Que doit-on corriger en 2018 ?

Publié le 2018-01-04 | Le Nouvelliste

Editorial -

Comme à l’accoutumée, le président de la République a prononcé son discours aux Gonaïves, à l’occasion du 214e anniversaire de l’indépendance, le 1er janvier. Après avoir vanté les prouesses des Pères fondateurs de la nation, Jovenel Moïse, conscient du déchirement du tissu social que ce soit sur les divergences profondes qui caractérisent le pouvoir et l’opposition ou sur l’état de dégénérescence de la société, prône le dialogue et la concertation pour trouver un modus vivendi. C’est dans cette perspective qu’il lance pour l’année 2018 les états généraux sectoriels de la nation. Face aux critiques des uns et des autres sur la gestion de l’équipe au pouvoir, Jovenel Moïse n’a reconnu ni les errements de son administration ni les fautes graves de ses collaborateurs qui, pour la plupart, ont été les éléments déclencheurs des mouvements de contestation de l’opposition. Au contraire, le président de la République, sans vouloir faire un bilan de ses réalisations pour la première année de son pouvoir, a placé la barre haut en ce qui a trait à la Caravane du changement, considérée comme le point focal de la relance de l’agriculture.

Soixante-douze heures après le discours du président de la République, deux des principaux chefs de file de l’opposition, en l’occurrence l’ancien sénateur Jean-Charles Moïse et Schiller Louidor, annoncent la reprise de la mobilisation contre l’équipe au pouvoir. Comme d’habitude, les manifestations de rue, qui constituent un facteur de turbulences, de déstabilisation, vont davantage causer du tort aux écoles et ternir l’image d’Haïti à l’étranger comme un pays instable. Cette opposition traditionnelle, qui ne peut rien construire de bon ni de bien pour notre pays, n’a jamais été à l’avant-garde d’aucun projet national. Il s’agit de partis politiques et de quelques personnalités chargés d’assumer ces fonctions en face de n’importe quel gouvernement au pouvoir.

Au moment où la presse électronique rapporte le discours du 1er janvier de Jovenel Moïse et la conférence de presse de Jean-Charles Moïse, qui annonce le calendrier des manifestations pour le mois de janvier, en République dominicaine, la presse accorde une large diffusion au discours de fin d’année du président Danilo Medina. Dans ce discours, le président dominicain annonce une expansion des exportations de son pays à travers ses partenaires économiques. Il mise sur les exportations comme principal fondement de la croissance économique. Citant son voisin Haïti, Danilo Medina se propose en 2018 de tripler les exportations dominicaines en direction du pays de Dessalines. Il rappelle que son pays a exporté vers Haïti en 2016 pour la somme de 800 millions de dollars. Mis à part les études, les stratégies et une campagne de promotion de produits dominicains, l’année 2018 est baptisée celle des exportations. Voici de quelle manière la République dominicaine, chaque année, depuis plus de vingt ans, se lance dans la conquête économique de son voisin avec qui elle partage l’île Hispaniola.

En agissant de la sorte, c’est la société dominicaine dans toute sa dimension qui se démène chaque année de plus pour créer plus d’emplois, augmenter son taux de croissance en créant beaucoup plus de richesses pour les hommes et les femmes de la République voisine.

Pendant combien de temps les couches saines de la société vont continuer à observer la croissance économique continue de la République dominicaine face à la dégénérescence de notre société guidée par des politiciens véreux qui n’ont ni plan, ni programme, ni projet de société ?

Lemoine Bonneau

lbonneau@lenouvelliste.com

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