Clash entre Patrice Dumont et Antonio Chéramy sur une question de subvention

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

National -

L’émission Panel Magik sur les ondes de Radio Magik 9 a été mercredi le théâtre d’un véritable clash entre Antonio Chéramy et Patrice Dumont, tous deux sénateurs du département de l’Ouest. Tout a commencé lorsque le chanteur de la formation musicale Brothers Posse a balancé une réaction concernant une déclaration faite la veille par son collègue. Ce dernier avait confirmé qu’en octobre dernier vingt-neuf millions de gourdes en liquide ont été distribuées aux vingt-sénateurs pour la rentrée des classes. Patrice Dumont voulait dénoncer cette pratique qui, selon lui, nourrit la corruption. « Etant donné que Patrice est plus proche d’eux, il se peut bien qu’il soit au courant mais moi je ne le suis pas», a déclaré Antonio Chéramy comme s’il n’attendait que ça pour tacler l’ancien journaliste sportif. «Patrice sait très bien que le pouvoir ne viendra pas me donner de l’argent», a enchaîné le président de la commission des Affaires sociales du Sénat de la République.

Antonio Chéramy a rappelé qu’il ne prendra aucune subvention autre que celles prévues dans le budget du Sénat. Un point sur lequel il prétend se différencier de son collègue. « Il existe au Parlement une catégorie de sénateurs qui font de grands bruits dans les médias pour dire qu’ils ne vont pas accepter les subventions mais écrivent ensuite au bureau du Sénat pour demander l’argent. Je ne sais pas s’ils font ça pour que les gens ne les abordent pas », a lâché Don Kato, accusant clairement Patrice Dumont de faire partie de ce groupe. Il a précisé que Pépé, comme on l’appelle, avait à la fin de l’année fiscale 2016-2017 empoché la subvention d’un million de gourdes accordées aux sénateurs en avril dernier, pour la fête de Pâques, alors qu’avant il affirmait qu’il ne le prendrait pas. Une déclaration rejetée par Patrice Dumont. «Non. Jamais», a-t-il réagi.

Dans un tac au tac assourdissant, le natif de Léogâne a mis son collègue en défi de trouver et de présenter une copie du chèque attestant qu’il l’avait bien retiré. « J’autorise la questure à te donner une copie du document que j’ai signé au moment de la réception du chèque d’un million de gourdes», a lancé Patrice Dumont. Il a mis aussi Don Kato en défi d’avancer la preuve qu’il avait écrit au bureau du Sénat pour réclamer la subvention. Patrice Dumont a affirmé que son collègue a menti sur la façon dont il a présenté les choses. Il avait effectivement reçu la subvention d’un million. Mais il n’avait rien signé. Il n’avait pas non plus écrit au bureau après coup pour réclamer l’argent. Patrice Dumont en a profité pour rappeler qu’après tout le tollé qu’avait provoqué cette affaire de subvention, il avait puisé de son fonds personnel pour retourner l’argent à la questure par un chèque de direction, puisqu’il avait eu le temps de changer le chèque d’un million de gourdes et distribué l’argent à plusieurs structures au niveau du département.

Les deux hommes ont eu cet échange pendant près d’une vingtaine de minutes au cours desquelles ils se coupaient la parole, s’accusaient, se défendaient. « Patrice est en train de jouer avec les mots en vue de créer la confusion», a décroché Antonio Chéramy par moments ironique. « Patrice n’a pas pris l’argent de la subvention pour la rentrée des classes cette année. Je ne vais pas mentir en disant le contraire mais ça ne veut pas dire qu’il ne le prendra pas», a raillé Antonio Chéramy, qui tient mordicus que son collègue avait écrit au bureau du Sénat pour réclamer l’allocation malgré les démentis.

« M. Chéramy ! Calme-toi pour dire la vérité», lui a demandé Patrice Dumont, qui est entré dans la discussion sur la base qu’Antonio Chéramy l’a accusé d’avoir écrit au gouvernement pour solliciter une subvention. Ce qu’Antonio Chéramy a à chaque fois soutenu qu’il n’a pas dit. « Antonio Chéramy, maintiens ta déclaration. Tu ne présentes pas l’image d’un lâche», a grondé Pépé Dumont avant de péter les plombs. « Si w gen grenn nan bouda w w ap di ke w te di l e ou regrèt ou te di l», a-t-il pesté.

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