Roman

Les matins d’Aurore

Il arrive que l’on tombe sur un livre que l’on a envie de lire tout de suite. Les matins d’Aurore de Frantz Courtois est de cette catégorie. Ce roman de 400 pages est une lumière qui tient le lecteur éveillé, en haleine et le plonge dans les réminiscences d’Aurore Recension.

Publié le 2017-12-06 | Le Nouvelliste

Culture -

Dans ce titre très alléchant, l’auteur fait un mélange amusant de deux mots « matin et aurore » qui se trouvent dans le même champ lexical : le premier un nom commun et le second un nom propre. Dès les premières pages, Frantz nous met dans le bain de son histoire.

Aurore, assise devant sa coiffeuse en cette très belle soirée d’octobre, celle de son anniversaire, repense à sa jeunesse. La vie qu’elle a menée à la Faculté de droit et les rencontres auxquelles elle a eu droit. Cette période de sa vie la fascine encore. A cet instant où elle voudrait être à mille lieues de sa vie de famille, tout balayer de ses souvenirs et avoir seize ans à nouveau. En effet, à cet âge elle était très belle et splendide avec un corps parfait.

À seize ans, elle était belle et très intelligente, si bien que, quelques années plus tard, elle intègre la Faculté de droit de Port-au-Prince. Là-bas, elle rencontrera des gens qui vont marquer sa jeunesse ; des amours et une expérience particulière. Bernard Belladère, major de l’armée; Robert Camperin, l’amoureux du personnage principal; Raymond Penochat, le dictateur; André Zélu, l’homme politique, et le prétentieux ministre de la Gouvernance, Gilbert Kantamois, tous font partie de cette histoire qui se déroule à une période de bouleversement en Haïti.

La jeunesse est souvent qualifiée de printemps et parfois même de matin, une façon pour certain de parler de leurs jours qui ont été bien ensoleillés à une époque. C’est aussi une période très difficile, pour d’autres, dans la vie. L’auteur avec une passion et une tendresse aussi soutenue que méticuleuse a su traverser le public par l’innocence et toute cette douceur qui émane de son personnage principal qu’est Aurore. Il est difficile pour tous ceux qui lisent « Les matins d’Aurore » de se passer du livre et de ne pas vouloir pénétrer le monde de l’auteur. Cependant, ce dernier reste jusque-là insaisissable par sa façon de transformer le réel en imaginaire.

C’est une histoire qui traîne derrière elle des années de fantaisies et décrit à fond l’univers de la bourgeoisie haïtienne. Frantz Courtois ne peut être qualifié seulement de romancier, c’est aussi un sociologue qui met à nu le comportement de certains personnages politiques. La façon perfide qu’ils ont de s’accaparer du pouvoir pour mieux rivaliser d’avidité et de félonie. Il décrit aussi une scène politique qu’il sait bien masquer. Il fait aussi usage de ses talents de musicien à maintes reprises en chantant mieux que les poètes les louanges de la nature. Des fois, on a l’impression aussi que c’est le journaliste qui rapporte un fait. On est de plus en plus touché par ce roman qui est le fruit de plusieurs années de travail.

C’est aussi un espace utilisé par l’auteur, juriste de profession, pour raviver ses souvenirs d'étudiant en premier cycle à la Faculté de droit. Il est aussi journaliste avec une brillante carrière ; il fut rédacteur en chef au journal Le Matin. Son roman, « Les matins d’Aurore », n’est pas sa seule œuvre, il a notamment publié des chroniques dans des périodiques.

Mariah C. Shéba Baptiste maria.mcsb52@gmail.com Auteur

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