Dialogue/Stabilité politique

Les états généraux sectoriels : que veut faire Jovenel Moïse ?

Publié le 2018-01-12 | Le Nouvelliste

National -

Au cours de l’année 2017, le président de la République a rencontré presque tous les secteurs de la société sur des sujets divers. Ces rencontres, selon le Palais national, constituent des préliminaires aux états généraux sectoriels. Cependant, rien n’a été encore dit sur comment et quand ils vont commencer…

Aux Gonaïves, le 1er janvier 2018, le président de la République a lancé les états généraux sectoriels. Jovenel Moïse veut construire « une croyance supérieure qui va cimenter la société et la fortifier ». Selon lui, grâce à ces assises, les témoignages recueillis permettront de trouver le chemin critique pour arriver à « la volonté de faire route ensemble. Faire route ensemble, pour une société, c’est apprendre à s’autolimiter pour se donner les moyens de contenir la démesure, les pulsions destructrices qui bouillonnent dans l’inconscient de toute communauté humaine », a-t-il dit.

À travers les états généraux, le chef de l’État souhaite aussi faire admettre qu’une loi commune est nécessaire et qu’on ne peut pas faire n’importe quoi. « Seule une croyance partagée permet de contenir les dérives populistes, démagogiques, tyranniques, qu’elles viennent du dehors ou du dedans », de l’avis du président.

Cependant, plusieurs proches du chef de l’État contactés par Le Nouvelliste ne sont pas en mesure de dire quand vont avoir lieu ces états généraux sectoriels de la nation, ni quelle méthodologie sera utilisée pour les assises.

« Non, il n'y a pas encore de date précise pour lancer les états généraux », a indiqué au Nouvelliste un proche conseiller de Jovenel Moïse. Il a souligné que cela devrait être fait d’ici mi-janvier 2018. Mais, a-t-il ajouté, il revient au chef de l’État d’annoncer publiquement et officiellement le début des états généraux.

S’agissant de la méthodologie qui sera utilisée, ce conseiller ne pouvait rien dire au journal.

Devant l’Assemblée nationale, lundi dernier, le locataire du Palais national a rappelé qu’au cours de ses rencontres en 2017 avec des compatriotes de tous les secteurs, certains avaient parlé de conférence nationale et d’autres de dialogue national en lieu et place des états généraux sectoriels. « En fin de compte, l’objectif est le même : trouver un consensus politique et social autour d’un programme de développement irréversible, à exécuter sur une période d’au moins 25 ans, pour sortir le pays définitivement de son statut d’État failli qui ne fait pas honneur aux sacrifices de nos ancêtres », a affirmé le président Moïse.

Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains comme le CARDH, le RNDDH, la POHDH, la CE-JILAP et le CEDH, qui avaient refusé de rencontrer le chef de l’État, exigent un « vrai dialogue national avant les états généraux, qu’ils soient sectoriels, régionaux ou autres. Le dialogue national serait le préalable pour répondre aux questions suivantes : Où en sommes-nous ? Pourquoi ? Sur quoi doit porter la conférence ? Quels mécanismes à mettre en place pour réaliser la conférence nationale ? À quelle fin? »

« Pour lancer officiellement le processus, le président doit inviter les secteurs politique, économique et social, avec un agenda clairement établi, pour discuter sur les mécanismes à instaurer afin de jeter les bases nécessaires y relatives. Suite aux discussions, qui peuvent être sectorielles ou générales, une structure, reflétant toutes les tendances, devrait être officiellement créée par arrêté présidentiel », avaient demandé ces organisations.

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