Un couple attaqué à Bourdon : un policier serait parmi les bandits

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

National -

Sur une vidéo postée sur facebook, on voit une SUV Hyundai rouge avec un impact de balle au beau milieu de la vitre latérale, côté conducteur. La voix off, celle d’un riverain, révèle qu’un homme et une femme ont reçu plusieurs balles. Il a parlé d’une « attaque enragée ». Autour de lui, l’écho d’une conversation de témoins encore sous le choc d’avoir entendu autant de tirs. Sur les images, on observe que le véhicule immobilisé sur la chaussée a le capot légèrement endommagé. Le trafic a continué. Au moment où cette vidéo est partagée sur les réseaux sociaux, mercredi, en début d’après-midi, peu de gens savent que la femme blessée par balle est enceinte de jumeaux.

Le porte-parole adjoint de la police, l’inspecteur Gary Desrosiers, qui a confirmé l’information, a souligné que les « victimes sont grièvement blessées ». Il a révélé qu’une patrouille du commissariat de Pétion-Ville a pu intercepter Charles Aldoni et Davidson Cius, les auteurs présumés de l’attaque de ce couple. Les motivations seront déterminées par l’enquête policière.

Si la réaction rapide de la police de Pétion-Ville est saluée, le reste glace le sang. Davidson Cius est un agent 1 de la BIM, de la 24e promotion « en instance de renvoi » de la PNH, sur recommandation de l’inspection générale pour son implication présumée dans un homicide, a révélé Gary Desrosiers. Les faits remontent au premier juillet 2016. Davidson Cius avait eu une altercation armée avec un autre policier à Waney 93, à Carrefour. Lors de cet échange de tirs entre ces deux policiers, une personne a trouvé la mort. La police des polices avait recommandé la révocation de ces deux policiers, a expliqué Gary Desrosiers. L’inspection générale avait transféré le dossier de Davidson Cius au parquet le 6 janvier 2017. Ce dernier a été libéré, par la suite, par un substitut du commissaire du gouvernement le 17 janvier 2017, a révélé l’inspecteur Gary Desrosiers qui n’a pas dit au journal le nom de ce substitut.

Interrogé sur les préoccupations de plus d’un quant à l’implication de policiers dans les gangs, le porte-parole adjoint a souligné que l’institution policière ne lésine pas dans l’application de la loi. Lorsque ces faits sont prouvés dans le cadre d’enquête, ces déviants sont renvoyés de l’institution et remis à la justice pour les suites que de droit, a répondu l’inspecteur Gary Desrosiers qui n’a pas précisé dans quelles circonstances Davidson Cius a été libéré par la justice, ni si c’est avec son arme de service qu’il a agi, compte tenu du fait que le processus de renvoi n’est pas encore bouclé.

Il y a quelques semaines, dans le cadre du dossier de traite humaine et de prostitution présumées de mineurs, l’affaire Kaliko, des substituts du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince ont été révoqués par le ministre de la Justice, Heidi Fortuné. Le journal a tenté sans succès de joindre le ministre, pour obtenir de lui, un commentaire sur ce qui pourrait être un énième cas de défaillance, ou éventuellement de connivence, de parquetiers en charge de la poursuite et de la protection de la société.

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