Le Centre de germoplasme et de propagation végétale de Camp-Perrin inauguré

Le président de la République, Jovenel Moïse, a procédé samedi à l’inauguration du Centre de germoplasme et de propagation végétale à Lévy, une localité de la première section de Camp-Perrin. Ce centre devrait produire des plantules afin de reboiser le département du Sud dévasté par l’ouragan Matthew, il y a tout juste un an. Cette importante infrastructure est construite en quatre mois et dispose de 2 000 mètres carrés de bâtiments.

Publié le 2017-12-04 | Le Nouvelliste

Economie -

Ils étaient plusieurs centaines de gens venus de partout, notamment du département du Sud, pour prendre part à la cérémonie d’inauguration du Centre de germoplasme et de propagation de plantules de Camp-Perrin. Plusieurs hauts dignitaires de l’État, de la société civile et de la communauté internationale ont participé à l’évènement qui marque, selon plus d’un, un tournant décisif dans le processus de reboisement du pays.

Dans cette ambiance de fête, une grande partie des participants étaient munis de pancartes affichant leur soutien à l’administration en place. Les autorités ont profité de la présence des partenaires financiers du pays pour remercier l’ambassadeur de la République de Chine (Chine), pays qui s’est engagé à financer cette infrastructure, et la République fédérale du Mexique qui promet de financer trois autres centres de ce genre en soutien aux efforts de reforestation du gouvernement haïtien.

Tout indique qu’il s’agit d’un centre moderne dont l’apport dans le reboisement du grand Sud sera exceptionnel. Selon Jean Lucien Ligondé, le responsable de la firme sélectionnée pour la construction du centre, cette infrastructure dispose de huit ombrières, d'une pépinière de transplantation d’une capacité de production annuelle de 4,5 millions de plantules, de centres de compostage et de préparation d’engrais, d’entrepôts d’outils et d’intrants agricoles. Une pompe solaire y est installée. Elle sera, affirme le PDG du Centre haïtien de recherche en aménagement et en développement (CHRAD), alimentée par huit modules de 24 panneaux qui produiront 6,4 kilowatts. Ce qui sous-entend que l’enceinte est indépendante énergétiquement. L’Électricité d’Haïti (EDH) a installé des transformateurs pour suppléer à ces dispositifs photovoltaïques.

Aussi, ajoute l’ingénieur Ligondé, tout a été calculé avec la plus grande minutie. Le centre est construit suivant un système de micro-aspersion lequel alimente les ombrières par rotation, soit par groupe de 4. Le centre de transplantation et de mise en terre de boutures est, soutient-il, l’une des principales composantes du centre. Il est en effet construit sur une superficie de 12 000 mètres carrés, couvert et soutenu par des supports en béton et des tiges en fer. Le plus important, selon le responsable du CHRAD, est que cette transformation de la nature sauvage en un outil phare pouvant transformer le pays est l’œuvre des Haïtiens.

La réalisation du centre, fait-il remarquer, résulte d’une volonté et d'un leadership éclairé de l’ensemble de l’administration en place et du savoir-faire des compagnies sélectionnées. Le ministre de l’Environnement, Pierre Simon Georges, s'est d’ailleurs réjoui de cet état de fait. C’est le fruit, dit-il, de la mise en application de trois des quarante points de la feuille de route soumise par le Premier ministre. Il s’agit, en tout premier lieu, de tout mettre en œuvre afin d’entreprendre des activités en vue d’augmenter la couverture végétale du pays. Ce qui a suscité de grands efforts dans la mobilisation financière qui est soutenue par une bonne gouvernance. À ce niveau, le ministre parle des décisions impopulaires prises dans l’optique de contrôler le moindre décaissement effectué au niveau du ministère qu’il dirige et par les organismes étrangers évoluant dans ce secteur.

« Je veux que chaque centime décaissé par le ministère de l'Environnement et par les partenaires soit dépensé pour l'environnement et non au nom de l'environnement », a-t-il précisé. Il promet de continuer à œuvrer en ce sens afin de signer d’autres partenariats dans l’optique de trouver des financements pour la réalisation d’autres centres de germoplasme, pour appuyer l’offre de production ligneuse, fruitière et forestière, en soutien de la forestation du pays.

Par ailleurs, le président de la République, Jovenel Moïse, a exhorté les acteurs du secteur à jouer leur partition afin que l’homme haïtien puisse se réconcilier avec son environnement. C’est l’objectif premier de cette initiative. D’ici quelques années, les impacts seront visibles. C’est pourquoi il invite les vodouisants à y participer. Ces derniers, de l’avis du président, doivent jouer un rôle important dans la plantation des arbres géants, notamment le figuier et le mapou, qui se raréfient de plus en plus dans le milieu haïtien.

Pour les autres espèces, Jovenel Moïse dit compter sur l’apport des élèves. D’ici à la prochaine année académique, le ministère de l’Éducation nationale doit inclure dans les curricula scolaires le cours de reboisement. Ce faisant, en plus des équipes environnementales mises en place par le ministère de l’Environnement, les écoliers haïtiens contribueront au reboisement des dix départements du pays. Entre-temps, les autorités multiplient les démarches afin de construire les autres centres de germoplasme et de propagation de plantules. Le vœu de l’administration en place est que chaque département géographique du pays dispose d'un centre de ce genre.

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