Exposition / Peinture

«Eksperyans richès lakay »

Publié le 2017-12-27 | Le Nouvelliste

Culture -

Quatre artistes peintres ont exposé à l’hôtel Marriott, le jeudi 21 décembre 2017, dans un cadre attrayant : Walgens Pierre Jean, Papouche Romilus, Frantz Pierre-Louis, Patrick Lafontant. L’exposition intitulée «Eksperyans richès lakay » organisée par « Kalfou richès Ayiti», une institution de promotion culturelle dirigée par Rose Anne Auguste, a attiré les regards.

Environ 50 œuvres ont été accrochées à l’hôtel Marriott, les unes plus touchantes que les autres. L’exposition, organisée par « Kalfou richès Ayiti», comportait une double dimension picturale et écologique. En dehors des toiles, des ballets, des poubelles, des rideaux et des pots de fleurs exposés ont été réalisés par des femmes à partir de matériaux recyclés tels que plastiques de toute sorte.

Chacun des artistes a donné un rendu appréciable. D’un côté, les différents portraits de Papouche Romilus, qu’il soit Manno Charlemagne ou Martha Jean-Claude, attirent le regardeur et l’emmènent très loin dans chacun des traits constituant l’humain. Cet artiste de Martissant a une maîtrise de l’anatomie de l’homme dans ses moindres contours. De l’autre, Frantz Pierre-Louis de Bolosse est un artiste sensible aux mouvements du paysage. Ses marines, ses raras, ses troubadours, l’Île de la Gonâve, etc., disent qu’il est celui qui aime s’attarder sur les changements et la fixité de la nature. On voit dans ses œuvres, surtout celle titrée Les rescapés, l’influence du mouvement surréaliste. Ce sont aussi des œuvres qui montrent ce que les gens peuvent faire ensemble s’ils le veulent bien : danser, manger, communiquer…

Les œuvres de Patrick Lafontant plongent au cœur de l’abstrait. Pas de figure humaine sur ses toiles. L’artiste de Carrefour-Feuilles expérimente aussi la nature morte. Ses œuvres montrent son talent pour les fruits. Des œuvres comme Les pécheurs et La croix de l’apocalypse, sont à regarder infiniment. Walgens Pierre Jean, également de Carrefour-Feuilles, arpente le surréalisme à l’instar de Frantz Pierre-Louis. Ses toiles sont d’une grande esthétique et ne sauraient en au aucun cas laisser un regardeur froid. À travers ses œuvres mettant en évidence des femmes, on peut déceler son amour pour le pinceau. Il est un artiste dont les œuvres sont traversées par un grand souffle poétique.

D’après les différents artistes exposés, l’inconditionnel support de « Kalfou Richès Ayiti » est ce qui leur permet de progresser. Ils ont unanimement remercié cette institution qui croit en leur talent car il leur offre des possibilités de créer et de présenter leurs œuvres à un large public.

Walgens Pierre Jean a fait savoir qu’« Il y a des idées positives qui traversent mes tableaux. Un artiste, qu’il soit peintre, chanteur, poète, a un message à communiquer à travers son œuvre. De ce point de vue, je peux dire que chaque œuvre a une histoire et l’artiste peut aussi être considéré comme un prophète. Dans son œuvre, il peut prédire ce qui va se passer dans quelques années ou dans une période postérieure. C’est donc une part de don que la nature nous confère ». Par ailleurs, il a parlé de ses toiles comme

« Renaissance », « Konbit pour la reconstruction », « L’odeur de ton parfum », « Le secret du bonheur », pour lesquelles les goûts diffèrent suivant la personne.

Aussi a-t-il souligné qu’« en tant qu’artiste, on ne crée pas uniquement pour soi, mais on crée aussi pour le public. Une façon de plaire à chacun. C’est aussi l’un des objectifs de l’œuvre d’art : plaire. En fabriquant une toile, par exemple, on peut dans certains cas déterminer à l’avance quel sera l’impact du tableau sur les gens ».

Pour Rose-Anne Auguste, la commissaire de « L’ekspresyon richès lakay », l’exposition a pour but d’humaniser les quartiers dans le sens que les artistes peuvent contribuer au changement de l’espace dans lequel ils évoluent. Aussi, donner aux jeunes la possibilité d’intensifier certains talents qu’ils pourraient avoir et d’aller dans ce sens-là, non seulement pour leur bien-être personnel mais aussi pour celui de la communauté. Rose-Anne, responsable de « Kalfou richès Ayiti », dit souhaiter que les jeunes créent de la richesse par le biais de leurs talents respectifs.

« Nous encadrons des jeunes depuis 5 ans dans certains quartiers dits défavorisés. Dans ces quartiers-là, nous avons mis sur pied des ateliers de dessin pour leur permettre d’identifier leur talent. Nous sommes allés par exemple à Martisant, au Bel-Air, à Grand-Ravine, à Cité-Soleil, à Caridad, à Bolosse, à Carrefour-Feuilles, pour les repérer », a-t-elle dit. Elle a souligné que « Kalfou richès Ayiti » n’a pas de rapport marchant avec les artistes et qu’il ne fait que leur donner des moyens pour continuer d’avancer artistiquement dans la vie.

Wébert Pierre-Louis Auteur
Ses derniers articles

Réagir à cet article