Haïti-Université publique en région

UPAG: Des nouveaux diplômés au grade de licence prêts pour le marché de l’emploi

Environ 200 étudiants de la promotion portant le nom du célèbre humoriste gonaïvien Maurice Sixto de l’Université publique de l’Artibonite aux Gonaïves (UPAG) ont reçu, le mercredi 10 janvier, leur parchemin qui leur atteste désormais une certaine compétence à investir le marché de l’emploi en Haïti. Parents, amis, autorités civiles et policières, les membres du décanat, du corps professoral et autres ont répondu en grand nombre à cette cérémonie consacrée à la collation de diplômes de ces étudiants qui, en dépit des conditions difficiles d'études universitaires en Haïti, sont parvenus à boucler le premier cycle.

Publié le 2018-01-12 | Le Nouvelliste

National -

C’est la sixième cohorte de jeunes étudiants diplômés au grade de licence en sciences de l’éducation, sciences infirmières, sciences économiques, comptables et de gestion, disposée sur le marché de l’emploi par l’Université publique de l’Artibonite aux Gonaïves qui fonctionne depuis 2007. Même avec un maigre budget, l’UPAG, dont la mission consiste, entre autres, comme pour les autres universités publiques en région (UPR), à doter les régions, les collectivités de ressources humaines compétentes et qualifiées, s’impose de plus en plus comme une référence en matière d’enseignement supérieur, se félicitent les dirigeants évoquant la satisfaction de plusieurs responsables d’institutions publiques et privées dans lesquelles évoluent certains étudiants diplômés.

Au cours de la messe eucharistique chantée à la cathédrale du souvenir des Gonaïves pour l’occasion, le célébrant principal, le prêtre Donald Rély, a félicité les efforts consentis par ces étudiants pour boucler leurs études de premier cycle. Il les a invités à faire preuve de bonne conscience et de respect de chacun dans l’exercice de leur profession. À l’instar du prêtre, le parrain et la marraine de la promotion, triés sur le volet, ne se sont pas lassés de prodiguer des conseils porteurs d'espoir à l'endroit de ces jeunes personnes. Ces derniers, qui ont acquis un certain savoir au sein de l'UPAG, après maints sacrifices et nuits blanches, ont été appelés à servir la nation avec rigueur et professionnalisme. Fiers d'avoir été choisis comme parrain et marraine de cette nouvelle cohorte d'étudiants de cette Université publique régionale, le sénateur Youri Latortue, ancien président du Sénat de la République, et Régine Lamur, ministre des Sports et de la Jeunesse, ont promis leur plein support. Ces deux responsables d’État, en leur titre et qualité, promettent d'accompagner ces jeunes universitaires tout au long de leur parcours professionnel.

Mandaté, de son côté, à soumettre les doléances de ses collègues diplômés, Ricardo Séjour, président de la promotion sortante, n'a pas manqué de dénoncer mais surtout d’attirer l'attention de l’assistance sur des mauvaises pratiques consistant à placer des gens incompétents dans l'administration publique. Dans son discours fleuve et percutant en la circonstance, le jeune universitaire fustige l’État haïtien qui, malgré les carences en cadres dans l’administration publique, peine à intégrer des jeunes ressources qualifiées et compétentes dans le système. Même avec la volonté et la détermination de beaucoup d’entre eux à servir, l’État, déplore-t-il, ne crée pas les conditions nécessaires de les intégrer. Et d’ajouter, s’adressant à la jeunesse haïtienne, qu’elle « doit cesser de dire que le pays ne lui offre rien, car il n’a rien à offrir, qu’elle doit cesser de fuir le pays, puisque ce dernier a besoin de ces fils et filles pour pouvoir sortir de son marasme.

Déjà 10 ans qu’elle contribue dans la formation d’un bon nombre de jeunes dans la région, l’UPAG s’impose de plus en plus comme une institution universitaire aux Gonaïves. Le recteur Roldano Auguste évoque « une décentralisation » de l’enseignement supérieur en Haïti, avec l’existence des Universités publiques en région (UPR) fonctionnant sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale. Il a profité pour annoncer un ensemble de projets qui, dans la foulée, vont diversifier les programmes de formation de l’UPAG. Outre l’instauration de plusieurs laboratoires de recherches, les responsables comptent particulièrement créer une maîtrise en gestion de soins de santé et de centres hospitaliers, une maitrise en sciences de l’éducation avec une spécialisation en éducation préscolaire, une unité de recherche en éducation préscolaire (UREP), un Institut universitaire de langues modernes (INULAM) prévu pour l’été 2018, une maîtrise en Justice criminelle avec une concentration en criminologie, une bibliothèque numérique cyberlibris disponible sur le site de l’UPAG.

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