Sommée de rembourser l’État haïtien, HADOM réclame le paiement de 52 millions de dollars

Publié le 2017-11-27 | Le Nouvelliste

National -

Faisant l’objet d’une mise à demeure, adressée par l’État haïtien pour non-respect des délais prescrits concernant les travaux de construction du nouveau palais législatif, la firme dominicaine HADOM riposte en réclamant des autorités haïtiennes le versement de plus de 52 millions de dollars américains qu’elles lui doivent et se dit prête à reprendre les travaux moyennant l’acquittement de cette dette vieille de plus de 3 ans.

C’est l’actuel ministre de la Planification et de la Coopération externe, Aviol Fleurant, sur instruction du président Jovenel Moïse, qui, au nom de l’État, a introduit cette action en justice à l’encontre de la firme HADOM qui, après avoir empoché une avance de 10 millions de dollars pour la construction du nouveau Parlement, s’est évanouie dans la nature. Le titulaire du MPCE a également annoncé la résiliation de ce contrat d’un montant total de 33 millions de dollars.

Peu avant l’annonce des autorités haïtiennes, l'ingénieur José Elías Hernandez García, associé de l'entreprise de construction HADOM, informe avoir envoyé une énième communication au ministère de la Planification et de la Coopération externe ainsi qu’à l'Unité de construction de logements et de bâtiments publics (UCLBP), leur faisant part de sa volonté de reprendre les travaux après qu'il aura été payé.

Selon ce que rapporte le journal dominicain Diario Libre, l'ingénieur José Elías Hernández García explique que le Parlement fait partie d'un lot de 19 chantiers que l'entreprise HADOM exécutait en Haïti. Et parmi ces chantiers, 14 travaux ont été inaugurés, deux d’entre eux sont en passe d’être inaugurés et trois sont en phase de construction.

« En 2014, 2015 et 2016, nous avons envoyé des communications pour nous faire payer [par l’État haïtien] », indique l’ingénieur dominicain précisant que les autorités haïtiennes ont une dette de 52 718 364,93 dollars américains envers sa firme, sur un montant de 200 millions de dollars, soit le total de tous les travaux, remportés après appel d'offres peu après le tremblement de terre du 12 janvier 2010.

« Nous avons été obligés arrêter les travaux, mais cela est dû à la cessation des paiements que nous avons réclamés dans plusieurs lettres depuis 2014, sans réponse », souligne Hernández García manifestant l’intérêt de HADOM à terminer les travaux, la construction du Parlement et le ministère des Affaires étrangères, tant que l’État haïtien honore sa dette en suspens.

M. Garcia explique ensuite qu'en raison de la cessation des paiements, la firme était dans l’obligation de fermer ses bureaux en Haïti où travaillaient plus de 20 ingénieurs ainsi qu’un personnel administratif.

« L’État exige que la firme restitue l’argent et [qu’elle] paye pour les préjudices causés à son encontre », a expliqué Aviol Fleurant, ministre de la Planification et de la Coopération externe, sur les ondes d’une station de radio de la capitale, le mercredi 22 novembre dernier, annonçant avoir aussi acheminé une requête au ministre de l’Économie et des Finances qui est le ministre de tutelle du directeur de la Direction générale des impôts (DGI) pour représenter l’État haïtien dans cette affaire de mise en demeure.

Une mise en demeure est une protestation invitant le débiteur à s'exécuter dans le délai qu'elle fixe, étant précisée qu'à défaut d'exécution volontaire la personne à laquelle elle est adressée sera citée à comparaître devant la juridiction ayant compétence pour juger l'affaire.

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