Coopérative

Le CNC tourne son regard vers l’avenir

Publié le 2017-12-27 | Le Nouvelliste

Economie -

Si la république est dite coopératiste, selon la Constitution, les autres lois du pays doivent aussi le prouver. Des consultants du Conseil national des coopératives (CNC) travaillent d’arrache-pied pour mettre au point des textes de lois qui pourront servir à modifier une législation tombée en désuétude, avons-nous appris auprès du CNC. Le nouveau directeur général de cette institution (CNC), Serge Chéry, indique être armé de la volonté nécessaire pour insuffler une nouvelle dynamique au CNC qui ne jure que par la formation des coopératives des quatre coins du pays. Avec un budget de 30 millions de gourdes pour l’exercice en cours, comment le CNC pourrait bien sortir la tête de l’eau ?

« Dès mon entrée en fonction en septembre 2017 j’ai dressé un état des lieux. Nous nous sommes dit qu’il faut dégager une vision qui tend vers la modernisation du secteur des coopératives, secteur porteur d’espoir comme l’a déjà indiqué le président de la République. C’est un vecteur de création de richesses », a déclaré le directeur général du CNC, qui rappelle que la redynamisation du secteur coopératif fait partie de la feuille de route donnée par le Premier ministre au ministre de la Planification et de la Coopération externe, institution de tutelle du CNC.

Si les moyens sont à la hauteur des ambitions du directeur général, les concrétisations vont graver une nouvelle image de l’institution. Les projets ne manquent pas au CNC. « Au début de 2018, nous allons lancer un recensement en bonne et due forme pour savoir combien de coopératives existent dans le pays, quels types elles sont, où elles évoluent, le poids économique du secteur en général », a fait savoir Serge Chéry, qui annonce l’organisation d’une table des bailleurs pour les rencontrer afin de donner une orientation plus sûre dans le processus de création de richesses. Et, selon M. Chéry, l’inclusion sociale dont nous parlons tant, on devrait commencer à passer de la parole aux actes. Un colloque est également prévu pour s’asseoir avec tous les acteurs du système.

Le D.G. du CNC croit qu’on a déjà pratiquement tout essayé dans le pays. Il est persuadé que si l’on se met sérieusement avec les coopératives le pays pourra s’orienter vers le développement réel. « C’est un moyen aussi de socialiser les gens, comme pour être cohérent avec la devise du pays, « L’union fait la force ». Pour lui, la devise des coopératives : « Tous pour un, un pour tous » est cohérente à la devise nationale. « Nous devrions sortir avec des décisions après le colloque. Nous allons adresser les problèmes du secteur aux parlementaires puisque la législation du secteur doit être mise à jour», a-t-il projeté.

Le CNC est en train de remuer ciel et terre pour monter son système informatique, sa base de données pour pouvoir géo-localiser toutes les coopératives où qu’elles soient sur le territoire. En ce sens le D.G. du CNC travaille avec le Centre national de l'information géo-spatiale (CNIGS) en vue de matérialiser de tels projets. « Nous nous sommes déjà mis au travail pour concrétiser les projets durant les six premiers mois de l’année 2018.

Même si le chantier est relativement vaste, Serge Chéry croit avoir trouvé les appuis nécessaires aussi bien auprès du président de la République, du Premier ministre et auprès du ministre de la Planification et de la Coopération externe. Le budget de 30 millions de gourdes pour l’exercice fiscal en cours ne saurait répondre à la mission du CNC qui peine encore à loger ses représentations dans les dix départements du pays. Des désaffectations doivent être faites pour pouvoir loger ses 10 bureaux départementaux du CNC. L’institution a grandement besoin d’hommes et de femmes sur le terrain pour bien assurer la mise en œuvre de son programme de développement. Les agents de terrain doivent être équipés pour bien exécuter leur travail et faire avancer la cause des coopératives.

D’autres types de coopératives sont susceptibles d’être mis sur pied par Haïti, comme les coopératives de services. Il serait utile dans les coopératives scolaires d’apprendre aux enfants par exemple la pratique de l’agriculture, les jardins scolaires. Serge Chéry voit des opportunités même dans les détritus qui constituent un problème majeur dans leur gestion, principalement dans les principales villes du pays. Le D.G. du CNC évoque le « combitisme, eskwad» pour faire valoir ses idées de mettre tout le monde au travail au profit de la collectivité. « Les gens marchent sur de l’argent en se plaignant de leur pauvreté. Pourtant, en s’organisant en coopérative de services on pourrait venir à bout des immondices, notamment dans la capitale haïtienne. »

Les exploitants de vétiver qui veulent se tourner définitivement dans l’entrepreneuriat ont trouvé un écho favorable auprès du CNC. "Il faut que les coopératives disposent de capitaux nécessaires pour se lancer dans des activités. A travers les coopératives, nous allons créer une catégorie d’entrepreneurs. Nous allons catégoriser les coopératives comme cela se fait dans les institutions hôtelières", a conclu le D.G. du CNC, Serge Chéry.

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