Jovenel Moïse va-t-il marcher contre la corruption avec les évêques vendredi ?

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

Editorial -

Le président de la République est invité à prendre part à la marche projetée pour vendredi par l’Église catholique d’Haïti.

« De même qu’en 1942 les autorités s’étaient unies à l’Église et avaient marché pour Haïti, je vous invite à rejoindre l’Église pour organiser cette belle marche », a lancé le révérend père Frantz Petit-Homme au cours d’une conférence de presse tenue ce mercredi dans les locaux de la pastorale universitaire de Port-au-Prince.

Selon le prélat, une invitation spéciale est adressée aux plus hauts dignitaires de l’État, notamment Jovenel Moïse qui dit être le seul à avoir la solution contre la corruption. Le Premier ministre Jack Guy Lafontant et son gouvernement ainsi que les parlementaires sont invités à rejoindre l’Eglise catholique dans sa quête de guérison pour Haïti.

Le vendredi 8 décembre, des milliers de chrétiens catholiques sont attendus dans les rues de Port-au-Prince pour prier et marcher contre les fléaux qui nous guettent, dont la corruption, la division, les problèmes auxquels est confrontée la jeunesse, à l’occasion de la Notre-Dame de l’Immaculée Conception.

Après avoir ignoré la marche de la société civile mardi et laissé la rue aux membres de l’opposition, le chef de l’Etat et ses alliés vont-ils relever ce défi lancé par les catholiques ?

Personne ne le dit clairement, mais si en 1942 le pays a reconnu un miracle dans la guérison de la petite vérole, en 2017, il ne faudra pas moins qu’un miracle pour éradiquer la corruption.

Le président Jovenel Moïse a beau dire que la corruption est le mal parmi les maux qui font le plus de tort au pays, il a beau proclamer que lui seul a la solution à nos problèmes, peu d’observateurs voient venir pour l’instant des preuves concrètes allant dans le sens de ses paroles.

Ce n’est pas la déclaration présidentielle voulant faire croire que le prix moyen de la construction d’un kilomètre de route est passé de 1.5 million de dollars à cent mille dollars américains qui portera les incrédules à croire que l’homme de la banane a démantelé le gang de la surfacturation dans les travaux publics ou a mis fin au gaspillage dans le secteur routier.

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