Rapport Petro Caribe

Stéphanie Balmir Villedrouin ira jusqu’au bout pour faire la lumière sur sa gestion

Accusée de forfaiture, concussion, détournement de fonds et soustraction de deniers publics dans le rapport d’approfondissement de l’enquête sur les fonds PetroCaribe de la commission Ethique et Anticorruption, présidée par le sénateur Evalière Beauplan, l’ex-ministre du Tourisme, Stéphanie Balmir Villedrouin, dans une entrevue accordée au journal Le Nouvelliste, a fait savoir qu’elle irait jusqu’au bout pour faire la lumière sur sa gestion.

Publié le 2017-11-29 | Le Nouvelliste

National -

Alors que la commission réclame sa mise en accusation par les instances compétentes, Stéphanie Balmir Villedrouin se dit très confiante quant à sa capacité de faire la lumière sur les dossiers indexant le ministère qu’elle a dirigé durant tout le quinquennat du président Martelly. Elle rejette donc d’un revers de main « des accusations non-fondées avec des pièces justificatives inappropriées » de la commission sénatoriale présidée par l’élu du Nord-Ouest, le sénateur Beauplan.

Clamant son innocence, l’ex-ministre se dit surprise de cet acharnement soudain sur sa personne. D’autant plus que le ministère du Tourisme n’avait pas été indexé dans le rapport de la première commission présidée à l’époque par le sénateur Youri Latortue. « J’ai décidé de ne pas me taire », a martelé l’ancienne ministre, déplorant le fait que les ministres indexés aient été informés par voie de presse du rapport déposé auprès du président du Sénat.

« La commission a accouché d’un rapport truffé de fautes », a soutenu Stéphanie Balmir Villedrouin, se rappelant avoir été auditionnée, vers juillet, par la commission Beauplan et qu’elle a répondu à des questions très générales sur « la quantité de fonds qui était allouée à son ministère, sur quels projets étaient exécutés avec ces fonds ». Pour ensuite, à sa grande stupéfaction, être indexée sur des projets où les techniciens, qui ont travaillé sur le rapport, ont montré qu’ils n’ont pas vraiment pris le temps pour comprendre les subtilités de chaque dossier.

Dans une correspondance adressée le mardi 14 novembre au président du Grand Corps, Youri Latortue, une première réponse, comme elle l’appelle, Mme Villedrouin dénonce la façon dont les dossiers sont traités. « C’est comme si les techniciens n’étaient pas au courant sur la façon dont le système de l’État était structuré, de manière à faire une investigation, un audit sérieux sur chaque dossier conformément à la loi », s’est plainte l’ex-ministre.

« Nous avons identifié les premières erreurs, a-t-elle poursuivi, mais mon équipe technique travaille d’arrache-pied pour déceler, dossier après dossier, toutes les fautes commises dans le rapport ainsi que toutes les justifications dont nous disposons. » Elle pointe du doigt également des projets mentionnés à deux reprises. Des erreurs d’inattention qui prouvent, selon son dire, qu’il s’agit d’un rapport bâclé.

En ce sens, Stéphanie Balmir Villedrouin promet un contre-rapport qui incluera toutes les vérités et tous les dossiers. « Oui, il doit y avoir reddition de comptes. Oui, nous sommes pour les audits. Mais, ils doivent être faits correctement, par des équipes techniques à la hauteur, ayant une bonne connaissance de l’administration publique », a répliqué l’ex-ministre Villedrouin qui dénonce l’utilisation dans ce rapport de mots assez forts comme concussion. « Ils parlent de concussion sans mentionner aucune firme. Avec qui j’ai fait la concussion ? », s’interroge-t-elle tout en précisant qu’on ne peut faire seule l’acte de concussion.

Par ailleurs, « les fautes administratives qui me sont reprochées ne sont pas en synchronisation avec les accusations lancées à mon encontre ». « Le ministère du Tourisme est le seul à avoir un chapitre tout entier qui lui est consacré dans ce rapport », souligne son ancienne titulaire. Or, le ministère n’a géré que 13 millions de dollars sur 5 ans, s’insurge-t-elle, 0.01% du 1.7 milliard de dollars.

« A mon arrivée à la tête du ministère, j’avais deux objectifs : réhabiliter l’existant et mettre les structures en place pour le développement futur du secteur touristique », a rappelé Stéphanie Balmir Villedrouin. « Les chiffres sont là, mon bilan est là », a-t-elle lancé en dernier ressort, indiquant avoir laissé, avant de partir, un document stratégique pour les 20 prochaines années. Le document stratégique de développement touristique 2015-2035.

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