Court-métrage de Kendy Vérilus sur nos disparus du 12 janvier 2010

Publié le 2018-01-10 | Le Nouvelliste

Culture -

La musique de Manno Charlemagne accompagne « Haïti, l'année zéro » de Kendy Vérilus, un court-métrage produit en 2013. Cette musique plane sur différents quartiers de Port-au-Prince, bas de la ville, Carrefour-Feuilles, Turgeau, Delmas, etc. Le réalisateur de ce documentaire de 61 minutes, tout de suite après le séisme du 12 janvier, avait commencé à capter des images sans avoir l'idée de faire un film documentaire. « Au fur et à mesure que je traversais la ville avec ma caméra je réalisais que l'ampleur du séisme était beaucoup plus grande que je l'avais imaginé. Durant les premiers jours, j'ai entendu la voix des gens coincés entre béton et bitume et, là aussi, j'ai découvert mon impuissance. L'idée de faire un film m'est venue pour payer mon respect aux victimes de cet après-midi sans fin », raconte ce jeune cinéaste qui a déjà réalisé plusieurs courts-métrages et documentaires. « Thompson le Grand » (2004), fiction de 13 minutes qui avait été sélectionnée au Festival du Film de New York et au festival du film de Jacmel ; « La danse des pieds » (2005), documentaire expérimental de 13 minutes sélectionné au Festival Cinamazonia en Guyane française ; « Libéra San fen » (2012), fiction de 13 minutes qui lui a permis de participer à la deuxième rencontre des cinéastes de l'ABCD en République dominicaine.

Dans ce film traversé par beaucoup d'émotion, les airs du regretté Emmanuel Charlemagne accompagnent les douleurs. Le P.D.G. de Radio Mélodie FM, Marcus Garcia, raconte la mort de sa femme qui a péri dans sa maison non loin de la radio, où Marcus, rude travailleur, préparait son édition de nouvelles. Tel un journaliste, Kendy Vérilus a tendu son micro à Dany Laferrière, Max Beauvoir, Thomas Spear, et Edwidge Danticat. D’autres voix sont venues amplifier ce documentaire, : l’ingénieur-géologue Claude Prépetit, ensuite les officiels d’alors, Jean-Max Bellerive, Marie Laurence Jocelyn-Lassègue et l’ex-président américain Bill Clinton.

Dans ce documentaire, Kendy a montré un talent de journaliste, doublé d’un artiste. « Le travail du journaliste se rapproche de celui du réalisateur de film documentaire dans la mesure où les deux cherchent la vérité. Dans ce projet, cela va sans dire, j'ai voulu faire du « cinéma de vérité ». Le volet art dans « Haïti, l'année zéro », c'est surtout le choix de la mise en scène. Il y a 10 000 façons de présenter une histoire comme celle dite dans « Haïti, l'année zéro ». Ma sensibilité artistique m'a permis de faire choix d'une musique appropriée, du défilement des images dans un certain ordre et cela a donné le résultat que vous savez. »

Pour ce court métrage, il n’avait pas trouvé de financement. Le réalisateur confie : « Jusqu'ici, l'idée était de faire un film par devoir de mémoire pour rendre hommage aux disparus du 12 janvier 2010. J'ai utilisé mes fonds propres dans cette entreprise afin que le film puisse atteindre un public plus nombreux. Les institutions haïtiennes seront les bienvenues pour la production des DVD. »

Wébert Lahens webblahens@yahoo.fr Auteur
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