Haïti cherche encore l’an zéro…

Echo de l’éco

Publié le 2018-01-12 | Le Nouvelliste

Economie -

Les survivants du 12 janvier 2010 ont en grande majorité cru que cette date charnière de notre histoire récente de peuple allait marquer un nouveau démarrage, un nouveau départ. L’occasion était tout indiquée. Les rêves étaient grands, multiples. Tous les termes étaient utilisés pour parler de la renaissance tant souhaitée d’Haïti : relance économique, reconstruction du pays, refondation, recapitalisation, etc. Mais, à mesure que le temps passe, la réalité post-séisme a tendance à s’éterniser. On perd peu à peu espoir. Le grand rêve s’est vite volatilisé au fil des jours et des années ayant suivi la catastrophe. Et 8 ans plus tard, la grande reconstruction tant attendue est toujours dans les limbes.

On a beau espérer que le meilleur relèvement serait une nouvelle structuration du mental haïtien. Mais encore et encore rien ne se produit. La construction de bâtiments, la refondation territoriale, la refondation économique, dans le domaine de l’environnement, le séisme et ses enseignements n’ont appris grand-chose à la génération qui a tant vécu de ce cataclysme. Huit ans après, les mauvaises habitudes ont toujours la vie dure.

A bien regarder les modes de construction dans toute la zone métropolitaine de Port-au-Prince et dans les villes de province, les meilleures leçons du sinistre n’ont pas été gravées dans les mémoires, et ce aussi bien dans le rang des autorités, des politiques de tout bord qu’au sein de la population civile qui ne rechigne pas à construire des habitations de fortune même dans le lit des cours d'eau. Huit ans après, les mauvaises habitudes ont toujours la vie dure. En plus des dommages du séisme, le fléau de la corruption s’est renforcé et ramifié pour le plus grand malheur du pays et particulièrement les victimes du séisme.

Loin d’être blâmés, jugés et condamnés, les corrompus et les corrupteurs exhibent leurs prouesses à la vue des humbles gens. La lutte contre la corruption étant devenue un slogan pour amuser la galerie. De toute façon, on ne peut rien espérer dans un pays où les responsables se plaisent à dire : « La richesse est une vertu. »

Les expériences du 12 janvier 2010 semblent figées dans le temps ou tout simplement ont été enterrées par la grande majorité juste aux lendemains de la catastrophe. Le palais présidentiel est encore à reconstruire et en cette date du 12 janvier 2018 où le président a procédé à la pose de la première pierre de la reconstruction du Palais, Jovenel Moïse a même fait appel à la solidarité du peuple haïtien, a sollicité sa contribution dans la reconstruction de cet édifice, un des symboles parmi les plus représentatifs de l’État-nation.

Les locaux devant abriter le palais législatif n’ont pas été reconstruits. Et que dire des différentes institutions qui composent l’État, dont certains ministères, huit ans après. L’électrochoc que devraient constituer les évènements douloureux fait figure d’un pétard mouillé aux yeux des étrangers et des nationaux. Bref, nous n’avons pas appris grand-chose, sinon rien de ce qui devrait être l’an zéro.

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