Pour contrer les catastrophes naturelles, renforçons nos institutions

Publié le 2017-09-08 | Le Nouvelliste

Editorial -

Notre hémisphère fait le macabre décompte des catastrophes naturelles ces derniers jours. Harvey et ses dégâts au Texas, Irma et ses ravages dans les Petites Antilles qui se dirige vers la Floride, un tremblement de terre d'une magnitude de 8,2 au Mexique et encore deux cyclones qui avancent vers des terres où l’on redoute le pire. Nous sommes abonnés aux catastrophes, cette saison.

Haïti, assis sur des plaques tectoniques qui bougent et placée sur la trajectoire des ouragans, est exposée aux déchaînements des éléments. Il ne nous reste qu’une solution : nous préparer pour tous les scénarios. Et surtout pour les pires.

Le passage d’Irma le long de nos côtes a été un exercice d’alerte pour l’administration Moïse-Lafontant. En peu de jours, l’exécutif a pu montrer sa capacité à prendre en main la coordination de l’action de prévention et il s’implique dans les opérations de secours.

Le bilan d’Irma est somme toute léger. On déplore peu de dommages, de rares blessés, pas de morts. Pour un ouragan de catégorie 5, on peut dire que la facture est supportable, même si chaque récolte perdue, chaque feuille de tôle envolée, chaque maison inondée provoque une catastrophe pour son propriétaire.

Il sera difficile pour les victimes de se relever, d’autant que l’État haïtien n’arrive pas encore à intervenir au niveau des ménages quand de tels drames surviennent et qu’il n’existe pas d’assurance pour de tels sinistres dans nos villes de province et, au-delà, dans les bourgs et les habitations. Chacun devra se reconstruire seul, l’État se chargeant des infrastructures.

Le passage d’Irma a permis de vérifier que si à la tête de l’État les ordres sont passés, il y a un décalage dans les exécutions. La chaîne de transmission des instructions a ses propres mécanismes, ses retards, ses incompréhensions qui des fois entravent le parcours entre le point A et le point Z où se trouvent les potentielles victimes. Il y a encore des améliorations à apporter à la mécanique des chefs.

Sur le terrain aussi des directions départementales, des mairies, des Casecs, des autorités sans moyens ne peuvent pas toujours suivre le rythme, avoir la vitesse qu’il faut, les réflexes nécessaires pour se mettre au diapason des besoins.

Combien de maires et de Casecs disposent de brigades en nombre suffisant, avec haut-parleur et plan d’action, pour avertir les gens en cas de danger en Haïti ?

Qui a écrit et transmis les règles de l’art d’intervenir en cas de catastrophe pour les responsables au bas de l’échelle, ceux qui ont les deux pieds sur le terrain ?

Qui les invite à organiser systématiquement un, deux, trois fois l’an des exercices d’alerte, de sauvetage, d’évacuation dans leur zone de responsabilité ?

Qui informe la population en général, à l’école, à l’église, dans les marchés et autres lieux de socialisation des risques encourus en Haïti vis-à-vis des catastrophes naturelles ?

Qui n’attend pas une ONG ou un financement international pour le faire, qui croit que c’est une responsabilité nationale de prévenir ?

Il n’y a pas de réponses satisfaisantes à nombre de questions. Il demeure une nécessité: le renforcement des institutions à tous les niveaux et l’exigence qui doit leur être faite d’être efficaces en ce qui les concerne avec le peu de ressources dont nous disposons.

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