée au pied par une certaine élite. Il dit constater que cette culture est de plus en plus rejetée par les autorités à qui le souverain a donné mandat pour défendre la diversité culturelle du peuple haïtien.

Le comité responsable d’organiser le carnaval ne prend pas en compte des artistes racines et ne les autorise pas à avoir des chars et de jouir des droits de ce secteur dans la société haïtienne. Aussi Saint-Cloud a-t-il invité la présidence à rendre justice au secteur vaudou. En ce sens, il dit qu’il garde les yeux grands ouverts sur la programmation que le comité est en train d’établir. Ce coup, a-t-il fait comprendre, ne passera pas dans ce carnaval qui a choisi pour thème « Ayiti sou wout chanjman an ».

Le vaudou a sa place, a-t-il souligné, dans la mesure où il a son cachet particulier. Ses rythmes, ses danses, le son des tambours qui parlent à l’âme haïtienne sont autant de touches artistiques et culturelles qui pourraient donner le ton à cet évènement aux mille couleurs. «Le vaudou est la culture de notre pays et le carnaval est l’évènement destiné à promouvoir la culture de notre pays, donc le carnaval, c’est l’affaire du vaudou », a-t-il argumenté pour frapper les esprits.

« Ayiti sou wout chanjman an. » Où est ce changement s’il n’y a pas une politique d’inclusion ? s’est-il demandé. « On ne peut pas les laisser détruire la culture du pays comme ça sous nos yeux. Ce patrimoine est aussi à nous. On doit le protéger», a-t-il martelé en prenant les ancêtres à témoin dans ce combat qu’il engage pour le triomphe des idées qui appellent à l’inclusion.

« Haïti est une terre mystique et vaudoue, les groupes racines représentant le secteur vaudou sont les porte-parole de la culture haïtienne », persiste et signe Saint-Cloud qui réclame une grande mobilisation sur le béton.

Mariah C. Shéba BAPTISTE Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article