Des Gonaïviennes s’impliquent pour une meilleure image de la jeunesse

Afin de préserver les valeurs auxquelles la ville de Jacques Stephen Alexis tient, le Regroupement autonome de filles avisées pour une société gonaïvienne plus évoluée (RAFSASGE) a tenu une riche soirée culturelle le 29 décembre dernier au Village des dattes, aux Gonaïves.

Publié le 2018-01-26 | Le Nouvelliste

Culture -

Depuis quelques années, cette association qui veut ouvrir d'autres horizons aux jeunes filles de la ville des Gonaïves s'est taillé une place remarquable dans la cité de l’Indépendance.

Le 29 décembre dernier, une soirée de fin d’année (qui n’est pas à sa première édition), baptisée les Couleurs de l’avenir, a donné à voir la femme à travers l’art. « Avec les Couleurs de l’avenir, nous essayons d’abord de permettre aux filles de RAFSASGE de faire étalage de leurs talents. Nous avons des chanteuses, des danseuses, des modistes, des actrices de théâtre », a confié Miguel Romain, conseiller de ladite association. « Parallèlement, a-t-il ajouté, nous essayons de faire ressortir les vicissitudes auxquelles les femmes doivent quotidiennement faire face en Haïti. En décembre 2016, nous avons fait la représentation théâtrale de Léa kokoye, une audience de Maurice Sixto qui montre les injustices sociales dont sont victimes certaines femmes.»

L’objectif de la fondation de RAFSASGE était de travailler avec des jeunes Gonaïviennes de 16 à 29 ans afin de projeter une meilleure image de la jeunesse, en particulier des filles de la cité de l’Indépendance. «Nous avons voulu réaliser cela en offrant aux jeunes filles des moyens de devenir plus confiantes et plus cultivées, de souligné Miguel Romain, avant d'ajouter : « en fait, des séminaires, des conférences, des séances de formation, des excursions dans des sites historiques et culturels, l'organisation de spectacles et de soirées culturelles et artistiques sont autant d’activités que nous comptons réaliser afin de soulever chez les jeunes filles la passion pour les choses instructives et du même coup leur permettre d’exposer leurs talents.»

Parmi les quatres chorégraphies de la soirée du 29 décembre dernier, deux ont heurté l’esprit des spectateurs. Un défilé de mode avec des jeunes filles dans différents rôles basés sur l’évolution des femmes dans la société à travers le temps, n’a pas laissé le public indifférent. De la femme de ménage à l'avocate, en passant par la professeure, le médecin, la travailleuse sexuelle, la mécanicienne etc. La représentation a ébloui le public en exposant au grand jour les contrastes sociaux et l’échelle sociale qui reste encore à gravir.

« Move tan pa gen remèd», une pièce inédite de l’écrivain Jean-Euphèle Milcé, a été jouée avec brio par des jeunes filles de l’association dont Ashlendrilaine Joseney, Dornachka Célestin, Ludmilla Georges, Venette Monexant et un jeune garçon dans le rôle d’un père qui s’enracine dans les traditions où la dominance de l’homme ne doit pas être remise en cause dans un système patriarcal. Au-delà de l’entraide et de la solidarité féminine, cette pièce donnait à voir le sens de l’engagement et la volonté de s’épanouir en dehors du carcan qu’on donne aux femmes. Ces actrices ont incarné des filles et des femmes qui verront se dessiner l’espoir et l’envie de se réaliser en tant que personne.

Ils s’approprient et embrassent, à RAFSASGE, certains aspects clés du féminisme : «puisque le féminisme est un mouvement international qui vise l’émancipation totale de la femme et la pleine égalité de celle-ci avec l'homme, nous faisons aussi de cette lutte la nôtre afin que les femmes puissent avoir les mêmes opportunités et les mêmes droits que les hommes, que ce soit dans le milieu de travail, à la maison, dans les écoles ou dans les devoirs civiques et sociaux.»

Vita Pierre et sa co-animatrice Fritzie S. Thelus ont conduit la soirée du 29 décembre dernier, organisée dans le but d’apporter un peu de diversité dans les festivités de fin d’année aux Gonaïves, puisque depuis des décennies ces fêtes se résument en bals, programmes de DJ, programmes nocturnes de basket-ball et de football.

Officiellement, RAFSASGE a pris naissance en octobre 2015.

De par leur devise «Fille avisée, espoir de demain», leur vision est de rassembler des jeunes filles de la ville des Gonaïves dans un vaste mouvement de conscientisation, d’éducation et de leadership en vue de leur épanouissement sur le plan culturel, social, intellectuel et économique.

Eunice Eliazar eunice18271@gmail.com Auteur
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