Pierre-Marie Boisson prône une solution pour développer l’économie

Publié le 2018-01-11 | Le Nouvelliste

Economie -

Une politique économique tournée vers l’exportation, c’est la seule solution pour développer l’économie haïtienne, de l’avis de Pierre-Marie Boisson, qui participait récemment à la troisième émission du Group Croissance, intitulée Grands rendez-vous économiques, diffusée sur Radio Télé Métropole. Le président du conseil d’administration de la Sogesol a affirmé que c’est la voie empruntée par tous les pays qui se trouvaient à un certain moment dans la même situation que Haïti et qui, maintenant, sont sortis de l’ornière du sous-développement. La République dominicaine et la Corée du Sud ont été citées à titre d’exemple. Quant à la dernière, son produit intérieur brut (PIB) par habitant est passé de 60 en 1960 à plus de 32 500 dollars aujourd'hui.

« Vous avez une population pauvre qui n’a pas vraiment de pouvoir d’achat. Donc, votre marché est petit. Alors, le marché par excellence pour développer l’économie haïtienne est à l’extérieur du pays. Dans ce cas, l’exportation est incontournable », a indiqué Pierre-Marie Boisson, soulignant que le marché de l’alimentation en est une exception puisque le panier alimentaire absorbe 50% des revenus des ménages. « Vous devez vous tourner vers l’exportation, a préconisé le numéro un de la Sogesol. C’est bien ce qu’a fait la République dominicaine. » Sur ce point, M. Boisson rappelle qu’il y a l'exportation de biens et l'exportation de services.

Il est possible, de l’avis de Pierre-Marie Boisson, de développer un pays par l’exportation dite invisible, en l’occurrence le tourisme. « C’est aussi une forme d’exportation, le tourisme. La république dominicaine a su développer son industrie touristique, ses zones franches et les centres d’appels », a-t-il déclaré, précisant que la République voisine a fait un choix depuis longtemps, celui de développer son tourisme. L’économiste Kesner Pharel, le présentateur de l’émission, a fait savoir que la République dominicaine a reçu l’année dernière environ six millions de touristes.

« Il n’y a pas beaucoup de secteurs économiques dans le pays qui peuvent faciliter une relance de l’économie à un niveau acceptable. L’exportation est la seule solution. Un fois que vous arrivez à développer l’emploi et la classe moyenne qui est une classe de consommateurs, vous pouvez parler d’une économie qui se développe de façon endogène », a soutenu Pierre-Marie Boisson, précisant qu’il est possible de tourner l’économie vers la consommation puisque les gens disposent d’un pouvoir d’achat. Il a pris l’exemple de la Chine pour illustrer ses dires. « La Chine avait, dix ans de cela, 45% de son PIB exporté. Aujourd’hui, elle exporte seulement 20% de son PIB. La Chine a un plan quinquennal visant à tourner l’économie vers la consommation locale, mais ce n’est qu’après 30 ans », a souligné M. Boisson.

Pour l’exercice 2016-2017, les exportations d’Haïti ont chuté considérablement et se sont chiffrées autour de 980 millions de dollars américains. Par contre, les importations ont augmenté et atteint le chiffre record de 4,7 milliards de gourdes.

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