Funérailles de Manno Charlemagne au kiosque Occide Jeanty

L’hommage rendu le 22 décembre au Champ de Mars au Kiosque Occide Jeanty au chanteur Manno Charlemagne n’a pas plu à tout le monde. Ce chanteur-compositeur mort le 10 décembre à 69 ans, des suites d’un cancer des poumons, est une figure révolutionnaire.

Publié le 2017-12-22 | Le Nouvelliste

Culture -

Si le Champ de Mars est considéré comme la place des héros, s’il est vu comme un champ d’honneur, plusieurs membres du petit groupe d’assistants aux obsèques du chanteur Manno Charlemagne, ont dénoncé la présence des autorités qualifiées de «non légitimes». Pour eux, celles-ci sont les figures de pouvoir que Manno remettait en question, contre qui il prenait catégoriquement position. L’impression qu’il y a toujours une classe qui fait la fête dans son coin alors que tout près il y a une incontestable pauvreté humaine est fétide. Cet écart entre la réalité et la vie de ce grand chanteur, qui a dénoncé la bourgeoisie et l’État qui se met au service de celle-ci, est comme une gifle pour la mémoire de l’engagement de Manno.

Une cérémonie vaudouesque a été célébrée par le prêtre officié Pierre Noël Bien-Aimé de ladite circonstance. Des chants, des refrains tels « Action de grâce, M ap rele manman, Depi Lavilokan, Nou prale Sobo », entre autres, ont été entonnés sous le soleil du Champ de Mars le matin du 22 décembre pour saluer le départ de ce chanteur engagé.

Des autorités telles que l’ex-président Michel Joseph Martelly et sa femme Sophia Martelly, le Premier ministre Jacques Guy Lafontant, le ministre de la Culture Limond Toussaint, entres autres, ont pris part à cette célébration en l'honneur du chanteur qui a gravé sur l’album Konviksyon : Leta Laboujwazi Lepèp.

«E la-boujwazi gen leta pou l voye. Fè desant dèlye. Pèp kanpe sou de pye. Desten w se lan men w pou l ye. Ouvè je w klè pou veye sanzave. Ke depi w tande l bezwen afè l regle. Sou ou l apiye. [II]. Tou sa k gen faktori. Yo blan, yo ble, yo gri. Malere ap redi. Pou labèl vi fleri. Avantaj pa pou li. Se sa yo di jodi».

Eunice Eliazar eunice18271@gmail.com Auteur
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